vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | CABINET FRECHE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 avril 2021, 11 janvier 2022, 6 avril 2022 et 22 avril 2022, la société par actions simplifiée à associé unique (SASU) GCC, représentée par l'AARPI Freche et Associés, Me Vignon, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Royat à lui verser le solde du marché restant dû au titre du décompte général définitif tacitement accepté par la commune, soit la somme de 777 568,25 euros TTC assortie des intérêts moratoires sur le solde au taux BCE ajouté de huit points courant à compter du 24 février 2021, et de leur capitalisation ;
2°) de condamner la commune de Royat à lui verser l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros au titre du retard dans le paiement du solde du marché ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Royat une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ; en particulier, l'article R. 431-4 du code de justice administrative ne s'applique pas aux requêtes présentées par un avocat, conformément à l'article R. 432-4 du même code ; par ailleurs, la contestation de la qualité pour agir de son représentant n'est assortie d'aucune précision ni pièce ; sa requête n'est pas, par ailleurs, tardive dès lors que les délais prévus par les stipulations de l'article 50.1.1 et suivants du cahier des clauses administratives générales (CCAG) travaux ne sont pas applicables puisqu'il ne s'agit pas, en l'espèce, d'un litige portant sur un décompte mais portant sur une demande de paiement du solde du marché fixé par un décompte général devenu définitif ; enfin, la réclamation datée du 18 septembre 2020 est une simple réclamation présentée en cours du marché et ne porte pas sur le décompte générale qui a été établi postérieurement le 30 novembre 2020 ;
- la commune de Royat est débitrice d'une obligation pécuniaire à son égard résultant du solde du marché fixé par le décompte général définitif, lequel est intangible et ne peut plus être discuté dès lors qu'elle dispose d'un décompte général et définitif du marché tacitement accepté par la commune de Royat conformément aux stipulations des articles 13 et suivants du cahier des clauses administratives générales (CCAG) travaux ;
- à titre subsidiaire, le contenu du décompte général définitif est justifié notamment par l'allongement du délai global d'exécution du chantier imputable au bureau d'études TECO, cotraitant du groupement de maîtrise d'œuvre et à la commune de Royat qui n'a pas pris les mesures nécessaires pour pallier la défaillance de ce bureau d'études, aucun retard ne pouvant lui être imputable ; toutes les pièce justificatives à l'appui de ce décompte ont été produites alors que la note financière établie par le cabinet B2M à la demande de la société CRetON Architectes est dénuée de toute force probante pour avoir été établie pour la cause et contenir de nombreuses inexactitudes et incohérences ;
- elle n'est redevable d'aucune somme vis-à-vis de la société CRetON Architectes dès lors que la provision lui a été versée intégralement par la commune de Royat ; les obligations pécuniaires entre le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage relèvent d'un litige distinct qui n'a pas d'incidence sur ses propres créances au titre du marché en litige.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 mai 2021, 5 avril 2022, 22 avril 2022 et 6 juin 2022, la commune de Royat, représentée par la SELARL DMMJB Avocats, Me Martins Da Silva, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2 °) à la condamnation de B à lui rembourser les sommes versées en application de l'ordonnance n°2100836 du 8 juin 2021 prise par le juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand ;
3°) à la condamnation de la société CRetON Architectes à la garantir de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre et à lui rembourser les sommes qu'elle a versées à B ;
4°) à ce qu'il soit mis à la charge de B et de la société CRetON une somme de 3000 euros chacune au titre de l'article L 761 -1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; en premier lieu, B ne justifie pas de la qualité pour agir de son représentant légal à introduire la présente instance ; en deuxième lieu, la société requérante n'est pas recevable à réclamer une somme qui n'a pas été prévue dans le décompte final dès lors que l'acompte mensuel du 31 juillet 2019 vaut projet de décompte final qui lie ainsi la société requérante ; en troisième lieu, le mémoire en réclamation du 18 septembre 2020 de B est prématuré dès lors que, d'une part, aucune réclamation n'a été présentée en cours d'exécution conformément aux articles 50.3 et suivants du CCAG Travaux et qu'elle ne porte pas sur le décompte général définitif qui n'était alors qu'un projet et que, d'autre part, le délai de six mois prévu à l'article 50.3.2 du cahier des clauses administratives générales travaux ne s'applique pas dès lors que le mémoire en réclamation ne porte pas sur le décompte général du marché ; en dernier lieu, si le mémoire en réclamation du 18 septembre 2020 devait être considéré comme régulièrement introduit, il doit alors être regardé comme constituant la demande à partir de laquelle la commune avait un délai de trente jours pour répondre ; dans ces conditions, la demande ayant été implicitement rejetée le 19 octobre 2020, la société requérante avait deux mois à compter de cette date pour présenter un recours contentieux, soit jusqu'au 2 mars 2021, le délai de recours de six mois prévu à l'article 50.3.2. du CCAG travaux ne s'appliquant qu'aux réclamations présentées contre le décompte général du marché ; le mémoire en réclamation du 1er décembre 2020 a, quant à lui, fait seulement naître une décision purement confirmative de la décision de rejet du premier mémoire en réclamation ; la requête enregistrée le 21 avril 2021 est, en conséquence, tardive ;
- les moyens soulevés par B ne sont pas fondés, les retards d'exécution étant imputables à l'intéressée et à la maîtrise d'œuvre ;
- la société CRetON Architectes doit la garantir totalement des sommes auxquelles elle pourrait être condamnée sur le fondement de sa responsabilité pour manquement à l'obligation de conseil ; en effet, la maîtrise d'œuvre a commis une faute dans l'exécution de sa mission causant un retard dans l'exécution des travaux et dans le traitement des réclamations de B en s'abstenant de répondre à l'envoi d'un projet de décompte général et aux demandes de rémunérations complémentaires de la société requérante ;
- ayant été amenée à verser l'intégralité des sommes à laquelle elle a été condamnée, solidairement avec la société CRetON Architectes, par l'ordonnance du 8 juin 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand, la société CRetON Architectes n'est pas fondée à en demander le remboursement.
Par des mémoires enregistrés les 11 janvier 2022, 8 avril 2022, la société CRetON Architectes, représentée par la SELARL Tournaire Meunier, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2 °) à la condamnation de B à lui verser la somme de 60 377,05 euros ;
3 °) à la condamnation de la commune de Royat à lui verser la somme de 68 242,12 euros ;
4°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Royat au titre des dispositions de l'article L 761 -1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décompte général final du marché dès lors que le mémoire du 18 septembre 2020 intitulé " mémoire en réclamation " ne peut être regardé comme un projet de décompte final et qu'il est, de plus, prématuré, aucun décompte final n'ayant été établi antérieurement ; par ailleurs, le courrier de relance du 30 novembre 2020 et le courrier de réclamation du 13 janvier 2021 ne sauraient régulariser l'absence de projet de décompte général régulier ;
- les moyens soulevés par B ne sont pas fondés, la société requérante étant responsable de l'allongement des délais d'exécution du chantier dont elle demande l'indemnisation ;
- les sommes exigées ne sont pas justifiées ;
- elle n'a commis aucun manquement à son devoir de conseil puisque l'acte d'engagement de la maîtrise d'œuvre ne prévoit aucune mission de gestion financière des décomptes des marchés de travaux ; par ailleurs, la commune de Royat ne s'est jamais plainte de l'exécution par la maîtrise d'œuvre de ses missions pendant l'exécution des travaux ; en outre, la commune est responsable des délais pris dans les opérations de réception des travaux ;
- la commune de Royat doit être condamnée à lui rembourser la somme de 68 242,12 euros qu'elle a versée en exécution de l'ordonnance du 8 juin 2021 de juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
La clôture d'instruction a été fixée au 11 juillet 2022.
Un mémoire récapitulatif présenté pour société CRetON Architectes a été enregistré le 12 septembre 2023
Un mémoire récapitulatif présenté pour la commune de Royat a été enregistré le 20 septembre 2023
Un mémoire récapitulatif présenté pour B a été enregistré le 9 octobre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2100836 du 8 juin 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand par laquelle la commune de Royat et la SARL CRetON architectes ont été condamnées au versement solidaire d'une provision de 139 230,49 euros TTC assortie des intérêts au taux légal à compter du 24 février 2021.
Vu :
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique ;
- l'arrêté du 21 décembre 1993 précisant les modalités techniques d'exécution des éléments de mission de maîtrise d'œuvre confiés par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaffré,
- les conclusions de M. Debrion, rapporteur public.
- et les observations de Me Mariet, représentant B, de Me Martins da Silva, représentant la commune de Royat et de Me Meunier, représentant la société CRetON Architectes.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Royat a décidé de procéder à la construction d'un équipement communautaire de proximité et d'une école de musique, de danse et de théâtre sur le territoire de la commune. Par un acte d'engagement du 6 mars 2017, elle a confié le lot n° 3 " gros œuvre " du marché de travaux à B, pour un montant initial de 1 055 514,70 euros TTC. Après que des opérations préalables à la réception aient été effectuées sur site le 1er août 2019, la réception des travaux a été prononcée avec levée des réserves suivant un procès-verbal EXE8 du 13 décembre 2019. Par un courrier du 30 novembre 2020, auquel il n'a pas été répondu, B a transmis un projet de décompte final arrêtant le montant global du marché à la somme de 1 617 462, 50 euros HT et le solde restant dû au montant de 777 568,25 euros TTC. Par une ordonnance du 8 juin 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a condamné la commune de Royat et la SARL CRetON Architectes à verser à B une provision de 139 230,49 euros. Par la présente requête, B demande au tribunal de condamner la commune de Royat à lui verser la somme de 777 568,25 euros TTC en exécution du marché.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Royat et la société CRetON Architectes :
En ce qui concerne le défaut de qualité pour agir :
2. La présentation d'une action par un de ses mandataires ne dispense pas le tribunal administratif de s'assurer, le cas échéant, lorsque la partie en cause est une personne morale, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour engager cette action. Une telle vérification n'est toutefois pas normalement nécessaire lorsque la personne morale requérante est dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom.
3. En vertu de l'article L. 227-6 du code de commerce, une société par actions simplifiées unipersonnelle est représentée à l'égard des tiers par un président désigné dans les conditions prévues par les statuts et qui est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l'objet social.
4. Il résulte de l'instruction que B a saisi le tribunal par l'intermédiaire d'un avocat mandaté par la société et que la requête mentionne qu'elle est présentée pour le compte de B représentée par ses représentants légaux. La commune de Royat n'invoque aucune circonstance particulière faisant douter de la qualité pour agir du représentant légal de B. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir doit être écartée.
En ce qui concerne l'absence de décompte général définitif et sur la forclusion :
5. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 13.1.1. du cahier des clauses administratives générales (CCAG) Travaux, dans sa version applicable au marché en litige : " Avant la fin de chaque mois, le titulaire remet sa demande de paiement mensuelle au maître d'œuvre, sous la forme d'un projet de décompte. ". Aux termes de l'article 13.3. de ce cahier : " 13.3. Demande de paiement finale : / 13.3.1. Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées. / () 13.3.2. Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / (). / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus. () 13.3.4. En cas de retard dans la transmission du projet de décompte final et après mise en demeure restée sans effet, le maître d'œuvre établit d'office le décompte final aux frais du titulaire. Ce décompte final est alors notifié au titulaire avec le décompte général tel que défini à l'article 13.4. ". Aux termes de l'article 13.4.1. de ce cahier : " Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général qui comprend : / - le décompte final ; / - l'état du solde, établi à partir du décompte final et du dernier décompte mensuel, dans les mêmes conditions que celles qui sont définies à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; / - la récapitulation des acomptes mensuels et du solde. ". Aux termes de l'article 13.4.4. de ce cahier : " Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé () Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. Le décompte général et définitif est alors établi dans les conditions fixées à l'article 13.4.3. / Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif. Le délai de paiement du solde, hors révisions de prix définitives, court à compter du lendemain de l'expiration de ce délai. Le décompte général et définitif lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. () ".
6. Il ne résulte d'aucune de ces stipulations que le retard du titulaire du marché à transmettre au maître d'œuvre son projet de décompte final, en l'absence de toute mise en demeure préalable, soit sanctionné par une forclusion.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que la date d'achèvement des travaux a été fixée, par procès-verbal référencé EXE4, au 1er août 2019 et que la commune de Royat a signé le procès-verbal de réception des travaux avec levée de réserve le 14 mars 2020, donnant effet aux opérations de réception à la date du 5 août 2019. Ainsi, la commune de Royat n'est pas fondée à soutenir que le décompte mensuel de fin de chantier établi le 30 juillet 2019 par B doit être regardé comme le projet de décompte final du marché.
8. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Royat ou le maître d'œuvre aurait mis en demeure B de communiquer son projet de décompte final ni qu'ils lui auraient communiqué un projet de décompte général. Dans ces conditions, les documents transmis le 30 novembre 2020 par la société requérante et réceptionnés par le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre le 1er décembre 2020, postérieurement à la réception des travaux, et accompagnés d'une courrier intitulé " notification Projet de décompte final ", doivent être regardés comme constituant le projet de décompte final exigé par le cahier des clauses administratives générales. Il est constant que le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre se sont abstenus de transmettre un décompte général définitif au titulaire du lot n° 3 du marché comme le prévoient les stipulations des articles 13.4.2 et 13.4.4. du CCAG Travaux. Il s'ensuit que le projet de décompte général établi par B et notifié le 14 janvier 2021 à la commune de Royat et à la société CRetON Architectes, qui comprenait, conformément à l'article 13.4.4 du CCAG, le décompte final antérieurement transmis, un projet de récapitulation des acomptes mensuels et un projet d'état du solde, est devenu définitif à l'expiration du délai de dix jours à compter de sa réception par ses destinataires, soit le 24 janvier 2021.
9. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 50 du CCAG Travaux, dans sa version applicable au marché en litige : " () 50.1.1. Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. / 50.1.2. Après avis du maître d'œuvre, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire sa décision motivée dans un délai de trente jours à compter de la date de réception du mémoire en réclamation. / 50.1.3. L'absence de notification d'une décision dans ce délai équivaut à un rejet de la demande du titulaire. / 50.2. Lorsque le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas donné suite ou n'a pas donné une suite favorable à une demande du titulaire, le règlement définitif du différend relève des procédures fixées aux articles 50.3 à 50.6. / 50.3. Procédure contentieuse : / 50.3.1. A l'issue de la procédure décrite à l'article 50.1, si le titulaire saisit le tribunal administratif compétent, il ne peut porter devant cette juridiction que les chefs et motifs énoncés dans les mémoires en réclamation. / 50.3.2. Pour les réclamations auxquelles a donné lieu le décompte général du marché, le titulaire dispose d'un délai de six mois, à compter de la notification de la décision prise par le représentant du pouvoir adjudicateur en application de l'article 50.1.2, ou de la décision implicite de rejet conformément à l'article 50.1.3, pour porter ses réclamations devant le tribunal administratif compétent. / 50.3.3. Passé ce délai, il est considéré comme ayant accepté cette décision et toute réclamation est irrecevable. () ". En l'absence de contestation possible du montant inscrit au solde du projet de décompte général après que celui-ci est devenu le décompte général et définitif tacite dans les conditions fixées à l'article 13.4.4 du CCAG, la procédure de réclamation prévue à l'article 50 du même cahier ne saurait être applicable au titulaire se prévalant devant le juge d'un décompte général et définitif tacite.
10. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Le silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois fait naître une décision implicite de rejet.
11. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'acceptation tacite du décompte général par la commune de Royat le 24 janvier 2021 telle que rappelée au point 8, et en l'absence de paiement du solde du marché mentionné dans ce décompte, B a présenté une demande de paiement de ce solde par courrier du 3 février 2021 reçu le 4 février suivant. Cette réclamation ne contestait pas un décompte général définitif qui aurait été établit par la commune de Royat ou le maître d'œuvre mais avait pour seul objet d'obtenir le paiement du décompte général définitif établi par B. Il en résulte que les stipulations de l'article 50.1.1 et suivants du CCAG Travaux ne sont pas opposables à la présente procédure. Le silence de la commune de Royat sur cette demande de paiement a fait naître une décision implicite de rejet, née le 4 avril 2021. Par suite, la requête enregistrée le 23 avril 2021 au greffe du tribunal a été présentée dans le délai de deux mois à compter de la naissance de cette décision, soit avant l'expiration du délai du recours contentieux. Dès lors, la fin de non-recevoir relative au non-respect par la société requérante des délais de la procédure doit être écartée.
Sur les conclusions de la requête tendant au paiement du solde du marché :
12. Aux termes du premier alinéa de l'article 13.4.4. du cahier des clauses administratives générales (CCAG) Travaux, dans sa version applicable au marché en litige : " () Le décompte général et définitif lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. () ". Aux termes, en premier lieu, de l'article 1269 du code de procédure civile : " Aucune demande en révision de compte n'est recevable, sauf si elle est présentée en vue d'un redressement en cas d'erreur, d'omission ou de présentation inexacte ". Il résulte de ces dispositions que l'approbation sans réserve du décompte général ou, comme en l'espèce, l'intervention d'un décompte général définitif tacite interdit toute réclamation ou exception ultérieure des parties, en dehors du cas de fraude ou de la révélation d'erreurs ou d'omissions purement matérielles.
13. La commune de Royat n'établit pas ni même n'allègue l'existence d'une fraude ou d'erreurs matérielles entachant le décompte général définitif tacite né le 24 janvier 2021. Compte tenu de la portée de la règle d'intangibilité du décompte général et définitif, rappelée notamment par le dernier alinéa précité de l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales, la commune de Royat est redevable du solde du marché porté sur le décompte général définitif tacite du 24 janvier 2021 soit la somme de 777 568,25 euros TTC. B fait valoir sans être utilement contredite que la commune de Royat reste redevable de ce solde. A ce solde doit être cependant déduite la somme de 139 230,49 euros TTC versée au titre de la provision ordonnée par le juge des référés du tribunal par son ordonnance n° 2100836 du 8 juin 2021.
14. Il résulte de ce qui précède que la commune de Royat doit être condamnée à verser à B la somme de 638 337,76 euros TTC (777 568,25 euros TTC - 139 230,49 euros TTC).
Sur les intérêts moratoires, la capitalisation des intérêts et les frais de recouvrement :
15. En premier lieu, aux termes de l'article 5.6 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché : " Conformément à la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière, le délai global de paiement des prestations exécutées et dont la conformité a été constatée est de 30 jours à compter de la réception de la demande de paiement. () ". Aux termes de l'article 5.7 du CCAP : " Conformément aux prescriptions du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique () : il est fait application des mesures suivantes : / Le défaut de paiement dans les délais indiqués ci-dessus, fait courir de plein droit des intérêts moratoires dans les conditions règlementaires et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, à partir du jour qui suit l'expiration dudit délai jusqu'à la date de mise en règlement du principal ; / le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ". Le taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement était fixé à 0 % entre le 1er janvier 2020 et le 1er juillet 2021.
16. Il résulte de l'instruction que B a saisi, par un courrier du 3 février 2021 notifié le lendemain, la commune de Royat d'une demande de paiement du solde fixé au décompte général définitif pour un montant de 777 568,25 euros TTC. Il n'est pas contesté que la commune de Royat n'a pas procédé au paiement de ce solde dans le délai prévu à l'article 5.6. du CCAP. Par suite, B a droit aux intérêts moratoires sur la condamnation de 638 337,76 euros TTC prononcée au point 14 à compter de l'échéance du délai de trente jours prévu à l'article 5.6. du CCAP, soit à compter du 7 mars 2021, au taux prévu à l'article 5.7 du CCAP, ce qui représente en l'espèce 8 %. Pour le même motif, il y a, également, lieu de mettre à la charge de la commune de Royat une indemnité forfaitaire de recouvrement unique d'un montant de 40 euros, en application des stipulations de l'article 5.7 du CCAP.
17. En second lieu, aux termes de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts, ou par une demande judiciaire, ou par une convention spéciale, pourvu que, soit dans la demande, soit dans la convention, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière.
18. La capitalisation des intérêts a été demandée par B dans sa requête introductive d'instance enregistrée au greffe du tribunal le 23 avril 2021. A cette date, les intérêts n'étaient pas dus pour une année entière. Par suite, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts présentée par B à compter du 7 mars 2022, date à laquelle ces intérêts étaient dus pour une année entière, et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur la demande reconventionnelle de la société CRetON Architectes :
19. La société CRetON Architectes demande au tribunal de condamner B à lui verser la somme de 60 377,05 euros qui correspondant à la différence entre la somme allouée en référé et le solde du marché telle qu'elle l'a établi. Toutefois, d'une part, comme il a été dit ci-dessus, le solde du marché est celui qui résulte du décompte général définitif tacite du 11 décembre 2020. D'autre, part, la société CRetON Architectes n'établit pas avoir versé une quelconque somme à B ni détenir une créance sur cette société en lien avec le présent litige. Par suite, la demande reconventionnelle présentée par la société CRetON Architectes ne peut qu'être rejetée.
Sur l'appel en garantie de la commune de Royat :
20. Aux termes du point 6 de l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 1993, précisant les modalités techniques d'exécution des éléments de mission de maîtrise d'œuvre confiés par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé : " La direction de l'exécution du ou des contrats de travaux qui a pour objet de : () vérifier le projet de décompte final établi par l'entrepreneur, établir le décompte général ;b/ donner un avis au maître de l'ouvrage sur les réserves éventuellement formulées par l'entrepreneur en cours d'exécution des travaux et sur le décompte général, assister le maître de l'ouvrage en cas de litige sur l'exécution ou le règlement des travaux, ainsi qu'instruire les mémoires de réclamation de ou des entreprises. ". L'article 13.3.3 du CCAG Travaux, dans sa version applicable au marché en litige, stipule : " Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final. () ". L'article 13.4.1. du CCAG Travaux stipule : " Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général () Le maître d'œuvre transmet le projet de décompte général au représentant du pouvoir adjudicateur dans un délai compatible avec les délais de l'article 13.4.2. ". L'article 5.5. du cahier des clauses administratives particulières du marché de travaux relatif au lot n°3 stipule : " Le projet de décompte final accepté ou rectifié par le maître d'œuvre devient le décompte final (§13.3.4 du CCAG Travaux) auquel sont joints l'état du solde et la récapitulation des acomptes mensuels et du solde pour établissement du projet de décompte général (§13.4.1. du CCAG travaux). ".
21. En premier lieu, il résulte de l'instruction que par un acte d'engagement signé le 14 juin 2016, le groupement de maîtrise d'œuvre, représenté par son mandataire la société CRetON Architectes, s'est vu confier la mission de maîtrise d'œuvre dans le cadre de l'exécution du marché de travaux de construction d'un équipement communautaire de proximité à vocation culturelle et d'une école de musique, de danse et de théâtre. En vertu de la convention conclue le 14 juin 2016, le groupement de maîtrise d'œuvre était investi notamment de la mission DET " Direction de l'Exécution des Travaux ". En tant que maître d'œuvre chargé d'une telle mission, la société CRetON Architectes devait vérifier le projet de décompte final établi par l'entrepreneur, établir le décompte général, donner un avis au maître de l'ouvrage sur celui-ci et l'assister en cas de litige sur l'exécution ou le règlement des travaux. Il résulte de l'instruction que la société CRetON Architectes a omis de répondre à la réclamation datée du 28 septembre 2020 de B et n'a pas donné suite au projet de décompte final transmis par cette dernière. En omettant de vérifier dans les délais prévus par le CCAP ce projet de décompte final et en omettant d'établir et de transmettre au maître d'ouvrage un projet de décompte général, le maître d'œuvre a commis une faute dans l'exécution de ses missions contractuelles au maître d'ouvrage. Il résulte, en outre, du courriel du 15 décembre 2020 adressé par la société CRetON Architectes à la commune de Royat que si le maître d'œuvre avait alerté le maître d'ouvrage de son incapacité à respecter les délais de traitement du décompte final transmis par B du fait d'une désorganisation de l'entreprise liée à la pandémie de la COVID 19, ce courriel assurait le maître d'ouvrage de l'existence d'une démarche tendant à réorganiser la procédure d'établissement du décompte général en concertation avec B. Il ne résulte d'aucune pièce du dossier que la société CRetON Architectes aurait été dans l'incapacité de respecter les délais prévus au CCAG, ni qu'elle aurait effectivement effectué des démarches auprès de la société requérante afin d'obtenir un accord de cette dernière sur l'allongement des délais d'établissement du décompte général, comme elle l'avait annoncé à la commune de Royat. La société CRetON Architectes n'établit pas davantage ni même n'allègue avoir, à la suite du décompte général présenté par B suivant un courrier notifié le 14 janvier 2021, alerté la commune de Royat d'une quelconque difficulté dans l'exécution de ses missions relatives à l'établissement du décompte général. Dans ces conditions, il ne peut être fait grief à la commune de Royat un défaut de vigilance en n'ayant pas pallié la défaillance de la société CRetON Architectes dans l'établissement du décompte général. Il suit de là que le maître d'œuvre doit être condamné à indemniser le maître d'ouvrage du surcoût du marché en lien avec la faute qu'il a commise.
22. En deuxième lieu, pour contester devoir garantir à la commune le paiement des sommes réclamées par la société GCC au titre de la révision des prix dans le décompte général et définitif, la société CRetON Architectes allègue que la responsabilité de la commune de Royat est engagée en raison des délais disproportionnés que le maître d'ouvrage aurait pris pour procéder à la notification du procès-verbal de la réception des travaux. Toutefois, la société CRetON Architectes, qui procède par affirmations générales, n'apporte au soutien de son allégation aucun élément de nature à établir que la révision des prix réclamée par B aurait un quelconque lien de causalité avec la date de notification du procès-verbal de la réception des travaux.
23. En troisième lieu, si la société CRetON Architectes fait valoir qu'elle ne s'est pas engagée contractuellement sur la durée des travaux, cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur la créance dont elle est redevable au titre de son manquement dans l'exécution de ses missions relatives à l'établissement du décompte général.
24. En quatrième lieu, le préjudice dont la commune de Royat peut demander réparation du fait du défaut de diligence de son maître d'œuvre dans l'accomplissement des opérations d'établissement du décompte général définitif ne peut être que l'éventuel surcoût induit par ce décompte par rapport à la somme qu'un décompte général et définitif établi contradictoirement aurait mise à sa charge. Ainsi qu'il a été dit au point 13, la commune de Royat est redevable du solde du marché pour la somme totale de 777 568,25 euros. La société CRetON Architectes précise, toutefois, en se fondant sur une étude financière réalisée à sa demande par le cabinet B2M, que seule la somme de 65 544, 54 euros HT, soit 78 653,36' euros TTC, inscrite au décompte général définitif établi par B, correspondant à des travaux complémentaires indispensables à la réalisation des ouvrages, était justifiée. Cette étude n'est pas utilement contestée par la commune de Royat. Il suit de là que le surcoût induit par le décompte général définitif tacite s'élève à 698 914,89' uros TTC (777 568,25 - 78 653,36).
25. Il y a lieu, dans ces conditions et en l'état de l'instruction, de condamner la société CRetON Architectes à garantir la commune de Royat la somme de 777 568,25 euros que cette dernière est condamnée à payer à B (c'est-à-dire la somme de 638 337,76 euros TTC fixée au point 14 du présent jugement et celle de 139 230,49 euros mise à sa charge par le juge des référés) à hauteur de 698 914,89' euros TTC.
Sur les frais liés au litige :
26. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que B, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse la somme que demande la commune de Royat au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Royat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par B et non compris dans les dépens.
27. En deuxième lieu, il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la société CRetON Architectes une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Royat et non compris dans les dépens.
28. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société CRetON Architectes présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Royat versera à B la somme de 638 337,76 euros TTC, et majorée des intérêts de retard et de leur capitalisation dans les conditions rappelées aux points 15 à 18 du présent jugement, ainsi que d'une somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
Article 2 : La commune de Royat versera à B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La société CRetON Architectes versera à la commune de Royat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La commune de Royat sera garantie des condamnations prononcées à son encontre par la société CRetON Architectes à hauteur de 698 914,89' euros TTC.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à B, à la commune de Royat et à la société CRetON Architectes.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. A, président,
- Mme Jaffré, première conseillère,
- M. Brun, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
M. JAFFRÉ
Le président,
M. A Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026