jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2102003 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | BAUCOMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2021 et un mémoire enregistré le 29 mars 2022, M. B A, représenté par Me Baucomont, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020 dans les rôles de la commune de Néris-les-Bains ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que l'administration fiscale n'a pas procédé à une exonération des cotisations litigieuses dans la mesure où il répond aux conditions posées par l'article 1389 du code général des impôts, par la doctrine du bulletin officiel des finances publiques, publiée sous la référence BOI-IF-TFB50-20-30 et, par plusieurs décisions du Conseil d'Etat, s'agissant de la possibilité d'exonération à raison de locaux délabrés ; qu'en particulier, l'immeuble imposé a été touché par deux sinistres, lesquels ont rendu le bien inutilisable ; que le coût des travaux permettant de remédier aux dégâts des eaux est trop élevé pour qu'il puisse avancer les sommes nécessaires ; que cette situation constitue ainsi un cas de force majeure devant donner lieu à exonération ;
- la direction départementale des finances publiques de l'Allier a commis une erreur de fait, une erreur de qualification juridique des faits ainsi qu'une erreur de droit en refusant de procéder à une exonération des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années en litige dès lors qu'elle s'est fondée sur une interprétation erronée de l'article 1389 du code général des impôts ; qu'en particulier, cet article ne conditionne pas l'obtention d'un dégrèvement à la double-condition que l'immeuble ait été offert à la location et ait été antérieurement exploité ; qu'en outre, il a été retenu à tort que la circonstance que la vacance de l'immeuble soit indépendante de la volonté du contribuable est sans incidence sur l'obtention d'un dégrèvement ;
- il ne saurait lui être reproché un quelconque comportement dilatoire quant au traitement des sinistres survenus en 2018 et 2019 dès lors que le gérant de l'établissement jouxtant l'immeuble imposé nie sa responsabilité dans la survenance des dits sinistres et que l'assureur de l'immeuble litigieux conteste la prise en charge des dégâts causés par le gel sur la partie haute dudit immeuble ; de surcroît, il ne saurait lui être reproché non plus d'avoir acquis sciemment un immeuble en mauvais état et d'invoquer le coût des travaux à entreprendre pour espérer l'obtention d'un dégrèvement ;
- s'il ne conteste pas le fait que l'immeuble imposé a fait l'objet d'une déclaration H, souscrite le 25 mai 2018, laquelle a entraîné un changement d'affectation en habitation, ce dernier ne concernait que le rez-de-chaussée et le premier étage de l'immeuble, qui comporte cinq niveaux ; que les trois niveaux restants étaient destinés à être exploités à usage commercial ou industriel et que, par conséquent, l'ensemble de l'immeuble ne saurait être appréhendé comme une " maison destinée à la location " ;
- il est bien le propriétaire de l'immeuble imposé, qui n'a pas été donné en exploitation dès lors que le bien était destiné, avant que les sinistres ne surviennent, à être exploité à des fins personnelles par la mise à disposition de chambres d'hôtes ;
- l'immeuble imposé n'est pas vétuste, mais endommagé par les différents sinistres qui l'ont touché ; dès lors, il ne saurait lui être reproché de n'avoir pas pris soin d'un bien vétuste ;
- en émettant à son encontre, de manière inopinée et infondée, des saisies administratives à tiers détenteur, la direction départementale des finances publiques de l'Allier lui a causé un préjudice dans la mesure où les montants saisis constituent autant de sommes qui ne pourront être utilisées aux fins de budgétiser certains travaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier et 11 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 mars 2024 :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a acquis, en 2016, un immeuble inexploité situé au 30, avenue Reigner, à Néris-les-Bains (03310), à raison duquel il a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020. Estimant que l'immeuble était vacant pour des raisons indépendantes de sa volonté, M. A a sollicité le dégrèvement des impositions par une réclamation du 14 juin 2021. Un refus lui ayant été opposé par une décision du 29 juillet 2021, le requérant doit être regardé comme sollicitant, dans la présente instance, la décharge desdites impositions.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes du I. de l'article 1389 du code général des impôts : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. ".
3. Il résulte de ces dispositions que le dégrèvement qu'elles prévoient est subordonné à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location ou l'inexploitation de l'immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le respect de cette condition exige, en principe, que le contribuable exploite lui-même l'établissement avant l'interruption de l'exploitation. Toutefois, lorsqu'un contribuable achète un immeuble dont l'exploitation à des fins industrielles ou commerciales est interrompue du fait de circonstances indépendantes de sa volonté, il peut prétendre à l'exonération prévue par ces dispositions s'il résulte de l'instruction qu'il a acquis cet immeuble en vue l'exploiter lui-même à des fins industrielles et commerciales. En outre, le dégrèvement prévu par ces dispositions, en cas d'habitation vacante, est également subordonné à la condition que ce bâtiment ait été normalement destiné à la location.
4. Il est constant que M. A a acquis en 2016 un immeuble inexploité de cinq étages lequel était destiné à un usage commercial ou industriel, sis 30, avenue Reigner, à Néris-les-Bains. Le 25 mai 2018, il a souscrit une déclaration H, laquelle a entraîné un changement d'affectation de l'immeuble en habitation. A ce titre, le requérant soutient, sans être contredit, que ce changement ne concerne que le rez-de-chaussée et le premier étage dudit immeuble, parties qu'il occupait personnellement à titre d'habitation. En revanche, si le requérant soutient que les trois autres niveaux restants avaient quant à eux vocation, avant que des sinistres ne surviennent et sous réserve de la réalisation d'importants travaux, à être utilisés à des fins commerciales et industrielles, en tant que chambres d'hôtes, il ne l'établit pas. Il résulte ainsi de l'instruction que la partie de l'immeuble composée de son rez-de-chaussée et de son premier étage, qui a été utilisée à usage d'habitation ne constitue pas une maison normalement destinée à la location, au sens de l'article 1389 du code général des impôts. L'autre partie, composée des trois autres étages supérieurs, destinée à un usage commercial et industriel, ne peut quant à elle être regardée comme étant utilisé par M. A à un usage industriel et commercial au sens de l'article 1389 du code général des impôts dès lors qu'il n'établit pas qu'il aurait acquis les locaux litigieux dans l'intention de les exploiter à cette fin. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que cette partie de l'immeuble litigieux n'a pas connue la moindre exploitation postérieurement à son acquisition par le requérant en 2016. Il s'en suit que l'une des conditions prévues par les dispositions précitées de l'article 1389 du code général des impôts n'est pas remplie.
5. En second lieu, M. A ne peut davantage obtenir les dégrèvements sollicités en se bornant à contester les arguments énoncés en défense, à mettre en cause la décision du 29 juillet 2021 portant rejet de sa réclamation et à se prévaloir d'un préjudice né de l'émission à son encontre de plusieurs saisies administratives à tiers détenteur.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La présidente,
S. C Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026