jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2102830 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 décembre 2021 et un mémoire complémentaire enregistré le 13 mai 2022, Mme B A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Thiers.
Elle soutient que :
- la maison objet des impositions litigieuses, laquelle était destinée à la location, est vacante depuis le 31 janvier 2020 et n'a pas pu être proposée à nouveau à la location en raison de son état ; en conséquence, elle a été proposée à la vente ;
- le bien imposé est destiné à la location mais son état de vétusté ne permet pas de le relouer ; il s'agit d'un bien vacant au sens de l'article 232 du code général des impôts et sa vacance est indépendante de sa volonté ; elle ne peut l'habiter ni en tirer profit ;
- elle est fondée à obtenir le dégrèvement des impositions mises à sa charge en application de l'article 1389 du code général des impôts dès lors que son bien est " totalement improductif, inhabitable en l'état et problématique à la vente dans un secteur où les transactions sont difficiles " ;
- la différence de traitement opérée par l'administration fiscale, tirée de ce que le dégrèvement est subordonné à la condition que la vacance soit indépendante de la volonté du contribuable, conduit à une rupture d'égalité entre les différents contribuables placés dans une situation identique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 avril 2022 et le 18 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 mars 2024 :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est usufruitière d'un immeuble situé au 17, avenue Etienne Guillemin à Thiers (63330), à raison duquel elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021. Contestant le bien-fondé de ces impositions au motif que l'immeuble imposé est vacant depuis le 31 janvier 2020, Mme A en a sollicité le dégrèvement par une réclamation du 7 octobre 2021. Un refus lui ayant été opposé par une décision du 29 octobre 2021, la requérante en sollicite, dans la présente instance, la décharge.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes du I de l'article 1389 du code général des impôts : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. ".
3. Il résulte de ces dispositions que si l'inexploitation d'un immeuble peut ouvrir droit au dégrèvement qu'elles prévoient, c'est notamment à la condition que la vacance du bien normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère contraignant de la vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin. La seule circonstance qu'un bien demeurant effectivement proposé à la location soit mis en vente n'est pas de nature à priver le contribuable du bénéfice du dégrèvement prévu au I de l'article 1389 du code général des impôts.
4. D'autre part, aux termes de l'article 1415 du même code dans sa version applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".
5. Il résulte de l'instruction que l'appartement au titre duquel la requérante a été assujettie à la taxe foncière, a cessé d'être loué à compter du 31 janvier 2020. Toutefois, Mme A, qui se borne à faire valoir que le bien litigieux est " improductif, inhabitable [et] problématique à la vente " et qu'il serait resté destiné à la location, ne démontre pas avoir réalisé les démarches adéquates en vue de trouver un nouveau locataire, de sorte que la vacance dudit bien résulterait d'une circonstance indépendante de sa volonté pour les années en litige. Il résulte d'ailleurs des pièces du dossier que le bien litigieux est destiné à la vente depuis le 26 février 2020 et, qu'à ce titre, Mme A a conclu un mandat de vente de sa maison, pour une durée d'un an à compter de cette date. Dès lors, la vacance dudit bien, laquelle résulte essentiellement de cette mise en vente, ne peut être regardée comme indépendante de la volonté du contribuable au sens des dispositions précitées.
6. En second lieu, en se bornant à soutenir qu'elle est fondée à obtenir la décharge des impositions mises à sa charge en application de l'article 232 du code général des impôts, la requérante, qui n'a pas été assujettie à la taxe annuelle sur les logements vacants, ne remet pas sérieusement en cause le bien-fondé des impositions contestées. En outre, en se bornant également à soutenir, sans apporter d'élément à l'appui de ses allégations, que l'administration fiscale opère une rupture d'égalité entre différents contribuables placés dans une situation identique dès lors qu'elle subordonne le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition que la vacance soit indépendante de la volonté du contribuable, la requérante ne remet pas non plus sérieusement en cause le bien-fondé des impositions contestées.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021.
D E C I D E :
Article 1er : La requête Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directement départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La présidente,
S. C Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR
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