vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2102247 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | SCP SOUTHON & AMET-DUSSAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2021, Mme B A, représentée par la SCP Bernard Southon-Anne Amet-Dussap, Me Amet-Dussap, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle le directeur des ressources humaines du centre hospitalier Montluçon-Néris-les-Bains a rejeté sa demande de réexamen de ses droits au versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier Montluçon-Néris-les-Bains de lui octroyer le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi à compter de son 122ème jour de chômage ;
3°) de condamner le centre hospitalier Montluçon-Néris-les-Bains à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier Montluçon-Néris-les-Bains la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que les dispositions appliquées par le centre hospitalier ne sont pas les bonnes ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le paragraphe 1er de l'accord d'application n°12 ne trouvait pas à s'appliquer, ce dernier ayant été abrogé ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle justifie avoir candidaté auprès de plusieurs employeurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, le centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains, représenté par la SELARL Houdart et associés, Me Lesné, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- M. C bénéficiait d'une délégation de signature pour signer la décision en litige ;
- les dispositions du paragraphe 1 de l'accord n°12 du 14 avril 2017, reprises à l'article 46 bis du règlement d'assurance chômage annexé au décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 sont applicables à la requérante ; à supposer que la base légale de la décision soit erronée, il sollicite une substitution de base légale ;
- Mme A ne justifie pas réaliser une recherche suffisamment active d'emploi ;
- les conclusions indemnitaires présentées par la requérante sont irrecevables, faute d'avoir été précédées d'une demande préalable en ce sens.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 et le règlement d'assurance chômage qui y est annexé ;
- la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage et le règlement général qui y est annexé ;
- l'accord d'application n° 12 du 14 avril 2017 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a exercé les fonctions d'agent des services hospitaliers contractuelle au sein du centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains du 17 avril 2020 au 31 décembre 2020, date d'échéance de son contrat de travail à durée déterminée, qu'elle n'a pas souhaité renouveler. Par décision du 25 février 2021, le directeur des ressources humaines dudit centre hospitalier a rejeté sa demande tendant au bénéfice de l'aide au retour à l'emploi dès lors que sa perte d'emploi était volontaire. Le 28 avril 2021, soit à l'issue du délai de carence de 121 jours, Mme A a présenté auprès de la même autorité une demande de réexamen de ses droits à l'aide au retour à l'emploi. Par décision du 8 juin 2021, sa demande a été rejetée. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de cette décision, ensemble celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 15 juillet 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à l'annulation d'une décision de refus d'un employeur public de verser à l'un de ses anciens agents l'allocation d'aide au retour à l'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
3. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision en litige et de ce que la décision en litige est entachée d'erreur de droit dès lors que les dispositions sur la base desquelles elle a été édictée, et visées en son sein, sont erronées, sont inopérants et doivent par suite être écartés.
4. En second lieu, aux termes de l'article 46 bis du règlement d'assurance-chômage annexé au décret susvisé n° 2019-797 du 26 juillet 2019 : " § 1 - Cas de départ volontaire d'un emploi précédemment occupé / Une ouverture de droit aux allocations ou un rechargement ou une reprise des droits peut être accordé au salarié qui a quitté volontairement son emploi ou au salarié démissionnaire en cessation d'inscription comme demandeur d'emploi au moment du contrôle prévu au II de l'article L. 5426-1-2 du code du travail, et dont l'état de chômage se prolonge contre sa volonté, sous réserve que les conditions suivantes soient réunies : / a) L'intéressé doit avoir quitté l'emploi au titre duquel les allocations lui ont été refusées, depuis au moins 121 jours ou, lorsqu'il s'agit d'une demande de rechargement des droits au titre de l'article 28, avoir épuisé ses droits depuis au moins 121 jours ; / b) Il doit remplir toutes les conditions auxquelles est subordonnée l'ouverture d'une période d'indemnisation, à l'exception de celle prévue au e de l'article 4 ; / c) Il doit apporter des éléments attestant ses recherches actives d'emploi, ainsi que ses éventuelles reprises d'emploi de courte durée et ses démarches pour entreprendre des actions de formation. / Le point de départ du versement des allocations ou de la reprise des droits ainsi accordées est fixé au 122e jour suivant : - la fin de contrat de travail au titre de laquelle les allocations ont été refusées en application du e de l'article 4, sous réserve que celle-ci ne soit pas antérieure à la date de l'inscription comme demandeur d'emploi ou, le cas échéant, du premier jour du mois au cours duquel la demande a été déposée ; - la date d'épuisement des droits, lorsqu'il s'agit d'une demande de rechargement au titre de l'article 28. / Le délai de 121 jours est allongé des périodes indemnisées au titre des indemnités journalières de sécurité sociale d'une durée au moins égale à 21 jours consécutifs. Le point de départ du versement des allocations ou de la reprise des droits est décalé du nombre de jours correspondant et ne peut être antérieur à la date de l'inscription comme demandeur d'emploi ou, le cas échéant, du premier jour du mois au cours duquel la demande a été déposée. / L'examen de cette situation est effectué à la demande de l'intéressé. () ".
5. Et aux termes de l'article 5 du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage, dans sa version applicable au litige : " () III. - Les dispositions de l'annexe A du présent décret sont applicables aux travailleurs privés d'emploi dont la fin de contrat de travail est intervenue à compter du 1er novembre 2019, sous réserve des dispositions suivantes : () Pour les travailleurs privés d'emploi dont la fin de contrat de travail intervient entre le 1er novembre 2019 et le 30 juin 2021 ou ayant fait l'objet d'une procédure de licenciement engagée dans cet intervalle, restent applicables : () - le paragraphe 7 de l'accord d'application n° 1, les accords d'application n° 5 et n° 6, le paragraphe 2 de l'accord d'application n° 12 et le paragraphe 2 de l'accord d'application n° 18 annexés à ce règlement général ; () ".
6. Mme A soutient que la décision en litige est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que, contrairement à ce qui est retenu par l'administration, elle a effectué de nombreuses démarches pour trouver un emploi. A l'appui de ses allégations, Mme A produit un tableau, réalisé par ses soins, des demandes d'emploi qu'elle aurait effectuées à des dates non précisées auprès de dix employeurs, qui soit auraient rejeté sa demande, soit ne lui auraient pas répondu. Elle produit également un courrier du 14 avril 2021, un courriel du 15 avril 2021 et un courrier du même jour de rejet de ses candidatures. Toutefois, alors que le contrat de Mme A s'est terminé le 30 décembre 2020 et que la période de 121 jours de carence prévue par l'article 46 bis précité de l'annexe au décret du 26 juillet 2019 échouait le 1er mai 2021, ces seuls éléments ne sauraient justifier de ses recherches actives de recherche d'emploi sur l'ensemble de cette période. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a rejeté sa demande de versement de l'aide au retour à l'emploi.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation, entraine, par voie de conséquence, celui des conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Alors qu'en tout état de cause, Mme A ne justifie pas avoir adressé au centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains de demande indemnitaire préalable de nature à lier le contentieux au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, eu égard à ce qui précède, la requérante ne démontre aucune illégalité fautive de nature à lui ouvrir droit à réparation des préjudices qu'elle invoque. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. D'une part, la présente instance ne comportant aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
10. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier verse une quelconque somme à Mme A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La présidente,
S. D Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026