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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2102805

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2102805

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2102805
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCAP-AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 10 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Presle, doit être regardé comme demandant au tribunal administratif :

1°) d'annuler de la décision du 10 novembre 2017 du directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) François Grèze en tant qu'elle fixe la date de consolidation de son état de santé au 19 septembre 2017 et non au 31 août 2018, à la suite d'un accident du travail survenu le 12 juillet 2017 ;

2°) en conséquence, d'enjoindre au directeur de l'EHPAD François Grèze de lui verser les indemnités qui lui sont dues au titre de l'accident du travail des arrêts entre le 19 septembre 2017 et le 31 août 2018, ainsi que les primes et le remboursement de tous les frais engagés du fait de l'accident de service ;

3°) à titre subsidiaire, de désigner un expert médical afin de l'examiner, de déterminer quels arrêts de travail sont en rapport avec l'accident de service, d'indiquer la date de guérison et de fixer son taux d'incapacité permanente partielle en lien avec cet accident ;

4°) de mettre à la charge de l'EHPAD François Grèze la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2023, l'EHPAD François Grèze conclut à l'irrecevabilité de la requête pour tardiveté et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 100 euros au titre des frais d'instance ainsi que les dépens.

Par une ordonnance du 17 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jaffré, première conseillère, pour statuer en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification () de la décision attaquée. ". L'article R. 421-5 dudit code ajoute que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Lorsque l'administration oppose à un justiciable une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant un tribunal administratif à l'encontre d'une décision, il lui incombe d'établir que l'intéressé a reçu notification régulière de cette décision. En outre, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 10 novembre 2017 portant sur l'accident de service de M. A, aide-soignant, et fixant notamment la consolidation de son état de santé au 19 septembre 2017 a été notifiée à l'intéressé. Dès lors, en l'absence de preuve de l'information de M. A sur les voies et les délais de recours à l'encontre de la décision en litige, le délai de recours de deux mois ne peut lui être opposé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'ordonnance n° 1900724 du juge des référés du présent tribunal en date du 3 septembre 2019, versée au dossier, que par une requête enregistrée le 11 avril 2019 et complétée d'un mémoire en réplique du 26 août 2019, M. A a demandé au juge des référés du présent tribunal de prescrire une expertise médicale dans le cadre de la survenance de l'accident de travail du 12 juillet 2017. Il résulte des visas de cette ordonnance que le requérant avait à la date du 26 août 2019, au plus tard, connaissance de la décision en litige du 10 novembre 2017 et de son contenu. Par suite, la présente requête sollicitant l'annulation de cette même décision, enregistrée le 10 décembre 2021, soit plus de deux ans après, est tardive, et dès lors irrecevable.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions à fin de condamnation, celle présentées à titre subsidiaire ainsi que de celles relatives aux frais d'instance doivent également être rejetées.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 100 euros au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera une somme de 100 euros à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes François Grèze au titre des frais d'instance.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes François Grèze.

Fait à Clermont-Ferrand, le 21 octobre 2024.

La magistrate désignée,

M. JAFFRÉ

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2102805

AC

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