vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200873 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL BELLERIVE SUR ALLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, M. et Mme C B, représentés par le cabinet Fidal, Me Arnal-Yves, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'assemblée générale d'approbation des comptes clos au 30 septembre 2013 a été régulièrement tenue et a approuvé la rémunération allouée à chacun des co-gérants au titre de l'exercice clos en 2013 ; les co-gérants et seuls associés ont déterminé le montant des rémunérations au titre de l'exercice clos en 2013 et poursuivi le principe de cette rémunération au titre des exercices postérieurs ;
- les associés ont approuvé les comptes et ratifié a posteriori leur rémunération par une décision collective du 26 novembre 2020 ;
- le procès-verbal du 26 novembre 2020 a une valeur probante et le procès-verbal a été versé au registre des assemblées ;
- il n'est pas contesté que la dépense relative à la rémunération est réelle, correspond à un travail effectif et ne présente pas un caractère excessif eu égard à l'importance du service rendu conformément aux exigences de l'article 39-1 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Serrurerie B, qui exerce une activité de travaux de menuiserie métallique, de serrurerie, dépannage, domotique, automatismes, contrôle d'accès, monte-escaliers électriques et services aux personnes notamment à mobilité réduite et dont M. et Mme B sont les gérants et détiennent chacun la moitié des parts, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 5 juin 2015 au 30 septembre 2017. A l'issue de ce contrôle, l'administration a rejeté comme non déductibles les charges correspondant aux rémunérations allouées aux gérants et a reconstitué les chiffres d'affaires de la société des exercices clos en 2016 et 2017. En conséquence de ces rectifications, l'administration a imposé entre les mains de M. et Mme B, sur le fondement du 2° de l'article L. 109-1 du code général des impôts, les sommes qu'elles a regardées comme distribuées par la SARL Serrurerie B correspondant aux rémunérations allouées aux gérants et les a assujettis, selon la procédure contradictoire, à un supplément d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2016 uniquement ainsi qu'à la majoration de 10% prévue à l'article 1758 A du code général des impôts. M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Pour soumettre à l'impôt sur le revenu des revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts. Les sommes mises à disposition des associés non prélevées sur les bénéfices ont, sauf preuve contraire apportée par les associés, le caractère de revenus distribués, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
3. Il résulte de l'instruction qu'au cours du contrôle dont la SARL Serrurerie B a fait l'objet, l'examen des fichiers de ses écritures comptables et l'étude de ses relevés bancaires a mis en évidence que des sommes d'un montant total de 43 200 euros correspondant aux rémunérations allouées aux gérants avaient été mises à la disposition de M. et Mme B par le biais de virements bancaires ou de remises de chèques. Après avoir estimé qu'aucune assemblée générale n'avait été réunie, qu'aucune disposition n'avait été mentionnée dans les statuts de la société et qu'aucune décision collective des associés n'avait été formalisée quant à la détermination de ces rémunérations, l'administration a tiré les conséquences de ce contrôle et a imposé entre les mains de M. et Mme B, sur le fondement du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts, les revenus réputés distribués correspondant aux rémunérations allouées aux gérants non admises en déduction du résultat imposable de la SARL Serrurerie B au titre de l'année 2016 uniquement.
4. A l'appui de leur requête, M. et Mme B, qui ne contestent pas avoir appréhendé les sommes en litige, produisent un procès-verbal des délibérations de l'assemblée générale ordinaire annuelle de la SARL Serrurerie B du 26 novembre 2020 aux termes duquel elle a décidé d'approuver les comptes annuels des exercices clos les 30 septembre 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019 ainsi que les rémunérations allouées à chacun des gérants au titre de ces différents exercices. Toutefois ce procès-verbal, dont il n'est pas démontré qu'il aurait été versé au registre des assemblées, a été établi en méconnaissance des articles L. 223-26 et R. 223-3 du code de commerce de telle sorte qu'il ne présentait pas des garanties d'authenticité suffisantes pour justifier du montant des rémunérations versées à M. et Mme B. La circonstance que l'assemblée générale aurait régulièrement approuvé les comptes de l'exercice clos en 2013 est sans incidence sur le rejet de la déductibilité des charges d'exploitation en litige de la SARL Serrurerie B se rapportant à l'exercice clos en 2016 et, par suite, sur la qualification de revenus distribués des sommes appréhendées par M. et Mme B au titre de l'année 2016 . Il en résulte qu'à défaut de délibération régulière de l'organe délibérant autorisant la rémunération des gérants ou d'approbation des comptes par l'assemblée générale au titre de l'exercice clos en 2016, c'est à bon droit que les sommes en litige ont été considérées par l'administration comme des revenus distribués et ont été imposés entre les mains de M. et Mme B sur le fondement du 2° de l'article L. 109-1 du code général des impôts.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B à fin de décharge du complément d'impôt sur le revenu auquel ils ont été assujettis au titre de l'année 2016 doivent être rejetées. Le rejet des conclusions à fin de décharge entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B doit être rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme A B et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026