vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100810 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 19 avril, 20 avril et 7 septembre 2021, Mme B A demande au tribunal de prononcer la restitution d'un crédit d'impôt au titre de l'année 2016 afférent à un prélèvement à la source concernant des dividendes émanant de l'Etat Néerlandais.
Elle soutient que :
- sa réclamation n'est pas tardive dès lors qu'elle a commencé à échanger avec l'administration en 2018 ;
- sa requête n'est pas tardive ;
- les erreurs déclaratives qu'elle a commises ont conduit à la priver du remboursement de la différence entre les retenues à la source sur dividendes et la contribution sociale généralisée dont elle reste redevable ; le montant du trop-versé en litige est de 346 euros ;
- elle a obtenu des remboursements les années suivantes ;
- elle n'a jamais perçu de dividendes de la société Degiro dont elle n'est pas actionnaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 août et 20 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les réclamations de Mme A, en date du 10 décembre 2020 et du 26 janvier 2021, étaient tardives ;
- sa réclamation ayant été rejetée le 18 février 2021, la requête de Mme A est tardive ;
- Mme A n'étant pas imposable au titre de l'impôt sur le revenu pour l'année 2016, aucun remboursement ne pouvait lui être accordé.
Par une ordonnance en date du 23 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention ente le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume des Pays-Bas tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l'évasion fiscale en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune (ensemble un protocole) du 16 mars 1973 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Loïc Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déclaré ses revenus au titre de l'année 2016. Eu égard aux éléments qu'elle a déclarés, elle n'a pas été soumise à une cotisation d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016 mais à une cotisation de contributions sociales. Mme A demande au tribunal de prononcer la restitution du crédit d'impôt de 346 euros au titre de dividendes perçus ayant fait l'objet d'un prélèvement à la source par l'Etat néerlandais.
2. Aux termes de l'article 2 de la convention ente le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume des Pays-Bas tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l'évasion fiscale en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune (ensemble un protocole) du 16 mars 1973 : " 1. La présente convention s'applique aux impôts sur le revenu et sur la fortune perçus pour le compte de chacun des Etats (). 3. Les impôts auxquels s'applique la Convention sont () b) en ce qui concerne le France : - l'impôt sur le revenu () ". Aux termes de l'article 10 de cette convention : " 1. Les dividendes payés par une société qui est un résident de l'un des Etats à un résident de l'autre Etat sont imposables dans cet autre Etat. / 2. Toutefois, ces dividendes peuvent être imposés dans l'Etat dont la société qui paie les dividendes est un résident et selon la législation de cet Etat, mais l'impôt ainsi établi ne peut excéder : / a) 5 % du montant brut des dividendes si le bénéficiaire est une société par actions ou à responsabilité limitée qui dispose directement d'au moins 25 % du capital de la société qui paie les dividendes ; / b) 15 % du montant brut des dividendes dans tous les autres cas () ". Aux termes de l'article 24 de la même convention : " Il est entendu que la double imposition sera évitée de la façon suivante : / () B. En ce qui concerne la France : / () b) En ce qui concerne les revenus visés aux articles 8, 10 () qui ont supporté l'impôt néerlandais conformément aux dispositions de ces articles, la France accorde aux personnes qui sont résidentes de France et qui perçoivent de tels revenus, un crédit d'impôt d'un montant égal à l'impôt néerlandais. / Ce crédit d'impôt () ne peut excéder le montant de l'impôt perçu en France sur les revenus en cause () ".
3. Au titre de l'année 2016, Mme A a perçu des dividendes de 2 817,80 euros versés par la banque Degiro située à Amsterdam sur lesquels a été prélevée la somme de 782,67 euros par l'Etat Néerlandais. En application des stipulations précitées de la convention fiscale franco-néerlandaise du 16 mars 1973, le montant du crédit d'impôt est limité au montant de l'impôt français auquel le contribuable est assujetti. Compte tenu de ce que le montant de l'impôt sur le revenu de Mme A au titre de l'année 2016 est nul, c'est à bon droit que l'administration n'a pas accordé le remboursement sollicité.
4. Si la requérante se prévaut du fait qu'elle a bénéficié de crédits d'impôt de la part de l'administration fiscale française au titre des années 2017 à 2019, cette seule circonstance n'est pas de nature, en l'espèce, à la faire regarder comme créancière d'un crédit d'impôt au titre de l'année 2016 en litige alors, au surplus, que ces décisions, non motivées, ne peuvent être considérées comme une position formelle de l'administration constituant une garantie pour le contribuable au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la restitution d'un crédit d'impôt. Par voie de conséquence, ses conclusions doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La présidente-Rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
dans l'ordre du tableau,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2100810JC
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