jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200484 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 février 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Loire ne lui a accordé qu'une remise partielle d'un montant de 633,50 euros, de sa dette au titre de l'allocation de logement sociale, laissant à sa charge une somme de 633,50 euros.
Elle soutient que :
- l'indu n'est pas de son fait ;
- le quotient familial pris en compte par la commission de recours amiable n'est pas celui inscrit sur son compte allocataire ;
- les retenues effectuées impactent gravement l'équilibre de son foyer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'une remise de dette partielle a été accordée à Mme A en tenant compte de l'erreur de ses services et du quotient familial de la requérante.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été admise au bénéfice de l'allocation logement à caractère familial à compter du mois d'avril 2018. Par décision du 26 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Loire a notifié à Mme A un indu d'allocation logement d'un montant de 1 894 euros suite à une mise à jour de son dossier pour les mois de janvier à juin 2021. Par une décision du 17 février 2022, la commission de recours amiable de la caisse lui a accordée une remise partielle de sa dette, laissant à sa charge un montant de 633,50 euros. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 825-3 de ce code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
4. Il est constant que l'indu d'allocation de logement familial dont le remboursement est réclamé à Mme A a pour origine une erreur de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Loire, due à un dysfonctionnement du système informatique, qui n'a pas pris en compte la déclaration de la pension alimentaire perçue par la requérante au titre de l'année 2020. Dans ces conditions, et dès lors que la caisse a accordé à Mme A une remise partielle de 50 % de sa dette, la bonne foi de la requérante doit être admise.
5. Toutefois, si Mme A invoque un impact sur l'équilibre du foyer, elle ne produit aucun élément de nature à établir sa situation de précarité ou qui justifierait que lui soit accordé une remise supérieure ou totale de sa dette. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante se trouverait dans l'impossibilité de s'acquitter du restant de la somme mise à sa charge. Dans ces conditions, eu égard à la somme restant à sa charge, la requérante ne démontre pas se trouver dans une situation de précarité l'empêchant de s'acquitter de sa dette, en sollicitant éventuellement de l'administration un échelonnement des remboursements.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige et la remise totale ou partielle du solde de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZALe greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2200484
AC
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