vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100556 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SVMH CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Galva Métaux, représentée par SVMH Conseil, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 à raison de l'établissement qu'elle exploite situé ZAC " Champ Lamet " à Pont-du-Château ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les frais engagés sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en l'absence de définition légale de l'établissement industriel, il convient de s'en référer aux énonciations de la doctrine administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-50-10, à la jurisprudence du Conseil d'Etat ainsi qu'aux dispositions utiles des lois de finances pour 2018 et 2019 ;
- son activité n'est pas industrielle ; elle utilise certes un procédé technique de galvanisation à chaud mais le processus de fabrication qu'elle met en œuvre reste artisanal ; il n'existe aucune chaîne automatisée dans l'entreprise ni aucune fabrication en série ; la plupart des pièces sont de petites dimensions et manipulées uniquement à la main ;
- l'administration s'est prévalue à tort d'un arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Marseille, relatif à la situation d'une autre entreprise, dont l'activité n'est pas comparable à celle de la SARL Galva Métaux : elle ne pouvait donc s'appuyer sur cette jurisprudence pour en conclure que son activité est industrielle ;
- les ratios retenus par l'administration fiscale ne démontrent pas que la société exercerait une activité industrielle ; elle employait sur la période en litige cinq salariés à temps plein, ce qui est important compte tenu de son chiffre d'affaires ;
- l'administration fiscale aurait dû prendre en compte le ratio relatif aux amortissements réalisés par l'entreprise pour se prononcer sur le caractère industriel de son activité ; l'utilisation d'un tel raisonnement permet de démontrer que, contrairement à ce que soutient l'administration, le rôle de l'outillage industriel mobilisé dans le cadre de son activité est moindre par rapport à celui du personnel salarié ;
- la fabrication des pièces est réalisée manuellement à l'exception de l'utilisation du pont roulant et d'un seul " Fenwick ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2021, l'administrateur général des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 14 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Loïc Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Galva Métaux exerce une activité de traitement et de revêtement des métaux dans un établissement situé ZAC " Champ Lamet " à Pont-du-Château. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration a rectifié ses bases imposables à la cotisation foncière des entreprises après avoir estimé que l'établissement qu'elle exploitait devait être regardé comme revêtant un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts. Par la présente requête, la SARL Galva Métaux demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017.
Sur les conclusions à fin de décharge des impositions :
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1447 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. () ". Aux termes de l'article 1467 de ce code, dans sa version applicable au litige : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / () La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. ".
3. Aux termes de l'article 1499 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable, : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. ". Revêtent un caractère industriel, au sens de ces dispositions, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste en la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
4. Pour qualifier l'établissement en litige d'établissement industriel, l'administration a relevé que celui-ci abrite une activité de galvanisation à chaud de pièces métalliques de différentes dimensions réalisée sur une surface de plus de 1 439 mètres carrés grâce à des moyens techniques et un outillage importants. A ce titre, elle a constaté que la valeur brute des équipements techniques représente un montant de 56% sur la période du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016 et un montant de 39% à 40% sur la période du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017, que le nombre de salariés affecté à la production est de 2 à 3 salariés sur la période du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016 et de 4 à 5 salariés sur la période du 1er juillet 2016 ou 30 juin 2016, que le ratio des rémunérations " chargées " du personnel affecté à la production sur le chiffre d'affaires hors taxe est d'un niveau très inférieur (16 à 19%) à celui de la valeur brute des équipements techniques sur ce même chiffre d'affaires hors taxe (56 à 40%), que le poste de bilan installations techniques, matériel et outillages industriels comprend notamment six cuves pour les différents bains pour un montant total de 160 000 euros hors taxe, deux importants ponts mono-poutres, valorisés ensemble pour 66 000 euros hors taxe, faisant la hauteur et la largeur du bâtiment et permettant de descendre et remonter automatiquement les pièces dans les différentes cuves et une armoire de régulation pour un montant de 8 400 euros.
5. Pour contester la qualification d'établissement industriel retenue par l'administration, la société requérante soutient, d'une part, que son activité est principalement artisanale dès lors que la plupart des pièces galvanisées sont de petite taille et manipulées à la main et, d'autre part, que les moyens techniques, matériaux et outillages utilisés dans l'exercice de cette activité ne sont pas prépondérants dans son processus de production. Toutefois, il résulte de l'instruction et, en particulier, des photographies de l'établissement produites par la société requérante, que cette dernière, qui exerce une activité de galvanisation à chaud de pièces métalliques, utilise, dans l'exercice de cette activité de transformation de biens corporels mobiliers, plusieurs installations techniques, matériels et outillages, tels que des bains de dégraissage, de rinçage et de décapage ainsi qu'un pont roulant, un bain de zinc et un " four de séchage " et que ces pièces qui peuvent être de grande dimension sont transportées dans les différents bains à l'aide d'un important système de pont roulant faisant la largeur du bâtiment. Par ailleurs, la valeur brute des équipements techniques rapportée au chiffre d'affaires hors taxe représente un montant de 56% sur la période du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016 et un montant de 39 % à 40% sur la période du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017 alors que le ratio des rémunérations " chargées " du personnel affecté à la production sur le chiffre d'affaires hors taxe est d'un niveau très inférieur (16 à 19%) à celui de la valeur brute des équipements techniques sur ce même chiffre d'affaires hors taxe (56 à 40%).
6. Si la société Galva métaux se prévaut d'un ratio " dotations aux amortissements " pour démontrer la faiblesse de la part du matériel d'exploitation dans sa production, l'administration indique, sans être contestée, que le recours à l'amortissement pour apprécier l'importance de l'outillage dans le process industriel est inapproprié en ce qu'il conduit à évincer du calcul du ratio des équipements amortis susceptibles d'intervenir pleinement dans la production.
7. Les circonstances avancées par la requérante, à les supposer avérées, tirées de ce qu'il n'existerait aucune chaîne automatisée au sein de l'entreprise, ni aucun processus de fabrication en série ne sont pas de nature à remettre en cause l'importance des moyens techniques mis en œuvre dans le processus de galvanisation réalisé par la société.
8. A supposer que la société Galva Métaux entende se prévaloir des énonciations des paragraphes 40 et 50 de l'instruction référencée BOI-IF-TFB-20-10-50-10 sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, ces dernières ne font pas une interprétation différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il en résulte que la société Galva Métaux met en œuvre, dans le bâtiment en cause, d'importants moyens techniques en vue d'exercer son activité de transformation de biens corporels mobiliers. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreurs de droit ou de fait que l'administration fiscale a estimé que l'établissement de la société Galva Métaux revêtait un caractère industriel au sens et pour l'application de l'article 1499 du code général des impôts.
10. Il résulte de ce qui précède que la société Galva Métaux n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Galva Métaux est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) Galva Métaux et à l'administrateur général des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
dans l'ordre du tableau,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2100556zr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026