jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200849 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 15 février 2022 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Puy-de-Dôme a rejeté son recours administratif préalable tendant à l'annulation de la décision du 17 août 2021 rejetant sa demande de renouvellement de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
Il soutient que :
- son état de santé ne s'est pas amélioré, il est toujours suivi par un kinésithérapeute et prend des antidouleurs régulièrement ;
- sans une telle reconnaissance, son employeur ne pourra plus lui garantir des conditions de travail adaptées et il risque de perdre son emploi ;
- son incapacité permanente partielle est évaluée à 5 %.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, la maison départementale des personnes handicapées du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a demandé, par courrier reçu le 4 novembre 2020, à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Puy-de-Dôme le renouvellement de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Par une décision du 17 août 2021, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande. Par une décision du 15 février 2022, la même commission a rejeté le recours administratif préalable formé par M. A. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail () ". L'article L. 5213-1 du code du travail, reprenant les dispositions auparavant codifiées à l'article L. 323-10 du même code, dispose : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ". Aux termes de l'article L. 5213-2 de ce code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles. Cette reconnaissance s'accompagne d'une orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle () ". Il résulte de ces dispositions que la qualité de travailleur handicapé doit être appréciée en tenant compte, d'une part, de l'état de santé du demandeur et, d'autre part, de ses qualifications et de l'emploi qu'il occupe ou de celui qu'il aurait vocation à occuper.
3. Les recours formés contre les décisions des commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statuant, en application des dispositions du 4° du I de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, sur une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé au sens de l'article L.5213-1 du code du travail, constituent des recours de plein contentieux. Eu égard à son office lorsqu'il est saisi d'un tel recours, il appartient au juge administratif de se prononcer non sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais seulement sur la qualité de travailleur handicapé de la personne intéressée, en se plaçant à la date à laquelle il rend sa décision.
4. Pour rejeter le recours administratif préalable formé par M. A, la CDAPH du Puy-de-Dôme a estimé que les conséquences de sa situation de handicap n'entrainaient pas de difficultés pour accéder à l'emploi ou rester dans l'emploi au sens des dispositions de l'article L. 5213-1 du code du travail. M. A, qui occupe l'emploi de conseiller au sein de la mission locale de Thiers, soutient qu'il est atteint de douleurs et paresthésies persistantes au pied gauche, et qu'il craint de perdre son emploi si son employeur décidait de mettre fin aux aménagements de poste dont il bénéficie. Le requérant produit aux débats les conclusions du docteur C du 7 octobre 2016 ainsi que le certificat médical annexé à sa demande dont il résulte que sa pathologie entraine une gêne et des douleurs à la marche. Il n'en résulte toutefois aucune altération substantielle d'une ou de plusieurs fonctions physiques l'empêchant de conserver son emploi. En outre, s'il résulte des allégations du requérant que ce dernier a bénéficié d'aménagements de son poste de travail, consistant notamment à disposer d'un poste de travail idéalement situé, limitant ses déplacements, et en un accompagnement lors de forums, limitant les piétinements occasionnés ainsi que le port de charges lourdes, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que l'employeur du requérant aurait l'intention de lui retirer le bénéfice de tels aménagements. Il n'apparaît ainsi pas que la CDAPH du Puy-de-Dôme aurait fait une inexacte application des dispositions précitées du code du travail et du code de l'action sociale et des familles, ni que l'évolution de cet état de santé pourrait justifier à ce jour le renouvellement de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la maison départementale des personnes handicapées du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2200849JC
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