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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2102956

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2102956

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2102956
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza
Avocat requérantTOURRET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 décembre 2021, Mme E - B F, représentée par Me Tourret, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 dans les rôles de la commune de Cusset ;

2°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- en tant que retraitée, divorcée vivant seule et bénéficiaire de l'allocation de solidarité aux personnes âgées prévue à l'article L. 851-1 du code de la sécurité sociale, elle remplit les conditions énoncées à l'article 1417-1 du code général des impôts pour obtenir le dégrèvement de son imposition ;

- elle ne cohabite pas avec son fils, qui n'est domicilié que postalement chez elle depuis le 1er octobre 2020, date à laquelle elle a réalisé une démarche en ce sens directement au guichet ; l'administration fiscale ne la prend pas en compte au motif qu'elle n'en aurait pas été informée ; elle est fondée à se prévaloir du droit à l'erreur.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de l'existence d'une voie de recours parallèle ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bader-Koza, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D B F est propriétaire d'une maison d'habitation située au 4, rue des Presferres à Cusset (03300) à raison de laquelle elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021. Contestant le bien-fondé de l'imposition mise à sa charge, l'intéressée en a sollicité le dégrèvement par une réclamation du 29 septembre 2021. Un refus lui ayant été opposé par une décision du 30 octobre 2021, la requérante doit être regardée comme en sollicitant, dans la présente instance, la décharge.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1390 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - Les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée à l'article L. 815-24 du même code sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties dont ils sont passibles à raison de leur habitation principale. / Le bénéfice de cette disposition est subordonné à la condition qu'ils occupent cette habitation : / soit seuls ou avec leur conjoint ; / soit avec des personnes qui sont à leur charge au sens des dispositions applicables en matière d'impôt sur le revenu ; / soit avec d'autres personnes titulaires de la même allocation. () ". Aux termes de l'article 1391 du code général des impôts : " I. - Les redevables âgés de plus de soixante-quinze ans au 1er janvier de l'année de l'imposition sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'immeuble habité exclusivement par eux, lorsque le montant des revenus de l'année précédente n'excède pas la limite prévue à l'article 1417. ". Aux termes de l'article 1391 B du même code, également dans sa version applicable au litige : " Les redevables âgés de plus de soixante-cinq ans au 1er janvier de l'année d'imposition autres que ceux visés à l'article 1391 et qui occupent leur habitation principale dans les conditions prévues au I de l'article 1390 bénéficient d'un dégrèvement d'office de 100 € de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à cette habitation lorsque le montant des revenus de l'année précédente n'excède pas la limite prévue à l'article 1417. ". Aux termes de l'article 1415 du même code, également dans cette même version : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, () sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Enfin, aux termes de l'article 1417 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige, les dispositions des articles 1391 et 1391 B sont applicables aux contribuables dont le montant des revenus de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est établie n'excède pas la somme de 11 885 euros, pour la première part de quotient familial, majorée de 3 174 euros pour chaque demi-part supplémentaire, retenues pour le calcul de l'impôt sur le revenu afférent auxdits revenus.

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions, d'une part, que le bénéfice de l'exonération de taxe d'habitation qu'elles instituent en faveur des titulaires de l'allocation aux adultes handicapés, mentionnée aux articles L. 821-1 et suivants du code de la sécurité sociale, est subordonné à la condition qu'au 1er janvier de l'année de l'imposition, les contribuables occupent leur habitation principale soit seuls ou avec leur conjoint, soit avec des personnes qui sont à leur charge au sens des dispositions applicables en matière d'impôt sur le revenu, soit avec d'autres personnes titulaires de cette allocation ou de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée à l'article L. 815-24 de ce même code. D'autre part, le bénéfice de cette exonération a également été étendu aux contribuables qui occupent leur habitation principale avec des personnes autres que celles qui viennent d'être mentionnées et dont le montant des revenus de l'année précédant celle au titre de laquelle la taxe d'habitation est établie n'excède pas la limite fixée au I de l'article 1417 du code général des impôts.

4. Il n'est pas contesté que Mme B F, eu égard à sa situation personnelle, remplit à titre personnel les conditions fixées par les dispositions précitées au point 2 du code général des impôts. Toutefois, il résulte de l'instruction et en particulier des écritures du directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme, lesquelles ne sont pas utilement contestées, que son fils, M. A B, a indiqué dans sa déclaration de revenus au titre de l'année 2020 être domicilié chez sa mère au 1er janvier 2021. Si la requérante indique à ce titre que M. B n'a utilisé son adresse qu'à des fins postales et produit à ce titre deux attestations d'élection de domicile au centre communal d'action sociale de Cusset, dont une valable notamment du 1er octobre 2020 au 30 septembre 2021, cette circonstance et ces seuls éléments ne sauraient à eux seuls remettre en cause la déclaration faite par son fils et ce, notamment, en l'absence de tout élément sur le lieu de résidence exact de ce dernier. Au surplus, si la requérante indique qu'elle aurait réalisé les démarches nécessaires afin de prévenir l'administration fiscale de ce qu'elle et son fils ne résidaient pas à la même adresse et produit à ce titre une fiche de visite correspondant vraisemblablement à sa réclamation préalable adressée à l'administration fiscale au titre de l'année 2021, ce document, au demeurant illisible, ne saurait davantage remettre en cause la déclaration faite par son fils. Dans ces conditions, et alors que la requérante ne conteste pas la circonstance que ses revenus, auxquels ont été rajoutés ceux de son fils, excèdent la limite fixée à l'article 1417 du code général des impôts, Mme B F n'est pas fondée à solliciter le bénéfice du dégrèvement prévu à l'article 1390 du code général des impôts.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, Mme B F n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021. Le rejet des conclusions à fins de décharge entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions présentées au titre des dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête Mme E - B F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E - B F et au directement départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR

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