LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2200035

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2200035

vendredi 5 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2200035
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantDMMJB AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande d'indemnisation de MM. C..., propriétaires d'un buron endommagé par des randonneurs. La juridiction a jugé que la responsabilité pour faute de la communauté de communes Hautes-Terres communauté ne pouvait être engagée, car l'autorité gestionnaire d'un itinéraire de randonnée n'a pas l'obligation d'exercer ses pouvoirs de police pour prévenir des dommages causés par des tiers sur une propriété privée. Par ailleurs, le tribunal s'est déclaré incompétent pour connaître des conclusions subsidiaires fondées sur la nullité de la convention de passage, cette action relevant du droit privé et de la compétence du juge judiciaire. La décision s'appuie notamment sur les dispositions du code de l'environnement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 janvier 2022 et 29 juin 2023, MM. B... et A... C..., représentés par Me Gros, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, de condamner la communauté de communes Hautes-Terres communauté à leur verser la somme de 18 764 euros au titre des préjudices qu’ils estiment avoir subis du fait de sa carence fautive dans l’exercice de ses pouvoirs de police ;

2°) à titre subsidiaire, de constater la nullité de la convention de passage conclue avec le syndicat intercommunal d’aménagement de la zone nordique Lioran-Haute Planèze et de condamner la communauté de communes Hautes-Terres communauté à leur verser la somme de 18 764 euros au titre de préjudices qu’ils estiment avoir subis du fait de l’exécution d’un contrat irrégulier sur le fondement quasi-contractuel ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Hautes-Terres communauté une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- la responsabilité de la communauté de communes Hautes-Terres communauté est engagée, à titre principal, en tant que gestionnaire du chemin dès lors qu’elle a incité les randonneurs à s’y rendre sans faire usage de ses pouvoirs de police afin de prévenir tout dommage sur le buron dont ils sont propriétaires ;
- la responsabilité quasi-contractuelle de la communauté de communes Hautes-Terres communauté est engagée, à titre subsidiaire, dès lors, d’une part, que la convention de passage est nulle, faute d’avoir été signée par l’ensemble des propriétaires et que, d’autre part, son exécution irrégulière par la communauté de communes Hautes-Terres communauté leur a porté préjudice ;
- ils justifient d’un préjudice matériel de 13 764 euros pour la réfection de la toiture du buron ainsi que d’un préjudice moral de 5 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 mars 2022 et 25 juillet 2023, la communauté de communes Hautes-Terres communauté, représentée par la Selarl DMMJB Avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de MM. C... une somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 30 juin 2023, la clôture d’instruction a été fixée au 1er août 2023.

Par un courrier du 18 novembre 2025, les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d’être fondé sur le moyen relevé d’office tiré de l’incompétence de l’ordre juridictionnel administratif pour connaître des conclusions tendant à constater la nullité de la convention de passage et à engager la responsabilité de Hautes Terres Communauté en vue de l'indemnisation des préjudices résultant de l'exécution d'un contrat irrégulier.

Un mémoire en réponse au moyen d’ordre public a été présenté pour MM. C... le 20 novembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Michaud ;
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;
- et les observations de Me Ferrandon, représentant MM. C... et Me Bonicel-Bonnefoi, représentant la communauté de communes Hautes Terres communauté.

Considérant ce qui suit :

MM. B... et A... C... ont conclu, au cours de l’année 1999, une convention de passage avec le syndicat intercommunal d’aménagement de la zone nordique Lioran-Haute Planèze, devenu la communauté de communes Hautes-Terres communauté, autorisant le passage des randonneurs sur leur propriété en vue d’assurer la continuité d’un itinéraire de randonnée et la réalisation de travaux d’aménagement, de balisage et d’entretien de cet itinéraire. Constatant des dommages sur le toit du buron dont ils sont propriétaires sur la parcelle voisine, MM. C... ont, par courrier reçu le 5 octobre 2021, présenté une demande indemnitaire préalable à la communauté de communes qui a rejeté leur demande par une décision du 8 novembre 2021. Par la présente requête, MM. C... demandent au tribunal de condamner la communauté de communes Hautes-Terres communauté à leur verser la somme de 13 764 euros en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute de la communauté de communes dans l’exercice de ses pouvoirs de police :

Aux termes de l’article L. 631-1 du code de l’environnement : « Le département établit, après avis des communes intéressées, un plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée. Les itinéraires inscrits à ce plan peuvent emprunter des voies publiques existantes, des chemins relevant du domaine privé du département ainsi que les emprises de la servitude destinée à assurer le passage des piétons sur les propriétés riveraines du domaine public maritime en application de l'article L. 121-31 du code de l'urbanisme. Les itinéraires inscrits à ce plan peuvent emprunter les emprises de la servitude de marchepied mentionnée à l'article L. 2131-2 du code général de la propriété des personnes publiques. Ils peuvent également, après délibération des communes concernées, emprunter des chemins ruraux et, après conventions passées avec les propriétaires intéressés, emprunter des chemins ou des sentiers appartenant à l'Etat, à d'autres personnes publiques ou à des personnes privées. Ces conventions peuvent fixer les dépenses d'entretien et de signalisation mises à la charge du département. (…) La circulation des piétons sur les voies et chemins inscrits au plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, ou ceux identifiés pour les chemins privés, après conventions passées avec les propriétaires de ces chemins, par les communes et les fédérations de randonneurs agréées s'effectue librement, dans le respect des lois et règlements de police et des droits des riverains. Les maires, en vertu de leur pouvoir de police, peuvent, le cas échéant, réglementer les conditions d'utilisation de ces itinéraires. (…) ».

Alors qu’il ressort des dispositions de l’article L. 631-1 du code de l’environnement précité que seul le maire dispose, au titre de ses pouvoirs de police, du pouvoir de règlementer, le cas échéant, les conditions d’utilisation des itinéraires de randonnée et qu’il ne résulte pas de l’instruction que ce pouvoir aurait été transféré à la communauté de communes Hautes Terres communauté, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la convention en litige décrite au point 1, ne confère aucun pouvoir de police à la communauté de communes. Dans ces conditions, si MM. C... demandent par la présente requête que soit engagée la responsabilité de la communauté de communes Hautes-Terres communauté pour un manquement à ses obligations de mise en œuvre de ses pouvoirs de police, sa responsabilité ne saurait être engagée alors qu’elle n’est pas titulaire d’un tel pouvoir.

Au surplus, le lien de causalité entre la carence fautive alléguée et le préjudice résultant de la dégradation du toit du buron de MM. C... n’est pas établi.

En ce qui concerne la responsabilité contractuelle de la communauté de communes :

Si MM. C... soutiennent rechercher la responsabilité de la communauté de communes Hautes Terres communauté sur le fondement de la responsabilité quasi-contractuelle, leurs conclusions tendent à ce que soit constatée la nullité de la convention compte tenu des manquements relatifs aux conditions dans lesquelles le contrat a été conclu et à ce que la responsabilité de la communauté de communes soit engagée en raison de fautes commises dans son exécution. Dans ces conditions, ils ne peuvent qu’être regardés comme recherchant la responsabilité de la communauté de communes sur le fondement de la responsabilité contractuelle.

Lorsqu’une personne privée est liée à une personne publique par un contrat, elle ne peut, eu égard aux rapports juridiques qui naissent de ce contrat, exercer d’autre action en responsabilité contre cette personne publique au titre de l’inexécution ou la mauvaise exécution des obligations contractuelles que celle procédant de ce contrat, alors même que la cause du dommage résiderait dans la mauvaise réalisation ou l’absence de réalisation de travaux, prévus par ce contrat, qui revêtent par ailleurs le caractère de travaux publics. Les litiges relatifs à l’inexécution d’une obligation résultant d’un contrat de droit privé relèvent de la compétence du juge judiciaire.

L’octroi conventionnel par un propriétaire d’un droit de passage, fut-ce en contrepartie d’engagements relatifs à des aménagements et à un entretien du passage, constitue un acte de droit privé, dès lors que, par son régime, son objet et ses clauses, cet acte n’a pas fait naître entre les parties des droits et obligations étrangers par leur nature à ceux qui sont susceptibles d'être consentis par quiconque dans le cadre des lois civiles et commerciales.

En l’espèce, au cours de l’année 1999, MM. C... et le syndicat intercommunal d’aménagement de la zone nordique Lioran-Haute Planèze ont conclu une convention de passage autorisant le passage de randonneurs sur une parcelle leur appartenant en vue de permettre la continuité d’un itinéraire de randonnée. Il résulte de cette même convention que les propriétaires ont autorisé la communauté de communes, sous réserve de leur accord et sous leur contrôle, à réaliser des travaux d’ouverture, d’aménagement et d’entretien du chemin et que la communauté de communes s’est engagée à informer les randonneurs des dangers et des obligations de respect des biens résultant de l’emprunt de ce chemin. Dès lors, en l’absence de clauses exorbitantes du droit commun et alors même que ces travaux seraient susceptibles de constituer des travaux publics, l’acte instituant le droit de passage en litige a le caractère d’un contrat de droit privé. En conséquence, seul le juge judiciaire est compétent pour prononcer la nullité dudit contrat et connaitre d’un litige entre les parties relatif l’exécution de celui-ci.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de MM. C... doivent être rejetées.


Sur les frais liés au litige :

Il n’y a pas lieu de mettre à la charge de la communauté de communes Hautes-Terres communauté, qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, une somme au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre la charge de MM. C... la somme de 1 500 euros à verser à la communauté de communes Hautes-Terres communautés.






D E C I D E :


Article 1er : Les conclusions à fin d’annulation de la convention de passage et d’indemnisation sur le fondement de la responsabilité contractuelle présentées par MM. C... sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le surplus des conclusions de MM. C... est rejeté.

Article 3 : MM. C... verseront à la communauté de communes Hautes-Terres communautés la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C..., représentant unique pour l’ensemble des requérants et à la communauté de communes Hautes-Terres communautés.


Délibéré après l'audience du 21 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,
Mme Bollon, première conseillère,
Mme Michaud, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2025.

La rapporteure,





H. MICHAUD






La présidente,





R. CARAËS

La greffière,





F. LLORACH


La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions