jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200377 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2022 et un mémoire enregistré le 16 mai 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'agence nationale de l'habitat (ANAH) sur son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 30 décembre 2020 portant retrait partiel de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' ".
Elle soutient que :
- la facture qu'elle a adressée à l'ANAH est antérieure à la date de dépôt de sa demande en raison d'une erreur commise par l'artisan en charge des travaux lors de l'édiction de celle-ci ; elle a alors adressé à cette même autorité une nouvelle facture, sur laquelle était inscrite la date correcte ;
- elle ne comprend pas pourquoi son dossier de demande de prime a été rejeté : le site internet de l'ANAH lui indique qu'elle est pourtant éligible à celle-ci, à hauteur de 6 875 euros ; elle reçoit des réponses contradictoires de la part de l'ANAH quant au traitement de son dossier ;
- cette situation la plonge dans une situation financière embarrassante ; les travaux qu'elle a entrepris ont été interrompus, faute de disposer des ressources nécessaires ;
- elle est dans l'impossibilité de se connecter à son espace " MaPrimeRénov' " afin d'accéder au dossier de régularisation : son mot-de-passe a été supprimé en 2022, elle est dans l'impossibilité de le réinitialiser et le service d'assistance de l'ANAH n'est pas en mesure de l'aider.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2024, l'agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer sur la requête de Mme A.
Elle indique que le recours administratif préalable obligatoire de Mme A a été réexaminé dans un sens favorable et qu'un dossier de régularisation la concernant a été créé.
Par un courrier du 13 juin 2024, la présidente du tribunal a invité Mme A, compte tenu de l'état du dossier, à confirmer expressément le maintien de sa requête dans le délai d'un mois en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 20 juin 2024, Mme A a indiqué au tribunal maintenir sa requête.
Par une ordonnance du 5 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 26 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / 3° constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".
2. En vue de la réalisation d'isolation, Mme A a sollicité auprès de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) le bénéfice de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' ". Par une décision du 14 août 2020, la directrice de l'ANAH a fait droit à sa demande, lui accordant une prime d'un montant de 6 875 euros. Toutefois, par une décision du 30 décembre 2020, la prime de transition énergétique de Mme A lui a été partiellement retirée, ramenant à 2 000 euros le montant de la prime accordée à la requérante. Mme A a formé le 5 janvier 2021 un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'ANAH sur son recours.
3. Toutefois, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, la directrice de l'ANAH a accepté, par une décision du 25 avril 2024, le recours administratif préalable obligatoire de Mme A. Par une décision du 11 juin 2024, cette même autorité a donc procédé à la réévaluation de la prime accordée à la requérante, portant celle-ci à hauteur de 6 475 euros. Cette nouvelle décision s'est nécessairement substituée à la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 30 décembre 2020 portant retrait partiel de la prime de transition énergétique, nonobstant les difficultés alléguées par Mme A pour réaliser les démarches nécessaires à l'obtention du différentiel accordé par l'agence nationale de l'habitat. Il s'ensuit que les conclusions principales de la requête sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu, dès lors, d'y statuer. Il appartient en revanche à Mme A, si elle s'y croît fondée et en considération des délais de recours, de saisir à nouveau le juge administratif afin de contester cette nouvelle décision si elle s'y croît fondée.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme A.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Fait à Clermont-Ferrand, le 4 juillet 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR
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