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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2200817

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2200817

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2200817
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation sur les logements vacants auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2021 dans les rôles de la commune de Cosne d'Allier.

Il soutient que :

- le logement imposé constitue sa résidence principale ; il n'est pas vide de meuble ni déserté ;

- il a dû se rendre en Guyane afin de réaliser une mission professionnelle ; dans ce cadre, son entreprise a loué un appartement sur ce territoire ; il a alors effectué un changement d'adresse auprès de son centre des impôts afin de pouvoir recevoir son courrier et éviter tout incident et retard ;

- il avait mis en place des autorisations de prélèvement automatique pour ce qui concerne la taxe d'habitation et la taxe foncière ;

- il travaille désormais en France métropolitaine, dans le département de l'Ariège : dans ce cadre, il loge la semaine dans un hôtel et regagne son domicile sur la commune de Cosne d'Allier tous les week-ends.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Loïc Panighel, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est propriétaire d'une maison située sur la commune de Cosne d'Allier à raison de laquelle il a été assujetti à la taxe d'habitation sur les logements vacants au titre de l'année 2021. Par une réclamation en date du 24 janvier 2022, M. B a sollicité le dégrèvement de la cotisation précitée, lequel lui a été refusé par une décision du 24 février 2022. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation sur les logements vacants au titre de l'année 2021.

2. Aux termes de l'article 1407 bis du code général des impôts : " Les communes autres que celles visées à l'article 232 peuvent, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, assujettir à la taxe d'habitation, pour la part communale et celle revenant aux établissements publics de coopération intercommunale sans fiscalité propre, les logements vacants depuis plus de deux années au 1er janvier de l'année d'imposition. La vacance s'apprécie au sens des V et VI de l'article 232. () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. Toutefois, pour l'imposition mentionnée à l'article 1407 bis, la taxe est établie au nom du propriétaire, de l'usufruitier, du preneur du bail à construction ou à réhabilitation ou de l'emphytéote qui dispose du local depuis le début de la période de vacance. () ". Aux termes de l'article 232 de celui-ci : " () V. - Pour l'application de la taxe, n'est pas considéré comme vacant un logement dont la durée d'occupation est supérieure à quatre-vingt-dix jours consécutifs au cours de la période de référence définie au II. / VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable. () ". Le Conseil constitutionnel, dans ses décisions 98-403 DC du 29 juillet 1998 et 2012-662 DC du 29 décembre 2012 n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions de l'article 232 du code général des impôts que sous certaines réserves. Il a jugé, notamment, que cette taxe ne peut " frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur () " et que " ne sauraient être assujettis à cette taxe des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur () ".

3. La taxe d'habitation sur les logements vacants ne peut frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur. Ne sauraient être assujettis des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur. Il appartient en outre au contribuable d'établir que la vacance de son logement au cours de l'année en litige aurait été indépendante de sa volonté, eu égard notamment à la nécessité de travaux pour rendre le logement habitable et au coût de tels travaux éventuels compte tenu des capacités financières du contribuable.

4. Il résulte de l'instruction que, sans que cela ne soit utilement contesté par le requérant, que celui-ci a déclaré, dans ses déclarations de revenus au titre des années 2018, 2019 et 2020 être domicilié, à titre de résidence principale, dans la commune de Matoury, en Guyane. Si l'intéressé fait valoir à ce titre, sans l'établir, qu'il n'a indiqué cette domiciliation à l'administration fiscale qu'à des fins postales, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition en litige. En effet, bien que le requérant a notamment produit diverses factures au titre des années 2020 et 2021, ces dernières, qui ne sont pas circonstanciées et dont la plupart d'entre elles sont postérieures au 1er janvier 2021, ne sont pas de nature à révéler que son logement sur la commune de Cosne d'Allier n'était pas vacant depuis plus de deux ans à cette date, visée à l'article 1407 bis du code général des impôts. De surcroît, en se prévalant uniquement des documents susmentionnés, le requérant n'apporte pas non plus la preuve, qui lui incombe, que son logement sur la commune de Cosne d'Allier aurait été occupé pour une durée supérieure à quatre-vingt-dix jours consécutifs au cours de la période allant du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration l'a assujetti à la taxe d'habitation sur les logements vacants au titre de l'année 2021.

5. Au surplus, en se bornant à soutenir que son logement sur la commune de Cosne d'Allier constitue actuellement sa résidence principale, qu'il n'est pas vide de meuble ni déserté, à évoquer les autorisations de prélèvement qu'il a mis en place et à évoquer des éléments de sa situation personnelle, M. B ne remet pas sérieusement en cause le bien-fondé de l'imposition en litige.

6. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander la décharge de la cotisation de taxe d'habitation sur les logements vacants à laquelle il a été assujetti.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La présidente,

S. C Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR

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