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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2101605

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2101605

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2101605
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juillet 2021 et des mémoires enregistrés le 30 décembre 2021 et le 14 février 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020 dans les rôles de la commune de Vendat.

Elle soutient que :

- à la suite de l'expulsion, en 2018, des anciens locataires de sa maison, elle a tenté, en vain, de louer le bien imposé ; elle a par ailleurs sollicité en vain, au titre des années 2018 et 2019, le dégrèvement des cotisations mises à sa charge ;

- elle est parent isolée avec deux enfants mineurs à charge et est bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que de la couverture maladie universelle ; elle est en outre logée par un bailleur social et n'est pas imposable depuis trois ans ;

- son bien n'a pas été mis en vente à compter d'août 2018 mais à compter de juin 2020, et il n'a été vendu qu'en novembre 2020 ;

- le bien, avant sa mise en vente, était bien destiné à la location ;

- la vacance de la maison imposée est indépendante de sa volonté dans la mesure où elle s'était engagée dans une procédure d'expulsion, qu'elle a contacté une agence immobilière dès août 2018 et qu'elle a entrepris des travaux de remise en état du bien, lesquels ont été abandonné par l'artisan en charge du chantier ;

- elle n'est pas en mesure, compte tenu de ses ressources, d'assumer financièrement les impositions mises à sa charge.

Par des mémoires en défense enregistrés le 23 décembre 2021 et le 19 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 mars 2024 :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A est propriétaire pour moitié d'un immeuble situé au 9, rue de Vozelle, à Vendat (03110) à raison duquel elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020. Contestant le bien-fondé de cette imposition, Mme A en a sollicité le dégrèvement par des plusieurs réclamations, notamment en date du 12 octobre 2018, du 7 octobre 2020, du 29 mars 2021. Un refus lui ayant notamment été opposé le 18 juin 2021, la requérante doit être regardée comme en sollicitant, dans la présente instance, la décharge.

2. Aux termes du I. de l'article 1389 du code général des impôts : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. ".

3. Il résulte de ces dispositions que si la vacance d'une maison normalement destinée à la location peut ouvrir droit au dégrèvement qu'elles prévoient, c'est notamment à la condition que cette vacance soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère contraignant de la vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin. La seule circonstance qu'un bien demeurant effectivement proposé à la location soit mis en vente n'est pas de nature à priver le contribuable du bénéfice du dégrèvement prévu au I de l'article 1389 du code général des impôts.

4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties.

5. Il est constant que la vacance du bien imposé est supérieure à trois mois consécutifs. Toutefois, si Mme A expose, d'une part, qu'elle a été contrainte d'engager des travaux de remise en état de son bien postérieurement à l'expulsion de ses anciens locataires, les pièces qu'elle produit ne sont pas de nature à établir que le logement était impropre à raison de son état d'entretien, au point d'en empêcher la location. D'autre part, s'il résulte de l'instruction que Mme A a conclu un mandat de gestion avec l'agence " Citya Vichy Immobilier " afin de mettre son bien en location à partir d'août 2019, cette seule circonstance ne saurait être de nature à établir que Mme A a accompli toutes les diligences nécessaires pour mettre son bien en location, notamment en cherchant à louer son bien d'une autre manière dès le début de sa vacance. Enfin, en se prévalant de la " malhonnêteté " d'un des artisans en charge des travaux de remise en état, laquelle aurait empêché l'achèvement de ces derniers et aurait rendu la " maison impropre à la location durant 14 mois ", la requérante, qui n'établit pas l'importance des travaux en cause, n'établit pas davantage que la vacance de son bien résulterait d'une circonstance indépendance de sa volonté. Par suite et alors qu'il n'est au demeurant pas contesté que, d'une part, sa maison a été mise à la vente au cours de l'année 2020 et d'autre part, que Mme A n'a pas parallèlement à cette mise en vente, poursuivi de démarches pour trouver de nouveaux locataires, cette dernière n'est pas fondée à demander le bénéfice du dégrèvement prévu au I. de l'article 1389 du code général des impôts au titre des années en litige.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge des impositions en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.

La présidente,

S. C Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR

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