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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2102145

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2102145

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2102145
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza
Avocat requérantCABINET FIDAL BRIVE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 octobre 2021 et le 12 janvier 2023 sous le n° 2102145, la société par actions simplifiées unipersonnelle Guillot énergie, représentée par Me Coudert, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 pour un montant de 27 788 euros dans les rôles de la commune de Malicorne ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sur les 19 850 m² de parties principales du site, seuls 6 993 m² sont affectés au stockage du bois, le reste étant constitué de voies d'accès permettant aux engins de circuler entre les espaces de stockage ; seuls les espaces de stockage sont indispensables à l'activité exercée ;

- les voies d'accès doivent être pondérées pour le calcul de la valeur locative du site ; la valeur locative, sans pondération, apparait disproportionnée par rapport au marché locatif ;

- la surface pondérée doit être évaluée à 11 950 m², soit une valeur locative non neutralisée à 182 835 euros et neutralisée de 62 980 euros ;

- le dispositif de planchonnement et de lissage doit être appliqué pour atténuer l'augmentation de la valeur locative dès lors que l'établissement existait dès 2016.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 mars 2022 et le 8 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 15 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mars 2023.

II- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 janvier 2022 et le 12 janvier 2023 sous le n° 2200020, la société par actions simplifiées unipersonnelle Guillot énergie, représentée par Me Coudert, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 pour un montant de 27 175 euros dans les rôles de la commune de Malicorne ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sur les 19 850 m² de parties principales du site, seuls 6 993 m² sont affectés au stockage du bois, le reste étant constitué de voies d'accès permettant aux engins de circuler entre les espaces de stockage ; seuls les espaces de stockage sont indispensables à l'activité exercée ;

- les voies d'accès doivent être pondérées pour le calcul de la valeur locative du site ; la valeur locative, sans pondération, apparaît disproportionnée par rapport au marché locatif ;

- la surface pondérée doit être évaluée à 11 950 m², soit une valeur locative non neutralisée à 182 835 euros et neutralisée de 62 980 euros ;

- le dispositif de planchonnement et de lissage doit être appliqué pour atténuer l'augmentation de la valeur locative dès lors que l'établissement existait dès 2016.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 avril 2022 et le 8 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 15 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mars 2023.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La société Guillot énergie est propriétaire d'une plateforme de stockage à ciel ouvert de bois et autres biomasses sur le territoire de la commune de Malicorne (Allier). Par les présentes requêtes n° 2102145 et n° 2200020, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, la société requérante demande la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. / B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène. () 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. () / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. () ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. () Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. ". Il résulte de ces dispositions que, pour le calcul de la valeur locative d'une propriété bâtie relevant de l'article 1498 du code général des impôts, les coefficients de pondération de superficie mentionnés à l'article 324 Z de l'annexe III précité ne sont pas applicables aux surfaces utilisées pour une activité correspondant à l'affectation principale de ce local, appréciée au regard de la catégorie dans laquelle il est classé.

3. Il résulte de l'instruction que pour déterminer la surface pondérée du site en litige, servant dans le calcul de la valeur locative de ce site, l'administration a considéré qu'hormis le chalet et l'aire de stationnement, l'ensemble de la surface du site en litige participe de l'exploitation de la plateforme de stockage et qu'ainsi, les voies d'accès et de circulation ne devaient pas faire l'objet d'une pondération différente. Si la société Guillot énergie fait valoir que la partie de son site réservée à la circulation doit être classée en catégorie P3 et alors être affectée d'un coefficient de pondération de 0,2, il résulte toutefois de l'instruction que ces accès et voies de circulations, constitués des espaces entre les tas de matériaux stockés, ne sont pas clairement matérialisés et en tout état de cause, leur surface n'est pas non plus établie avec certitude. Par ailleurs, eu égard à l'activité du site en litige, et dès lors que ces voies permettent l'accès aux matériaux stockés, cette surface constitue un élément directement nécessaire à l'exploitation de la plateforme de stockage et est ainsi utilisée pour une activité correspondant à l'affectation principale du site en litige. Dans ces conditions, la société requérante ne peut bénéficier de la pondération sollicitée pour ces voies d'accès et de circulation.

4. En second lieu, l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010, codifié à l'article 1498 du code général des impôts, qui procède à la révision des valeurs locatives des locaux commerciaux ou à usage professionnel, prévoit que la valeur locative de ces locaux est calculée en appliquant, au local à évaluer, le tarif arrêté par la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels, au vu de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, pour chaque nature et destination de local et compte tenu de son implantation dans chaque commune, cette valeur étant ensuite corrigée par l'application de mécanismes correctifs dits de neutralisation et de planchonnement, codifiés à l'article 1518 A quinquies du code général des impôts et destinés à atténuer les écarts d'évaluation, à la hausse comme à la baisse, entre la valeur locative nouvellement déterminée et la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017, déterminée selon les règles applicables jusqu'en 2016, du local à évaluer. Un mécanisme de lissage est également prévu à l'article 1518 E du code général des impôts, sous la forme d'exonérations partielles ou de majorations des impositions établies à compter de l'année 2017.

5. Si la société Guillot énergie a demandé à bénéficier des dispositifs transitoires de planchonnement prévu par l'article 1518 A quinquies III du code général des impôts et de lissage prévu par l'article 1518 E du même code, il résulte toutefois des dispositions précitées de l'article 1498 du code général des impôts et des principes rappelés au point précédent que ces dispositifs transitoires se bornent à avoir pour effet d'atténuer les écarts d'évaluation entre la valeur locative, servant de base de détermination de la taxe foncière sur les propriétés bâties, nouvellement déterminée et la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017. Dans ces conditions, alors qu'il est constant que jusqu'en 2019, le terrain en litige était imposé à la taxe foncière sur les propriétés non bâties et non à la taxe foncière sur les propriétés bâties, la société requérante ne saurait utilement se prévaloir de tels dispositifs.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la société Guillot énergie aux fins de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Malicorne, doivent être rejetées. Le rejet des conclusions aux fins de décharge entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2102145 et 2200020 de la société Guillot énergie sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiées unipersonnelle Guillot énergie et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2102145, 2200020JC

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