jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101939 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CAURO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement le 16 septembre 2021, le 5 septembre 2022 et le 24 octobre 2022, et un mémoire, enregistré le 3 novembre 2022, qui n'a pas été communiqué, M. C A, Mme D A et M. B A, représentés par Me Cauro, demandent au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération Vichy communauté à leur verser une somme de 115 000 euros en réparation de la perte de valeur vénale de leur parcelle cadastrée section AB n° 676 consécutive à son changement de zonage ;
2°) de condamner la communauté d'agglomération Vichy communauté à leur verser une somme de 1 078,51 euros en réparation du préjudice lié aux frais d'assainissement dont ils ont dû s'acquitter ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Vichy communauté une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- ils se retrouvent propriétaires de la parcelle cadastrée section AB n° 676 qui n'est plus constructible depuis l'approbation de la révision du plan local d'urbanisme le 26 septembre 2019 ;
- il en résulte pour eux une charge spéciale et exorbitante hors de proportion avec l'objectif d'intérêt général poursuivi ;
- le prix du mètre carré en terre agricole est moindre que celui du mètre carré en terre constructible ;
- les contraintes liées à l'installation d'une activité agricole rendent peu probable une telle installation sur la parcelle cadastrée section AB n° 676 qui est entourée d'immeubles d'habitation individuels ;
- la perte de valeur vénale est incontestable dès lors que si elle était restée constructible, leur parcelle vaudrait entre 110 000 et 120 000 euros selon une première estimation et entre 115 000 et 125 000 euros selon une seconde estimation alors que classée en terre agricole, son prix oscille désormais entre 5 500 et 6 000 euros ;
- ils peuvent donc prétendre à une somme de 115 000 euros en réparation de la perte de la valeur vénale de leur terrain ainsi qu'à une somme de 1 078,51 euros au titre des frais d'assainissement qui leur ont été réclamés par Vichy communauté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2022, la communauté d'agglomération Vichy communauté, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Maisonneuve, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les consorts A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- les observations de Me Cauro, avocate des consorts A,
- et les observations de Me Roy, substituant Me Maisonneuve, avocate de la communauté d'agglomération Vichy communauté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, Mme D A et M. B A sont les propriétaires indivis de la parcelle cadastrée section AB n° 676 située sur le territoire de la commune de Cusset (Allier). Depuis la révision du plan local d'urbanisme de cette commune le 26 septembre 2019, cette parcelle est désormais classée en zone agricole. Par la présente requête, les consorts A demandent au tribunal de condamner la communauté d'agglomération Vichy communauté, qui détient la compétence " plan local d'urbanisme " depuis le 1er janvier 2017, à leur verser, d'une part, une somme de 115 000 euros en réparation de la perte de valeur vénale de leur parcelle cadastrée section AB n° 676 consécutive à son changement de zonage, d'autre part, une somme de 1 078,51 euros en réparation du préjudice lié aux frais d'assainissement dont ils ont dû s'acquitter.
2. Aux termes de l'article L. 105-1 du code de l'urbanisme : " N'ouvrent droit à aucune indemnité les servitudes instituées par application du présent code en matière de voirie, d'hygiène et d'esthétique ou pour d'autres objets et concernant, notamment, l'utilisation du sol, la hauteur des constructions, la proportion des surfaces bâties et non bâties dans chaque propriété, l'interdiction de construire dans certaines zones et en bordure de certaines voies, la répartition des immeubles entre diverses zones./ Toutefois, une indemnité est due s'il résulte de ces servitudes une atteinte à des droits acquis ou une modification à l'état antérieur des lieux déterminant un dommage direct, matériel et certain. Cette indemnité, à défaut d'accord amiable, est fixée par le tribunal administratif, qui tient compte de la plus-value donnée aux immeubles par la réalisation du plan local d'urbanisme approuvé ou du document en tenant lieu ". Ces dispositions instituent un régime spécial d'indemnisation exclusif de l'application du régime de droit commun de la responsabilité sans faute de l'administration pour rupture de l'égalité devant les charges publiques. Elles ne font toutefois pas obstacle à ce que le propriétaire dont le bien est frappé d'une servitude prétende à une indemnisation dans le cas exceptionnel où il résulte de l'ensemble des conditions et circonstances dans lesquelles la servitude a été instituée et mise en œuvre, ainsi que de son contenu, que ce propriétaire supporte une charge spéciale et exorbitante, hors de proportion avec l'objectif d'intérêt général poursuivi.
3. De première part, le classement, avant la révision du plan local d'urbanisme, de la parcelle cadastrée AB n° 676 en zone urbaine constructible, n'a pas créé, par lui-même, un droit au maintien de ce classement, peu importe que les consorts A aient obtenu le 10 octobre 2017 un certificat d'urbanisme indiquant réalisable l'opération de construction d'une maison à usage d'habitation de 350 m2 sur la zone UDc de cette parcelle.
4. De deuxième part, le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée AB n° 676 n'a entraîné, par lui-même, aucune modification de l'état antérieur des lieux dès lors, notamment, que cette parcelle ne supportait aucune construction avant ce changement.
5. De troisième part, les requérants sont devenus propriétaires de la parcelle cadastrée AB n° 676 par acte de donation et ne justifient pas d'un projet de vente de cette parcelle le 26 septembre 2019, date à laquelle le plan local d'urbanisme de Cusset a été révisé et a notamment classé cette parcelle en zone agricole. En outre, il résulte de l'instruction que le projet d'aménagement et de développement durables fixe notamment comme objectif de préserver les terres agricoles situées aux franges de l'enveloppe urbaine, en lien avec la réflexion sur le renforcement d'une agriculture de proximité et la promotion des circuits locaux. Enfin, s'il résulte de l'instruction que des constructions se trouvent de part et d'autre de la parcelle AB n° 676, il résulte également de l'instruction que la parcelle des requérants se trouve au cœur d'un vaste espace classé en zone agricole depuis la révision du plan local d'urbanisme et que le classement dans cette zone n'interdit pas les constructions nouvelles mais subordonne seulement leur édification à l'exercice d'une activité agricole ou à la non-compromission à l'exercice d'une telle activité. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas supporter une charge spéciale et exorbitante, hors de proportion avec l'objectif d'intérêt général poursuivi et ne sont, par suite, pas fondés à rechercher l'engagement de la responsabilité sans faute de la communauté d'agglomération de Vichy communauté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions présentées par les consorts A doivent être rejetées, y compris celles relatives aux frais compris et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à leur charge au profit de l'établissement public de coopération intercommunale défendeur une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et autres est rejetée.
Article 2 : Les consorts A verseront à la communauté d'agglomération Vichy communauté une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, représentant désigné pour l'ensemble des requérants, et à la communauté d'agglomération Vichy communauté.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101939
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026