jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100545 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | CABINET DAUPHIN SOULIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mars 2021 et un mémoire enregistré le 7 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Issartel, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de la Chaise-Dieu à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice économique qu'il estime avoir subi du fait de l'exécution des travaux publics dits " de requalification de l'avenue de la Gare " et de la réglementation de la circulation et du stationnement prise par le maire de la commune de la Chaise-Dieu par arrêté n° 07-2020 du 9 mars 2020 pendant le mois de juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de la Chaise-Dieu une somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
- l'exécution des travaux publics relatifs aux réseaux d'eau et d'assainissement sur l'avenue de la Gare a entrainé une baisse importante de son chiffre d'affaires pour le mois de juillet 2020, lui causant un préjudice direct et certain, dès lors que la présence de tranchées, non recouvertes par des plaques métalliques permettant le passage des véhicules, rendait l'accès impossible voire exceptionnellement difficile pour les clients et leurs véhicules ;
- le préjudice est anormal et spécial au regard de la gravité des conséquences de l'exécution des travaux sur son chiffre d'affaires dès lors que l'accès au garage était rendu impossible ou exceptionnellement difficile et au regard du peu de victimes concernées par ces travaux ;
- il a adressé une demande indemnitaire préalable à la commune de la Chaise-Dieu, par lettre recommandée avec avis de réception du 9 novembre 2020 réceptionnée le 12 novembre 2020 ; en l'absence de réponse de la commune, une décision implicite de rejet est née le 12 janvier 2021 ;
- la commune de la Chaise-Dieu a méconnu les dispositions de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle était tenue de transmettre sa demande à la communauté d'agglomération du Puy-en-Velay (CAPEV) ;
- la responsabilité de la commune de la Chaise-Dieu ne peut être écartée dès lors que la CAPEV est uniquement compétente en matière d'eau potable et d'assainissement, la commune de la Chaise-Dieu étant compétente en ce qui concerne les eaux pluviales ;
- le préjudice peut être également considéré comme un dommage accidentel résultant des travaux publics ;
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
- la réglementation prise par arrêté n° 07-2020 par le maire de la commune de la Chaise-Dieu est fautive dès lors que celui-ci a consisté en une interdiction totale de la circulation sur la zone en travaux, de la fermeture de l'avenue concernée, en l'absence de la mise en place d'une voie de circulation provisoire et en l'absence d'une date de fin indiquée ;
- elle a entrainé une baisse importante de son chiffre d'affaires, lui causant un préjudice direct et certain ;
- sa demande préalable indemnitaire du 9 novembre 2020 portait sur deux fondements de responsabilité de la commune, à la fois sur les travaux publics litigieux et sur la " fermeture " de l'avenue de la Gare résultant de l'arrêté, sur la responsabilité sans faute pour dommage de travaux public et la responsabilité pour faute du fait de la règlementation de la circulation et du stationnement sur l'avenue de la Gare ; une décision implicite de rejet est née le 12 janvier 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2021, la commune de la Chaise-Dieu, représentée par Me Dauphin, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
- les travaux en litige n'ont débuté qu'à compter du mois de septembre 2020 ; la commune de la Chaise-Dieu n'était pas le maître d'ouvrage de ces travaux sur le réseau humide ;
- l'attestation comptable produite par M. A n'établit pas que la diminution de son chiffre d'affaires serait la conséquence directe des travaux en litige ni qu'il aurait subi un préjudice anormal et spécial dont les inconvénients excéderaient ceux des sujétions normales pouvant être imposées sans indemnité aux riverains des voies publiques ;
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
- M. A ne démontre pas que la réglementation prise par arrêté n° 07-2020 par le maire de la commune de la Chaise-Dieu est fautive, en l'absence de recours intenté contre ledit règlement ;
- M. A ne justifie pas avoir présenté une demande préalable.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- et les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, entrepreneur individuel, exploite un garage assurant l'entretien et la réparation d'automobiles, situé sur la route départementale n° 499, au 27 avenue de la Gare, sur la commune de la Chaise Dieu. Pour permettre la réalisation de travaux sur le réseau d'eau potable, le maire de la Chaise-Dieu a, par un arrêté n° 07-2020 du 9 mars 2020, interdit la circulation et le stationnement de tous les véhicules hormis ceux des entreprises effectuant les travaux et ceux des riverains sur cette avenue à compter du 18 mars 2020. Par un courrier du 9 novembre 2020 adressé au maire de la commune de la Chaise-Dieu réceptionné le 12 novembre 2020, M. A a demandé à être indemnisé du préjudice économique qu'il estime avoir subi du fait de ces travaux et de la fermeture de l'avenue de la Gare au mois de juillet 2020. En l'absence de réponse de la commune de la Chaise-Dieu, une décision implicite de rejet est née le 12 janvier 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal à être indemnisé du préjudice économique qu'il estime avoir subi de fait de ces travaux.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient au riverain d'une voie publique qui entend obtenir réparation des dommages qu'il estime avoir subis à l'occasion d'une opération de travaux publics à l'égard de laquelle il a la qualité de tiers d'établir, d'une part, le lien de causalité entre cette opération et les dommages invoqués et, d'autre part, le caractère grave et spécial de son préjudice, les riverains des voies publiques étant tenus de supporter sans contrepartie les sujétions normales qui leur sont imposées dans un but d'intérêt général. Le caractère grave du préjudice et des dommages supportés se déduit, notamment, des difficultés particulières rencontrées par les clients dans l'accès au fonds de commerce ou encore de l'impossibilité même d'accéder à ce fonds.
3. M. A soutient que l'exécution des travaux publics relatifs aux réseaux d'eau et d'assainissement, ayant nécessité une réglementation de la circulation et du stationnement sur l'avenue de la Gare prise par arrêté du maire de la commune de la Chaise-Dieu du 9 mars 2020, a occasionné une gêne importante pour son entreprise qui s'est traduite par une baisse de son chiffre d'affaires dès lors que l'accès à l'atelier était rendu impossible ou tout au moins particulièrement difficile pour les clients et leur véhicule.
4. Il résulte de l'instruction que des travaux publics relatifs aux réseaux d'eau et d'assainissement ont été réalisés sur l'avenue de la Gare de la commune de la Chaise-Dieu durant le mois de juillet 2020, de la boulangerie La Flûte casadéenne à l'hôtel Monastère et Terminus, nécessitant une interdiction temporaire de la circulation des véhicules et de leur stationnement prise par un arrêté du maire de la commune de la Chaise-Dieu du 9 mars 2020 à compter du mercredi 18 mars 2020 et pour toute la durée des travaux. Toutefois, pour justifier l'existence d'un préjudice, M. A se borne à produire une attestation de son expert-comptable faisant seulement état du chiffre d'affaires réalisé en juillet 2019 et celui réalisé en juillet 2020. Ce comparatif, qui met effectivement en évidence une diminution importante du chiffre d'affaires, ne saurait néanmoins être regardé comme un élément suffisant pour établir un lien entre la baisse dudit chiffre d'affaires et les travaux publics relatifs au réseau d'eau et d'assainissement réalisés sur l'avenue de la Gare en l'absence de toute précision relative aux modalités d'ouverture, de fermeture et des charges de l'entreprise sur la période en litige. Dans ces conditions, M. A, qui n'établit pas le lien de causalité entre l'exécution des travaux en litige et la baisse du chiffre d'affaires de son entreprise, ne justifie pas d'un préjudice anormal et spécial susceptible d'engager la responsabilité sans faute de l'administration. M. A n'est pas davantage fondé à se prévaloir d'un dommage à caractère accidentel résultant de ces travaux ni d'un préjudice résultant de la réglementation adoptée pendant lesdits travaux.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la réparation du préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme de 1500 euros sollicitée par M. A au titre des frais qu'il a exposé et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de la Chaise-Dieu, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que la commune de la Chaise-Dieu demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la Chaise-Dieu au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la commune de la Chaise-Dieu.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026