jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201093 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | SCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 mai 2022 et le 22 novembre 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Flour lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un jour, ensemble la décision du 9 mars 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, il doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision en litige ;
- l'arrêté ne comprend aucune motivation en fait de nature à lui permettre de connaître les motifs de la sanction ;
* sa présence dans le local communal, même en présence d'une quantité importante d'alcool et de verres, ne constitue pas un fait qualifiable de faute professionnelle à défaut de justifier d'un lien entre lui et l'alcool ;
* il avait réalisé les missions qui lui avaient été confiées et peut expliquer sa présence au local ; il s'est rendu au local, site d'entreposage de matériel, pour y déposer des barrières de sécurité ; dès lors qu'il a expliqué sa présence dans ce local, cet élément ne peut être invoqué au titre de la motivation ;
* il n'a pas consommé d'alcool sur son lieu de travail ;
* les griefs tirés de l'atteinte au bon fonctionnement du service public et du manque de travail nuisant à l'organisation des services sont stéréotypés, non assortis de précisions et n'indiquent pas explicitement les motifs qui conduisent à les retenir ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique ; aucune relation de propriété n'est établie entre lui et l'alcool retrouvé dans le local ; il a dûment accompli les tâches qui lui étaient confiées ; aucun problème d'alcoolisme ne peut lui être reproché ; sa présence dans le local n'était pas anormale ;
- cette sanction s'inscrit dans un contexte de travail dégradé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 octobre 2022 et le 7 novembre 2023, la commune de Saint-Flour, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Marion, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête tendant au prononcé d'une injonction à titre principal sont irrecevables ;
- aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;
- et les observations de Me Roy, avocate de la commune de Saint-Flour.
M. B n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent de maîtrise principal territorial employé par la commune de Saint-Flour, a fait l'objet, par arrêté du 22 novembre 2021, d'une décision d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Flour lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un jour et de la décision du 9 mars 2022 rejetant son recours gracieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Saint-Flour doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 visée ci-dessus, dans sa version applicable au litige : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 visée ci-dessus, dans sa version applicable au litige : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; / (). ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction.
5. Pour infliger à M. B la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour, le maire de la commune de Saint-Flour s'est fondé sur les motifs tirés de ce que le requérant était présent dans un lieu où il ne devait pas être alors que des missions lui avaient été confiées, qu'il a méconnu l'annexe 12 du règlement intérieur concernant la présence d'alcool sur le lieu de travail et que son comportement porte atteinte au bon fonctionnement du service public et engendre un manque de travail qui nuit à l'organisation des services.
6. M. B fait valoir qu'il s'est rendu dans le local où se sont déroulés les faits en litige afin de ramener des barrières de sécurisation qui y sont habituellement stockées de sorte que sa présence n'y était pas anormale. Il indique avoir croisé des collègues, profitant de cette rencontre pour partager une pause après l'accomplissement des missions confiées pour la matinée. Il soutient également qu'il n'a pas consommé d'alcool sur son lieu de travail et qu'aucun lien de propriété entre l'alcool retrouvé dans le local et lui n'est démontré.
7. S'il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport du 7 octobre 2021 rédigé par le directeur des services techniques de la commune que M. B se trouvait, sur son temps de travail, dans un bâtiment communal contenant une importante quantité d'alcool, il ressort également des pièces du dossier, notamment du bon de travaux du 6 octobre 2021 validé et du compte-rendu de l'entretien préalable à une sanction disciplinaire du 26 octobre 2021, que, d'une part, le requérant avait effectué les tâches qui lui avaient été confiées et, d'autre part, que le directeur des services techniques a confirmé ne pas l'avoir vu avec un verre à la main. Il ressort également des pièces du dossier, notamment de l'attestation du chef du service technique, que M. B est " régulièrement amené à se rendre dans les divers locaux dans lesquels sont remisés les différents équipements des services techniques. Ceux-ci n'étant pas spécifiquement précisés sur les bons de travaux ". Dans ces conditions, la seule présence du requérant, après réalisation des tâches qui lui étaient confiées, dans un lieu où était entreposée une importante quantité d'alcool ne suffit pas à établir une méconnaissance de l'annexe 12 au règlement intérieur ni une atteinte au bon fonctionnement du service public. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'existence matérielle des faits fautifs qui lui sont reprochés n'est pas établie et c'est à tort que le maire de la commune de Saint-Flour lui a infligé une sanction disciplinaire.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Flour lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour.
Sur les frais de l'instance :
9. M. B n'ayant pas eu recours à l'assistance d'un avocat et ne justifiant pas avoir exposé des frais pour la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Flour la somme de 1 000 euros qu'il demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les mêmes dispositions font obstacle à ce que M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à la commune de Saint-Flour la somme de 2 000 euros qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 novembre 2021 infligeant à M. B la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour est annulée.
Article 2 : Les conclusions présentées par les parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Flour.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
AC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026