vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101084 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | LEXAVOUE RIOM-CLERMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 mai 2021 et 5 octobre 2021, Mme B A, représentée par la SELARLU Judis Conseil, Me Regnoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 de la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Serge Bayle d'Aigueperse en tant qu'elle fixe, en ses articles 3 et 4, le solde du montant de l'engagement de servir de Mme A à la somme de 47 511,11 euros ;
2°) d'annuler le titre de recettes n°806 émis le 23 mars 2021 pour la somme de 47 511,15 euros ;
3°) d'enjoindre à l'EHPAD Serge Bayle de réexaminer la demande de remboursement des sommes qu'elle reste redevoir au titre de son engagement de servir ;
4°) de mettre à la charge de l'EHPAD Serge Bayle la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 16 mars 2021 est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne précise pas les bases et éléments de calculs sur lesquels elle se fonde pour mettre la somme en cause à sa charge ;
- le solde du montant de son engagement de servir est surévalué en méconnaissance de l'article 4 du contrat d'engagement dès lors qu'il a été calculé à partir de la rémunération brute qu'elle a perçue durant sa formation et non pas sur sa rémunération nette ainsi que le précise la circulaire n° DHOS/RH4/2010/57 du 11 février 2010 relative à la mise en œuvre du congé de formation professionnelle des agents de la fonction publique hospitalière.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2021, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Serge Bayle d'Aigueperse, représenté par la SELARL Chanon Leleu associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2008-824 du 21 août 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brun,
- et les conclusions de M. Debrion, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Recrutée en qualité d'aide-soignante au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Serge Bayle d'Aigueperse, Mme A a entrepris une formation d'infirmière prise en charge de septembre à décembre 2012 par l'Organisme de formation continue pour adulte et du 1er septembre 2014 à fin juillet 2017 par le biais d'un contrat d'engagement de servir conclu le 8 août 2014 avec l'EHPAD Serge Bayle. Mme A présentait sa démission le 16 mars 2021. La directrice de l'EHPAD lui notifiait alors une décision d'acceptation de sa démission sous réserve du remboursement des sommes restant dues au titre du contrat d'engagement de servir. Un titre de recettes portant sur la somme de 47 511,15 euros correspondant à ce solde lui était notifié le 25 mars 2021. Dans la présente instance, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 16 mars 2021 de la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Serge Bayle d'Aigueperse en tant qu'elle fixe, en ses articles 3 et 4, le solde du montant de l'engagement de servir à la somme de 47 511,11 euros ainsi que le titre de recette n°806 émis le 23 mars 2021 y afférant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2008-824 du 21 août 2008 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des agents de la fonction publique hospitalière : " La formation professionnelle tout au long de la vie des agents titulaires et non titulaires de la fonction publique hospitalière a pour but de leur permettre d'exercer efficacement leurs fonctions durant l'ensemble de leur carrière, d'améliorer la qualité du service public hospitalier, de favoriser leur développement professionnel et personnel et leur mobilité. () / La formation professionnelle tout au long de la vie comprend principalement les actions ayant pour objet : / () / 4° De permettre aux agents de suivre des études favorisant la promotion professionnelle, débouchant sur les diplômes ou certificats du secteur sanitaire et social dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé ; / () ". Selon l'article 9 du même décret : " Lorsque, à l'issue d'une formation prévue au 4° de l'article 1er, l'agent qui a été rémunéré pendant sa formation obtient l'un des certificats ou diplômes lui donnant accès aux corps, grades ou emplois mentionnés par arrêté du ministre chargé de la santé, il est tenu de servir dans un des établissements énumérés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 modifiée susvisée pendant une durée égale au triple de celle de la formation, dans la limite de cinq ans maximum à compter de l'obtention de ce certificat ou diplôme. / Dans le cas où l'agent quitte la fonction publique hospitalière avant la fin de cette période, il doit rembourser à l'établissement auquel incombe la charge financière de sa formation les sommes perçues pendant cette formation, proportionnellement au temps de service qui lui restait à accomplir. "
3. Il résulte de ces dispositions, qui sont applicables de plein droit et auxquelles il n'est pas permis de déroger par contrat, que l'agent qui a bénéficié d'une formation rémunérée par l'établissement public qui l'emploie, est tenu de servir pendant une durée égale au triple de celle de sa formation et, au cas où il cesserait de servir dans la fonction publique hospitalière avant ce terme, ne peut être tenu de rembourser que les seules rémunérations qu'il a perçues durant cette formation, à l'exclusion des frais et charges de toute nature supportées par son employeur. En l'espèce, le centre hospitalier Etienne Clémentel a mis à la charge de Mme A, pour l'application des dispositions précitées du second alinéa de l'article 9 du décret du 21 août 2008, la somme de 47 511,11 euros calculée sur la base d'un montant de 93 083 euros correspondant à celui du contrat d'engagement de servir de l'intéressée. Toutefois cette somme de 93 083 euros se réfère au total du salaire brut versé à l'intéressée qui inclut donc les charges sociales et fiscales qu'elle a déjà reversées. Ce salaire brut ne peut donc être regardé comme les sommes qu'elle a perçues pendant sa formation au sens des dispositions de l'article 9 précité. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que Mme A est fondée à soutenir que la décision attaquée du 16 mars 2021 est, en ses articles 3 et 4, entachée d'une erreur de droit en tant qu'elle fixe le solde du montant de son engagement de servir à la somme de 47 511,11 euros calculée sur le salaire brut et à en demander, dans cette mesure, son annulation. Doit être également annulé, par voie de conséquence, le titre de recettes n°806 émis le 23 mars 2021 pour la même somme.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique que la somme dont est redevable Mme A au titre de son engagement de servir soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur de l'EHPAD Serge Bayle de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse la somme que demande l'EHPAD Serge Bayle au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EHPAD Serge Bayle une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la directrice de l'EHPAD Serge Bayle d'Aigueperse du 16 mars 2021 est annulée en tant qu'elle fixe, en ses articles 3 et 4, le solde du montant de l'engagement de servir de Mme A à la somme de 47 511,11 euros.
Article 2 : Le titre de recettes n°806 émis le 23 mars 2021 pour une somme de 47 511,15 euros est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à l'EHPAD Serge Bayle de réexaminer la somme dont est redevable Mme A au titre de son engagement de servir, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'EHPAD Serge Bayle versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'EHPAD Serge Bayle.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. C, président,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Brun, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le rapporteur,
J. BRUN
Le président,
M. C Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre délégué en charge de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101084
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026