jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200934 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A demande l'annulation de la décision du 11 mars 2022 consécutive à l'infraction relevée le 14 avril 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé le retrait d'un total de six points au capital points affectés à son permis de conduire.
2. En premier lieu, la requérante soutient que la décision en litige est entachée de tardiveté dès lors qu'elle intervient trois ans après la commission de l'infraction. Il résulte des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route que le nombre de points du permis de conduire est réduit de plein droit lorsque la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement de l'amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou une condamnation pénale devenue définitive, et que le permis perd sa validité lorsque le nombre de points est nul. Aucune disposition n'impartit un délai au ministre de l'intérieur, pour notifier à l'intéressé, dès lors que l'infraction est établie, le retrait de points qu'elle entraîne et, le cas échéant, la perte de validité de son permis. Ainsi, le moyen tiré de ce que le retrait de points et la décision litigieuse étaient intervenus trois ans après la commission de l'infraction doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, en application des dispositions de l'article L. 222-3 et R. 223-3 du code de la route, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci " est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ". Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de point et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie, et, partant, de la légalité du retrait de points.
4. Mme A fait valoir que, lors du paiement de l'amende, elle n'a pas été informée du nombre de points susceptibles d'être retirés. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment de la notice d'information du conducteur relative au permis de conduire, que Mme A a été informée, d'une part, que " le paiement de l'amende entraîne reconnaissance de l'infraction et, le cas échéant, réduction du nombre de point(s) de [son] permis de conduire. Selon l'article L. 223-2 du code de la route : () pour les contraventions, le retrait de points est, au plus, égal à la moitié du nombre maximal de points ", et, d'autre part, que l'excès de vitesse d'au moins 50 km/h commis par la requérante le 14 avril 2019 est une infraction réprimée par l'article R. 413-14-1 du code la route, " puni[e] de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe [] cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de six points du permis de conduire. ". Dans ces conditions, Mme A doit être regardée comme ayant été informée que le paiement de l'amende entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision du ministre retirant six points de son permis de conduire à la suite de l'infraction du 14 avril 2019 a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
5. En dernier lieu, en se bornant à alléguer qu'elle a dû faire face à divers disfonctionnements, Mme A n'invoque la méconnaissance d'aucune disposition législative et réglementaire, si bien qu'elle n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé le retrait de six points affectés à son permis de conduire, consécutivement à l'infraction du 14 avril 2019. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
AC
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