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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2102658

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2102658

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2102658
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza
Avocat requérantNGAMENI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2021, régularisée le 31 décembre 2021, et un mémoire, enregistré le 22 février 2022, M. B A, représenté par Me Ngameni, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 29 septembre 2021 par laquelle le directeur de l'agence de Pôle emploi Issoire a rejeté sa demande tendant à son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 1er décembre 2019 ;

2°) d'enjoindre à Pôle emploi de lui verser de façon rétroactive l'allocation de solidarité spécifique pour la période du 1er décembre 2019 au 31 mai 2021, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de Pôle emploi la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que les dépens de l'instance.

Il soutient que :

- la décision en litige est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'erreur manifestation dès lors qu'elle ne comporte qu'une analyse partielle de sa situation ; il n'a pas pu faire les démarches pour demander son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi en raison de son état de santé et de la circonstance qu'il ne disposait ni d'un ordinateur, ni de connexion téléphonique ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article R. 5411-2 du code du travail alors que les conditions de versement, de renouvellement et de prolongation de l'allocation de solidarité spécifique sont régies par les articles R. 5423-7 à R. 5423-14 du code du travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 juin 2023, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi entre le 5 février 2010 et le 30 novembre 2020, et a bénéficié de l'allocation de solidarité spécifique jusqu'au 31 décembre 2019, faute de renouvellement de son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi et de réponse aux questionnaires de renouvellement de l'allocation de solidarité spécifique. Le 31 mai 2021, M. A s'est réinscrit sur la liste des demandeurs d'emploi et a sollicité une inscription rétroactive au 1er décembre 2019. Par une décision du 29 septembre 2021, le directeur de l'agence de Pôle emploi d'Issoire a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, qui relève des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

3. Il résulte des principes rappelés au point précédent que M. A ne peut utilement soutenir que la décision en litige est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ni d'un défaut de motivation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi. ". Et aux termes de l'article R. 5411-2 de ce code : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de Pôle emploi. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. / A défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de Pôle emploi, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de Pôle emploi. () ".

5. Hormis les cas où l'exécution d'une décision prononçant l'annulation pour excès de pouvoir de la décision portant radiation ou cessation d'inscription d'un travailleur de la liste des demandeurs d'emploi ou le retrait par l'autorité administrative d'une telle décision impliquerait nécessairement la réinscription de l'intéressé, les dispositions susvisées du code du travail, qui soumettent le travailleur inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par Pôle emploi à des obligations telles que, notamment, le renouvellement de la demande d'inscription, l'acceptation d'emploi ou d'action de formation proposés, ou la réponse à des convocations, font obstacle à ce que cette inscription ait un caractère rétroactif.

6. Pour demander son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 1er décembre 2019, M. A fait valoir qu'il a eu des problèmes de santé ainsi que des problèmes de connexion internet et téléphonique l'ayant empêché de faire ses déclarations auprès de Pôle emploi. Il résulte toutefois des principes rappelés au point précédent que le requérant ne peut utilement se prévaloir de ces circonstances dès lors que l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi n'a pas d'effet rétroactif et qu'il n'établit pas avoir déposé une demande antérieurement à la date du 31 mai 2021. Par conséquent, le directeur de l'agence Pôle emploi d'Issoire n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code du travail en refusant de faire droit à sa demande.

7. En dernier lieu, dès lors que la décision en litige porte sur son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi et non sur l'attribution de l'allocation de solidarité spécifique, M. A ne peut utilement soutenir que la décision en litige est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle se fonde sur les dispositions relatives aux modalités générales d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi et non pas sur celles liées au versement, de renouvellement et de prolongation de l'allocation de solidarité spécifique.

8. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en date du 29 septembre 2021 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi d'Issoire a refusé son inscription à titre rétroactif sur la liste des demandeurs d'emploi. Par voie de conséquence, et en tout état de cause, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.

La présidente,

S. C La greffière,

E. CONSTANTIN-OUAGNE

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC

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