jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101559 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP LANGLAIS BAUMANN GENEVOIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 22 juillet 2021 et le 23 septembre 2021, M. B A, représenté par la SCP Langlais Brustel Ledoux, Me Langlais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 juin 2021 par laquelle la direction générale des finances publiques lui a demandé de procéder au reversement de la somme de 9 348 euros correspondant au montant de l'aide du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 perçue au titre des mois de janvier et février 2021 ;
2°) de se voir reconnaître le bénéfice de l'éligibilité à cette aide en sa qualité de créateur d'une nouvelle activité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il entend bénéficier des dispositions prévues au décret n° 2021-422 du 10 avril 2021 ;
- ce décret prévoit que le chiffre d'affaires de référence à prendre en compte pour se voir allouer l'aide du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 est le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de décembre 2020 concernant les entreprises créées entre le 1er octobre et le 31 octobre 2020 ;
- la demande de reversement est mal fondée dès lors qu'il a créé son activité de moniteur de VTT à compter du 1er octobre 2020 ;
- l'entreprise individuelle se confond avec la personnalité juridique de l'entrepreneur, de sorte que quand bien même il se serait inscrit trois fois en tant qu'entreprise individuelle et aurait été radié deux fois, l'INSEE lui attribue toujours et systématiquement le même numéro SIREN, qui est en fait lié à sa personne et aucunement à son activité ;
- dans un courrier du 30 novembre 2020, l'administration fiscale a reconnu elle-même l'existence d'une nouvelle activité professionnelle dès lors que sa précédente activité professionnelle a fait l'objet d'une radiation ;
- l'administration ne peut pas revenir sur la position qui a été la sienne ;
- il doit, en sa qualité de contribuable de bonne foi, bénéficier d'une sécurisation contre toute prise de position ultérieure de l'administration sur des points déjà examinés par elle.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 août 2021 et le 1er octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- et les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerce depuis le 1er octobre 2020 une activité de moniteur de vélo tout-terrain (VTT), a sollicité, au titre du mois de novembre 2020 et des mois de janvier et février 2021, le bénéfice de l'aide aux entreprises instituée par le décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation. Sa demande a été rejetée au titre du mois de novembre 2020. En revanche, celle concernant les mois de janvier et février 2021 a été acceptée et M. A a ainsi perçu 4 674 euros au titre de chacun de ces mois. Toutefois, à la suite de l'octroi de ces aides et après plusieurs échanges avec M. A, la direction générale des finances publiques, par une décision du 21 juin 2021, lui a demandé de procéder au reversement de la somme de 9 348 euros correspondant au montant total de l'aide du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 perçue au titre des mois de janvier et février 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision du 21 juin 2021.
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 susvisée : " Il est institué, jusqu'au 16 février 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation () ". Aux termes de l'article 3 du même texte : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ". L'article 3-1 de la même ordonnance prévoit : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret () / II. - () Les agents de la direction générale des finances publiques peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt () ".
3. L'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 susvisé prévoit que les entreprises mentionnées à l'article 1er de ce décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021. Cet article prévoit également que la perte de chiffre d'affaires est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de janvier 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini notamment comme le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020 ou le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de décembre 2020 pour les entreprises créées entre le 1er octobre 2020 et le 31 octobre 2020.
4. L'article 3-22 du décret du 30 mars 2020 susvisé prévoit que les entreprises mentionnées à l'article 1er de ce décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de février 2021. Cet article prévoit également que la perte de chiffre d'affaires est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de février 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini notamment comme le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020 ou le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de décembre 2020 pour les entreprises créées entre le 1er octobre 2020 et le 31 octobre 2020.
5. Il résulte notamment des dispositions citées aux deux points précédents que la prise en compte du chiffre d'affaires réalisé durant le mois de décembre 2020 pour le calcul de l'aide financière à percevoir au titre des mois de janvier et février 2021 est réservée aux entreprises créées entre le 1er octobre 2020 et le 31 octobre 2020.
6. Pour remettre en cause l'aide financière accordée à M. A au titre des mois de janvier et février 2021, l'administration fiscale s'est fondée sur le fait que l'entreprise créée par l'intéressé ne pouvait être regardée comme nouvellement créée au 1er octobre 2020 et que, sur la période de référence applicable à l'entreprise de M. A, soit entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020, il n'avait réalisé aucun chiffre d'affaire, de sorte qu'aucune aide ne pouvait lui être allouée au titre du fonds de solidarité institué pour faire face aux conséquences liées à l'épidémie de Covid-19.
7. En premier lieu, pour contester cette appréciation, M. A se prévaut du fait qu'il a débuté une activité de moniteur de VTT le 1er octobre 2020, de sorte que la période de référence à prendre en compte pour le calcul de l'aide dont il pouvait bénéficier est bien le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de décembre 2020. Toutefois, il est constant que M. A a créé son entreprise le 22 septembre 2008 et il n'établit pas qu'elle aurait cessé d'exister juridiquement. L'exercice d'une activité de moniteur de VTT à compter du 1er octobre 2020 ne saurait constituer une création d'entreprise à cette même date au sens et pour l'application des dispositions précitées des articles 3-19 et 3-22 du décret du 30 mars 2020. Par suite, l'administration n'a pas commis d'illégalité en considérant que le chiffre d'affaires de référence du requérant à retenir n'était pas, compte tenu de la date de création de son entreprise, le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de décembre 2020 mais celui réalisé en 2019 qui était, en l'espèce, nul.
8. En second lieu, en soutenant que dans un courrier du 30 novembre 2020, l'administration fiscale a reconnu elle-même l'existence d'une activité professionnelle, que sa précédente activité professionnelle avait fait l'objet d'une radiation, qu'elle ne peut pas revenir sur la position qui a été la sienne et qu'il doit, en sa qualité de contribuable de bonne foi, bénéficier d'une sécurisation contre toute prise de position ultérieure de l'administration sur des points déjà examinés par elle, M. A doit être regardé comme se prévalant des dispositions des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales. Toutefois, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions dès lors qu'elles sont applicables uniquement en cas de contrôle de l'impôt alors que la procédure ayant abouti à la décision litigieuse n'est pas, selon le II de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 cité au point 2 du présent jugement, une procédure de contrôle de l'impôt.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions présentées par M. A doit être rejeté, y compris celles au titre des frais liés au litige non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bentéjac, présidente,
- M. Debrion, premier conseiller,
- M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101559
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026