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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2200797

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2200797

mardi 18 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2200797
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP TEILLOT ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 avril 2022 et 18 mai 2022, M. C B et Mme E A, épouse B, représentés par Me Protet-Lemmet, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative au contradictoire de la commune de Saint-Flour (15100) aux fins de déterminer la nature et l'étendue des désordres affectant leur parcelle et leur bâtiment, 1 rue du Muret, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'immeuble ;

2°) de dire que les frais d'expertise seront provisoirement avancés par la commune de Saint-Flour ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Flour la somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils sont propriétaires, depuis le 4 mars 2006, d'un immeuble, mis en location et situé au n°1 rue du Muret sur le territoire de la commune de Saint-Flour, parcelle cadastrée section AR n°1 ; les locataires leur ont signalé, le 17 juin 2021, la présence d'humidité anormale avec de fortes odeurs au sous-sol aggravée par les très fortes précipitations de ce mois de juin ; ils ont alerté les services de la ville qui ont constaté une fissure dans le réseau d'évacuation des eaux usées ; les fuites et écoulements ont causé des dégâts et désagréments ; l'expertise des assurances a bien acté la fuite du collecteur d'égout ;

- la commune de Saint-Flour doit prendre en charge le paiement de l'ensemble des travaux de réparation, intérieurs et extérieurs ainsi que le relogement des locataires durant les travaux ; aucune proposition de règlement n'a été faite par la commune, elle refuse notamment la prise en charge des travaux sur le mur extérieur où les enduits se sont dégradés provoquant le détachement de certaines pierres ;

- face à ce refus l'expertise est utile, notamment afin d'indiquer la part de vétusté du mur extérieur invoquée par la commune, et aussi de chiffrer l'ensemble de leurs préjudices matériels et immatériels.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la commune de Saint-Flour, représentée par la SCP Teillot et associés, Me Maisonneuve, conclut au rejet de la demande d'expertise et subsidiairement de prendre acte de ses protestations et réserves.

Elle soutient que :

- la demande d'expertise n'est pas utile ;

- les deux experts missionnés par les assureurs ont signé un procès-verbal des constatations relatives aux causes et circonstances et à l'évaluation des dommages ; le lien de causalité entre les dommages intérieurs et l'ouvrage public est avéré, mais en revanche, concernant le mur extérieur, les constations opérées contradictoirement ne permettent pas d'établir l'existence d'un lien de causalité ; le décèlement de plusieurs pierres du mur, vétuste, est bien antérieur au sinistre dégâts des eaux.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme A sont propriétaires, depuis le 4 mars 2006, d'un immeuble, mis en location et situé au n°1 rue du Muret sur le territoire de la commune de Saint-Flour, parcelle cadastrée section AR n°1. Les locataires ont signalé, le 17 juin 2021, la présence d'humidité anormale avec de fortes odeurs au sous-sol aggravée par les très fortes précipitations de ce mois de juin. Les époux B ont constaté des écoulements d'égout au travers du mur extérieur côté jardin en contrebas de l'immeuble. Les services de la ville de Saint-Flour, alertés, sont intervenus et ont réparé la canalisation enterrée qui provoquait la fuite du collecteur d'égout d'eaux usées. Les deux experts, missionnés suite à une déclaration de sinistre dégât des eaux, par les assureurs de M. B (D) et de la commune de Saint-Flour (SMACL), ont signé un procès-verbal des constatations relatives aux causes et circonstances et à l'évaluation des dommages. Les dégâts et désordres intérieurs et leur lien de causalité n'étant pas contestés par la commune, les époux B souhaitent que la commune prenne en charge le paiement de l'ensemble des travaux, suivant devis réactualisés, ainsi que le relogement des locataires durant la durée desdits travaux. L'expertise des assurances n'a pas formellement établi le lien de causalité entre la fuite du réseau et les désordres de la zone basse du mur de la façade nord se manifestant par l'absence de joint et le descellement des pierres sur une surface de 6m2. La commune de Saint-Flour, par son assureur, refuse de prendre en charge la réparation de ces dégâts causés sur le mur extérieur. Les requérants sollicitent la désignation d'un expert afin de déterminer la responsabilité de la commune de Saint-Flour, les dommages et leurs causes.

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. () ". Il appartient au juge des référés saisi d'une demande d'expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d'un éventuel litige.

3. Il résulte de l'instruction que les faits sont établis et que les solutions techniques et leurs coûts sont identifiés. En l'espèce, les requérants produisent à l'appui de leur demande d'une part, un rapport d'assurance établi le 20 octobre 2021 faisant suite à la réunion d'expertise amiable des assurances du 21 juillet 2021, également, un rapport d'expertise établi le 20 novembre 2021 par l'expert agissant sur la demande de M. B, et d'autre part, plusieurs devis de travaux. La commune soutient que son assureur reste dans l'attente de la réclamation chiffrée de l'assureur des requérants. Les experts amiables ont mis en évidence l'absence de déplacements récents du parement du mur ainsi que la présence de nombreuses racines de végétaux en emprise dans les joints du mur en pierres, ces constatations leur ont permis de conclure que la vétusté du mur de fondation caractérisée par le décèlement de plusieurs pierres est bien antérieure au sinistre dégât des eaux en lien avec le réseau d'assainissement public. Par suite, l'expertise demandée par M. B et Mme A ne porte que sur des faits déjà établis et connus et ne présente pas, en conséquence, de caractère d'utilité au sens des dispositions de l'article R 532-1 du code de justice administrative. Par suite, leur requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et Mme E A, et à la commune de Saint-Flour.

Fait à Clermont-Ferrand, le 18 octobre 2022.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

pm

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