vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100631 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL LABONNE & ACDP |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête, enregistrée sous le n°2100631 le 22 mars 2021, et des mémoires, enregistrés les 27 décembre 2021 et 26 mai 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B A, représentée par la société d'avocats Labonne et ACDP, Me Robin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2012, 2013 et 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa comptabilité est régulière en la forme et appuyée sur des justifications suffisantes ; sa comptabilité précise l'identité du client, le montant de la prestation, la date et la forme du versement des honoraires ;
- ses deux activités attirent des publics différents ; les habitudes de paiement sont différentes selon le lieu de ses activités ;
- selon la doctrine référencée BOI-CF-IOR-10-20 n° 60, le rejet d'une comptabilité ne doit être opéré qu'à bon escient et lorsqu'il existe des motifs précis et sérieux, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;
- la méthode de reconstitution des recettes est erronée, sommaire et viciée, le taux de 12% de paiement en espèces, retenu par l'administration, est injustifié et ne tient pas compte des conditions d'exploitation effectives des deux cabinets ; les paiements en espèce sont plus importants au cabinet situé Place de Jaude qu'à celui situé avenue de la République ;
- l'examen par le vérificateur de documents comportant une indication relative à la nature des prestations médicales fournies vicie la procédure en tant qu'il méconnaît le secret médical ; son accord préalable n'a pas été recherchée ; l'administration fiscale ne pouvait pas divulguer aux membres de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires l'identité des patients qui ont bénéficié de soins esthétiques.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 septembre 2021 et le 18 janvier 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 11 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 mai 2023.
II - Par une requête, enregistrée sous le n°2100632 le 22 mars 2021, et des mémoires, enregistrés les 27 décembre 2021 et 26 mai 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B A, représentée par la société d'avocats Labonne et ACDP, Me Robin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa comptabilité est régulière en la forme et appuyée sur des justifications suffisantes ; sa comptabilité précise l'identité du client, le montant de la prestation, la date et la forme du versement des honoraires ;
- ses deux activités attirent des publics différents ; les habitudes de paiement sont différentes selon le lieu de ses activités ;
- la méthode de reconstitution des recettes est erroné, le taux de 12% de paiement en espèces, retenu par l'administration, est injustifié et ne tient pas compte des conditions d'exploitation effectives des deux cabinets ; les paiements en espèce sont plus importants au cabinet situé Place de Jaude qu'à celui situé avenue de la République ;
- l'examen par le vérificateur de documents comportant une indication relative à la nature des prestations médicales fournies vicie la procédure en tant qu'il méconnaît le secret médical ; son accord préalable n'a pas été recherchée ; l'administration fiscale ne pouvait pas divulguer aux membres de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires l'identité des patients qui ont bénéficié de soins esthétiques ; elle se prévaut des paragraphes 350 et 360 de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-60-10.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 septembre 2021 et 18 janvier 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 11 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 mai 2023.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës ;
- et les conclusions de M. Loïc Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, médecin spécialiste en dermatovénérologie, exerce son activité à Clermont-Ferrand au sein d'un centre de laser dermatologique situé place de Jaude et au sein de son cabinet situé avenue de la République. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014 à l'issue de laquelle l'administration fiscale, après avoir rejeté la comptabilité présentée comme non probante, a reconstitué ses chiffres d'affaires et de résultats afférents à ses activités au titre des années 2012, 2013 et 2014. En conséquence, Mme A s'est vu réclamer, selon la procédure contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013 et a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2012, 2013 et 2014 résultant de l'inclusion dans son revenu imposable au titre des bénéfices non commerciaux des résultats rectifiés. L'administration a assorti l'ensemble de ces impositions de la majoration de 40% pour manquement délibéré prévue au a) de l'article 1729 du code général des impôts. Par ses requêtes, qui présentent à juger des questions semblables et qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un même jugement, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur la régularité de la procédure :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 226-13 du code pénal : " La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende ". Aux termes de l'article 99 du code général des impôts : " Les contribuables soumis obligatoirement au régime de la déclaration contrôlée ou qui désirent être imposés d'après ce régime sont tenus d'avoir un livre-journal servi au jour le jour et présentant le détail de leurs recettes et de leurs dépenses professionnelles. / Le livre-journal tenu par les contribuables non-adhérents d'une association de gestion agréée comporte, quelle que soit la profession exercée, l'identité déclarée par le client ainsi que le montant, la date et la forme du versement des honoraires " et aux termes de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts peuvent demander toutes informations relatives au montant, à la date et à la forme des versements afférents aux recettes de toute nature perçues par les personnes dépositaires du secret professionnel en vertu des dispositions de l'article 226-13 du code pénal. Ils ne peuvent demander de renseignements sur la nature des prestations fournies par ces personnes ".
3. Bien que les agents des services fiscaux soient eux-mêmes tenus au secret professionnel, il ne saurait être dérogé en leur faveur, sauf disposition législative expresse, à la règle édictée à l'article 226-13 du code pénal. S'il n'appartient qu'au juge répressif de sanctionner les infractions aux dispositions de cet article, il incombe au juge de l'impôt, lorsqu'un contribuable astreint au secret professionnel conteste, devant lui, la régularité de la procédure d'imposition suivie à son égard, au motif que celle-ci aurait porté atteinte à ce secret, d'examiner le bien-fondé d'un tel moyen. La révélation d'une information à caractère secret vicie la procédure d'imposition et entraîne la décharge de l'imposition contestée lorsqu'elle a été demandée par le vérificateur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales, ou que, alors même qu'elle ne serait imputable qu'au seul contribuable, elle fonde tout ou partie de la rectification.
4. Il résulte de l'instruction ainsi qu'il a été dit au point 1 que Mme A exerce, d'une part, une activité de médecin dermatologue vénérologue au sein de son cabinet situé avenue de la République à Clermont-Ferrand pour laquelle elle est partiellement assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée à raison d'actes de médecine esthétique non remboursés par la sécurité sociale et dont les recettes sont comptabilisées dans un compte 7011000 " honoraires esthétiques " distinct du compte 7010000 " honoraires encaissés " retraçant les recettes liées à des prestations de soins rendues à la personne exonérées de taxe sur la valeur ajoutée et, d'autre part, une activité dans un centre laser dermatologique situé place de Jaude à Clermont-Ferrand dont les honoraires encaissés, comptabilisés au compte 7081000, sont intégralement soumis à la taxe sur la valeur ajoutée.
5. Pour justifier de ses recettes comptabilisées au titre des actes de médecine esthétique, Mme A a remis à l'administration, lors du contrôle, des notes d'honoraires comportant des rubriques renseignant des noms et adresse des patients, du montant des prestations hors taxe sur la valeur ajoutée et de la taxe sur la valeur ajoutée applicable ainsi que de " la prestation " précisant s'il s'agissait d'un acte de médecine esthétique. L'administration a écarté ces notes d'honoraires, dont le montant global était égal aux recettes comptabilisées au titre des actes de médecine esthétique, en relevant que les honoraires étaient souvent réglés conformément non pas à ces notes mais aux devis établis et acceptés préalablement aux actes de médecine esthétique qui, au demeurant, n'ont pas été fournis, qu'ils étaient numérotés manuellement et présentaient souvent deux écritures et deux encres différentes.
6. L'administration a ensuite reconstitué uniquement les recettes en espèces relevant de l'activité d'acte de médecine esthétique exercée par Mme A au sein de son cabinet situé avenue de la République en retenant le taux moyen fixé à 12% des recettes en espèces résultant d'actes exercés au sein de ce même cabinet remboursés par la sécurité sociale figurant au compte 7010000 " honoraires encaissés " et des recettes en espèces provenant de son activité au sein du centre laser dermatologique situé place de Jaude.
7. Compte tenu de ce qui a été énoncé précédemment, il ne résulte pas de l'instruction que, d'une part, l'administration aurait sollicité les notes d'honoraires qui ont été communiquées par Mme A ou aurait sollicité des renseignements supplémentaires sur l'identité des clients auxquels les prestations ont été facturées ni sur la nature des prestations fournies et, d'autre part, que les notes d'honoraires, dont Mme A s'est prévalue pour justifier du montant des recettes comptabilisées au titre des actes de médecine esthétique, auraient fondé les rectifications en litige. Ainsi, et alors que l'administration n'avait pas à solliciter l'accord préalable de Mme A qui n'est pas la bénéficiaire du secret médical, la violation alléguée du secret professionnel et la communication des notes d'honoraires aux membres de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires sont, en l'espèce, sans incidence sur la régularité de la procédure fiscale.
En ce qui concerne l'application de la doctrine administrative :
8. Mme A ne peut se prévaloir des paragraphes 350 et 360 de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-60-10, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, qui traitent de questions relatives à la procédure d'imposition et ne peuvent, dès lors, être regardées comme comportant une interprétation de la loi fiscale.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
9. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales : " Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 ou le comité prévu à l'article L. 64 est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission ou du comité. La charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration incombe, en tout état de cause, à cette dernière lorsque le litige ou la rectification est soumis au juge. ".
10. Le contribuable, lorsqu'il lui incombe de prouver l'exagération de l'évaluation de ses bases d'imposition peut, s'il n'est pas en mesure d'établir le montant exact de ses résultats en s'appuyant sur une comptabilité régulière et probante, soit critiquer la méthode d'évaluation que l'administration a suivie, en vue de démontrer que cette méthode aboutit, au moins sur certains points et pour certains montants, a une exagération de ces bases d'imposition, soit encore, aux mêmes fins, soumettre à l'appréciation du juge une nouvelle méthode d'évaluation permettant de déterminer ces bases d'imposition avec une précision meilleure que celle qui pouvait être atteinte par la méthode utilisée par l'administration.
11. Ainsi qu'il a été énoncé au point 1, l'administration a rejeté la comptabilité de Mme A regardée comme non probante en raison de ses irrégularités. Il est constant que les rectifications en litige ont été fixées conformément à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires rendu le 16 juin 2017. En application de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales, il appartient ainsi au contribuable d'apporter la preuve du caractère exagéré des redressements.
En ce qui concerne le caractère probant de la comptabilité :
12. Pour écarter la comptabilité présentée comme dépourvue de valeur probante, le service a relevé, dans la proposition de rectification du 10 décembre 2015, que le livre-journal n'était pas servi au jour le jour, qu'il mentionnait le montant des recettes résultant des remises de chèques encaissés uniquement par date de dépôt et de manière globale et le montant des recettes en espèces totales du mois comptabilisées également globalement. Le nom des patients ainsi que le montant payé figuraient sur des feuilles volantes, établies lors de chaque remise de chèques en banque et regroupant les consultations de plusieurs jours, sans préciser si l'opération était ou non soumise à la taxe sur valeur ajoutée. Les notes d'honoraires présentées, rarement remises aux patients, présentaient une numération manifestement faite a posteriori. L'administration a encore relevé que, faute de présenter les carnets de rendez-vous, il n'était pas possible de déterminer la chronologie des consultations ni de faire des rapprochements avec les notes d'honoraires fournies. Elle en a conclu que, dans ces conditions, ces irrégularités établissaient le caractère non probant de la comptabilité. Les circonstances que Mme A, qui, par ailleurs, se borne à indiquer que sa comptabilité est régulière en la forme, exerce son activité au sein de deux cabinets différents et auprès de deux publics qui entretiennent des habitudes de paiement distinctes ne sont pas de nature à remettre en cause les constatations de l'administration. Dans ces conditions, et eu égard aux omissions et lacunes relevées, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la comptabilité était dépourvue de valeur probante. Par suite, elle a pu l'écarter à bon droit et procéder à la reconstitution des chiffres d'affaires de Mme A au titre des exercices clos en 2012, 2013 et 2014.
En ce qui concerne la reconstitution des chiffres d'affaires :
13. Il résulte de la proposition de rectification du 10 décembre 2015 que l'administration, qui n'a pas remis en cause le montant des recettes encaissées par chèque provenant d'actes remboursés par la sécurité sociale et figurant sur le compte 7010000 " honoraires encaissés ", a observé que les recettes en espèces figurant au compte 70110000 " honoraires esthétiques " du cabinet situé avenue de la République apparaissaient anormalement faibles (3,15% sur l'ensemble de la période) par comparaison avec le taux moyen des recettes en espèces de l'ordre de 12% provenant d'actes effectués au sein de ce même cabinet remboursés par la sécurité sociale figurant au compte 7010000 " honoraires encaissés " et des recettes en espèces provenant de son activité au sein du centre laser dermatologique situé place de Jaude pour la période du 1er octobre 2012 au 31 décembre 2014. Elle en a déduit que le pourcentage des recettes en espèces du compte 7011000 " honoraires esthétiques " ne saurait être inférieur à 12% du montant total des honoraires encaissées en espèces comptabilisés dans ce compte.
14. Si Mme A fait valoir que le taux moyen de 12 % de paiement en espèces, retenu par l'administration, est erroné et non justifié en ce qu'il ne tient pas compte des conditions d'exploitation de ses activités, et notamment de la circonstance que les patients du centre laser dermatologique situé place de Jaude paient plus souvent en espèce que les clients du cabinet situé avenue de la République, elle n'apporte toutefois pas d'élément chiffré précis ni de justificatif au soutien de ces allégations alors que l'administration observe en défense que le pourcentage de recettes en espèces provenant d'actes remboursés par la sécurité sociale et réalisés au cabinet situé avenue de la République s'avère sensiblement supérieur au pourcentage de recettes en espèces provenant d'actes réalisés au sein du centre laser dermatologique. Dans ces conditions, et en l'absence de données précises, la requérante n'établit pas que la méthode de reconstitution appliquée par le service serait sommaire et radicalement viciée.
15. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été soumise au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013 ainsi que des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquels elle a été assujettie au titre des années 2012, 2013 et 2014. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
dans l'ordre du tableau,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100631, 2100632JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026