mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200715 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | ISSARTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2018 au greffe du tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand, tribunal des pensions alors compétent, M. D C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 janvier 2018, notifiée le 6 février 2018, par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande du 12 octobre 2016 tendant à obtenir la révision de sa pension militaire d'invalidité ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à une nouvelle expertise médicale le concernant.
Il soutient que :
- concernant la première infirmité invoquée, la colopathie, le rejet de la révision pour aggravation de sa pension se fonde sur un examen superficiel des pièces de son dossier, réalisé sans expertise clinique ;
- concernant la seconde infirmité invoquée, les séquelles d'hépatite virale, c'est à tort que son imputabilité au service n'a pas été recherchée dès lors que les pièces de son dossier militaire en témoignent ;
- l'aggravation de son état de santé est attestée par un certificat médical du 7 octobre 2016. La requête de M. C a été transmise le 14 octobre 2019 au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, devenu compétent par l'effet de la loi du 13 juillet 2018 pour connaître du contentieux des pensions militaires d'invalidité, et enregistrée au greffe le 28 octobre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2019, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Vu :
- l'ordonnance n° 1902156 du 2 décembre 2020 ;
- la décision n° 21LY00212 du 31 mars 2022 de la cour administrative d'appel de Lyon ;
- les autres pièces du dossier.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Trimouille, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Bentéjac, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Issartel, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ancien combattant d'Afrique du Nord, est titulaire d'une pension militaire d'invalidité définitive au taux de 85 % depuis le 17 septembre 1990 pour une colopathie et des troubles neuro-végétatifs. Le 12 octobre 2016, il a demandé la révision de sa pension pour aggravation de l'infirmité relative à la colopathie et pour une infirmité nouvelle liée aux séquelles d'une hépatite. Il sollicite du tribunal l'annulation de la décision du 30 janvier 2018 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre alors en vigueur : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; / 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; / 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; / 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service. " Aux termes de l'article L. 29 du même code : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le degré d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 % au moins du pourcentage antérieur. / Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. / La pension définitive révisée est concédée à titre définitif. "
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, concernant l'infirmité " colopathie " dont M. C invoque l'aggravation, le docteur A, gastro-entérologue désigné comme expert par l'administration qui a examiné l'intéressé le 24 août 2017, écrit que " le patient décrit des troubles identiques à ceux précédemment évoqués dans les expertises précédentes ". S'il note un " facteur aggravant par le biais de la cholécystectomie ", il précise que " ceci n'est pas un facteur imputable. " Si M. C allègue n'avoir pas fait l'objet d'un examen clinique, un tel examen ressort pourtant du même rapport d'expertise. De même, le docteur A indique avoir consulté les résultats d'une coloscopie réalisée le 16 juin 2016. Sur ce fondement, l'expert conclut à un taux inchangé concernant la colopathie de M. C. Si celui-ci produit un certificat médical établi à sa demande par le docteur B, également gastro-entérologue, le 7 octobre 2016, dont il ressort que " l'ensemble de cette symptomatologie [est] particulièrement invalidante [et] résistante à tout traitement ", ce document n'établit pas, contrairement à ce que le requérant soutient, que son état de santé se serait aggravé. Dès lors, il n'apparaît pas fondé à soutenir que c'est à tort que la ministre des armées à refuser de réviser le taux de sa pension militaire d'invalidité concernant cette première infirmité.
4. En second lieu, si M. C établit, par la production d'un certificat de visite médicale du 31 janvier 1961 avoir souffert, alors qu'il était sous statut militaire, de séquelles d'ictère, il n'apporte aucun élément de nature à étayer son allégation selon laquelle il souffrirait toujours de cette pathologie à la date de la décision attaquée. En effet, si le docteur A, dans son expertise du 24 août 2017, propose de retenir au titre de cette infirmité nouvelle un taux de 15 %, il ressort également de ce document que " le patient ne fournit pas de document ce jour " et qu' " il n'y a pas d'élément objectif, comme des anomalies de la biologie hépatique ou des anomalies échographiques. " L'administration n'étant pas liée par le taux proposé par l'expert, elle a pu à bon droit décider de ne retenir qu'un taux inférieur à 10 %, lequel ne lui imposait pas, dès lors, qu'elle se prononce sur l'imputabilité de cette infirmité au service.
Sur l'expertise médicale :
5. Dès lors que M. C, ainsi qu'il a été dit aux points précédents, ne fait qu'alléguer l'aggravation de son état de santé sans apporter d'élément permettant au moins de présumer cette aggravation, il n'est pas utile de faire droit à sa demande de désignation d'un expert médical.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gazagnes, président,
M. Coquet, président-assesseur,
Mme Trimouille, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
C. TRIMOUILLE
Le président,
Ph. GAZAGNES
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la ministre des armées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026