mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101419 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | CAURO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021, et deux mémoires du 2 septembre 2021 et du 26 octobre 2021, M. B C, représenté par Me Cauro demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mai 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Allier a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre le refus d'attribution de l'aide personnelle au logement (APL) ;
2°) de le rétablir dans ses droits à l'aide personnelle au logement à compter du 1er janvier 2020 ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Allier à lui verser 1 euro de dommages et intérêts ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la CAF de l'Allier n'a pas fait application, dans le calcul de ses droits à l'APL de l'abattement de 30% des ressources de son épouse au chômage depuis plus de deux mois en méconnaissance des dispositions de l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation ;
- la CAF de l'Allier n'a pas fait application, dans le calcul de ses droits à l'APL de la neutralisation de 30 % de ses ressources, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 822-15 du code de la construction et de l'habitation ;
- la CAF de l'Allier n'a pas fait application des dispositions de l'article 157 bis du code général des impôts qui prévoient un abattement spécifique de 2442 euros dès lors qu'il est titulaire d'une pension d'invalidité de catégorie 1 ;
- la CAF de l'Allier aurait dû déduire des ressources de son épouse, la somme de 1379 euros au titre de l'épargne retraite.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 29 juillet 2021 et le 5 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Allier conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme d'un euro symbolique à titre de dommages et intérêts.
Elle fait valoir que les ressources du requérant dépassaient le plafond autorisé pour ouvrir des droits à l'APL.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme A ont emménagé en septembre 2019 dans un logement situé à Vichy. Ils ont sollicité le bénéfice de l'aide personnelle au logement (APL) à compter du 1er janvier 2020. La CAF de l'Allier a adressé à M. C le 25 mai 2020 une notification de non-versement. Par une décision du 3 mars 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Allier (CAF) a rejeté la demande de M. C tendant à l'ouverture de ses droits à APL pour la période 2020 et 2021 au motif de ressources dépassant le plafond autorisé. M. C a formé un recours administratif préalable obligatoire auprès de la commission de recours de la CAF de l'Allier. Par une décision du 21 mai 2021 notifiée le 28 juin 2021, la CAF de l'Allier a confirmé le refus d'ouvrir des droits à APL au bénéfice de M. C. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette dernière décision et à ce qu'il soit rétabli dans ses droits à l'APL.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 822-4 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif. () ". Aux termes de l'article R. 822-14 du même code, dans sa rédaction applicable : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint se trouve, depuis au moins deux mois consécutifs à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement, en chômage total et qu'il perçoit l'allocation d'assurance prévue à l'article L. 5422-1 du code du travail ou lorsqu'il se trouve en chômage partiel et qu'il perçoit l'allocation spécifique prévue à l'article L. 5122-1 du même code, les revenus d'activité professionnelle perçus par l'intéressé pendant l'année civile de référence sont affectés d'un abattement de 30 %. / Cette mesure s'applique à partir du premier jour du deuxième mois civil suivant celui au cours duquel est intervenu le changement de situation. () ". Aux termes de l'article R. 822-15 du même code, dans sa rédaction applicable : " Il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage perçus par le bénéficiaire durant l'année civile de référence, lorsque celui-ci ou son conjoint est en chômage total depuis au moins deux mois consécutifs à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement et s'il se trouve dans l'une des situations suivantes : / 1° Il ne bénéficie pas ou ne bénéficie plus d'une indemnisation dans les conditions mentionnées par l'article R. 822-14 ; / 2° Son indemnisation a atteint le montant minimum prévu par l'accord mentionné à l'article L. 5422-20 du code du travail, après application du taux dégressif prévu à l'article L. 5422-3 du même code ; / 3° Il perçoit l'allocation de solidarité spécifique prévue par les articles L. 5423-1 à L. 5423-3 du code du travail. / Les droits sont examinés sur cette nouvelle base à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel sont intervenus le changement de situation, la cessation du versement ou la diminution du montant de l'allocation d'assurance, ou l'admission à l'allocation de solidarité spécifique. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 822-11 dudit code : " Il n'est pas tenu compte, à partir du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel survient l'événement ou le changement de situation, sous réserve que la preuve en soit apportée : () 2° Des revenus d'activité professionnelle ou des indemnités de chômage perçus par le conjoint du bénéficiaire : a) Soit détenu, les ressources du conjoint étant toutefois prises en considération s'il est placé sous le régime de la semi-liberté ; b) Soit cessant toute activité professionnelle pour se consacrer à un enfant de moins de trois ans ou à plusieurs enfants. ".
4. Pour le calcul des droits de M. C à l'APL à compter du 1er janvier 2020, la CAF de l'Allier a pris en compte les revenus déclarés par M. C et Mme A, à savoir 30 600 euros après abattement fiscal au titre de la période de décembre 2019 à novembre 2020. M. C soutient que la CAF de l'Allier aurait dû procéder à un abattement de 30% pour ses ressources en application des dispositions de l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation. Toutefois, ni M. C qui percevait une pension d'invalidité ni Mme A qui percevait des indemnités chômage et des indemnités journalières sur la période en litige ne remplissaient les conditions prévues aux articles précités. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il était éligible à un abattement de 30 % de ses revenus en applications des dispositions de l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation.
5. En outre, si M. C soutient que la CAF de l'Allier aurait également dû procéder à une neutralisation de ses ressources en application des dispositions de l'article R. 822-15 du code de la construction et de l'habitation, dès lors que Mme A était en situation de chômage depuis le 1er septembre 2019, d'une part, cette allégation n'est pas étayée par les pièces versées au dossier et d'autre part, et en tout état de cause, il ne ressort pas des éléments au dossier que Mme A remplissait l'un des conditions cumulatives citées au 1°, 2° et 3° de l'article R. 822-15 du code de la construction et de l'habitation.
6. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 157 bis du code général des impôts auquel renvoie l'article R. 822-4 du code de la construction et de l'habitation : " Le contribuable âgé de plus de soixante-cinq ans au 31 décembre de l'année d'imposition, ou remplissant l'une des conditions d'invalidité mentionnées à l'article 195, peut déduire de son revenu global net une somme de : / 2 448 € si ce revenu n'excède pas 15 340 € ; / 1 224 € si ce revenu est compris entre 15 340 € et 24 690 €. () ". L'article 195 du même code prévoit que : " 1. Par dérogation aux dispositions qui précèdent, le revenu imposable des contribuables célibataires, divorcés ou veufs n'ayant pas d'enfant à leur charge, exclusive, principale ou réputée également partagée entre les parents, est divisé par 1,5 lorsque ces contribuables : () / d) Sont titulaires d'une pension d'invalidité pour accident du travail de 40 % ou au-dessus ;/ d bis). Sont titulaires de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " prévue à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles ".
7. Il résulte de l'instruction que la CAF de l'Allier a bien fait application des dispositions de l'article 157 bis du code général des impôts dans le calcul des droits à l'APL de M. C. Toutefois, dès lors que sur la période en litige, les revenus de M. C et de Mme A dépassaient le plafond de 15 340 euros, M. C n'est pas fondé à soutenir que la CAF de l'Allier a fait une application inexacte des textes dans l'examen de ses droits à l'APL.
8. En dernier lieu, si M. C lors de ses écritures, soutient que les sommes au titre de l'épargne retraite considérées à tort par la CAF de l'Allier comme des indemnités journalières devaient être déduites des revenus du couple, il n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
9. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 mai 2021 par laquelle la commission de recours amiable a refusé de faire droit à sa demande d'aide personnalisée au logement.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation de la décision du 21 mai 2021 de la CAF de l'Allier doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'indemnisation, qui en tout état de cause n'ont pas été précédées d'une demande préalable indemnitaire doivent également être rejetées ainsi que celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
11. Il n'y a pas lieu, en tout état de cause, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions reconventionnelles de la CAF de l'Allier tendant à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme symbolique d'un euro à titre de dommages et intérêts.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la caisse d'allocations familiales de l'Allier sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la caisse d'allocations familiales de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
La présidente,
S. BADER-KOZA La greffière,
E.CONSTANTIN-OUAGNE
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026