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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201525

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201525

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201525
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza
Avocat requérantLOISEAU

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

La présidente a dispensé le rapporteur public sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été admis au bénéfice du revenu de solidarité active à compter du mois de mai 2018. Par une décision du 30 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 10 027,26 euros pour la période du 1er mai 2018 au 31 juillet 2020. Par courrier du 19 avril 2022, M. B a contesté le bien-fondé de l'indu mis à sa charge. Par une décision du 23 mai 2022, le département du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur le bien-fondé de l'indu :

2. En premier lieu, lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu qu'il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3. Mme C D, responsable du service de la maîtrise des risques, du contrôle et du pré-contentieux au sein des services départementaux du Puy-de-Dôme, a reçu délégation de signature, par arrêté du 15 octobre 2021, à l'effet de signer au nom du président du conseil départemental du Puy-de-Dôme tout acte administratif et financier, entrant dans le domaine de compétence du service de la maîtrise des risques, du contrôle et du pré-contentieux, et plus spécifiquement pour les actes adoptés pour la gestion de l'allocation de revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Selon les termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, (), l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". L'article R. 262-37 dudit code prévoit que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, l'allocataire est tenu de déclarer à la caisse d'allocations familiales l'ensemble des ressources qu'il a perçu.

5. Si le requérant fait valoir que les sommes versées par ses parents ne constituent pas une pension alimentaire dès lors qu'elles avaient pour objet de rembourser son prêt étudiant, il résulte des dispositions précitées que, pour la détermination du montant du revenu de solidarité active, l'ensemble des ressources du foyer, quel que soit leur nature ou l'usage qui en est fait, sont prises en compte et doivent être déclarées par l'allocataire. Il résulte ainsi de l'instruction que M. B a perçu de la part de ses parents la somme de 5 888 euros en 2018, de 5 947 euros en 2019 et de 3 465 euros entre janvier et juillet 2020 et que ces versements mensualisés n'ont pas été déclarés. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que ces sommes ne devaient pas être prises en compte pour le calcul de ses droits au revenu de solidarité active. Au surplus, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir des avis d'imposition rectifiés pour les années 2017, 2018 et 2019 sur lesquels ne figurent plus la pension alimentaire, dès lors que ces avis ont été rectifiés le 18 mars 2021, soit postérieurement à la notification de l'indu en litige. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

6. En troisième lieu, M. B ne saurait utilement se prévaloir de la précarité de sa situation et de sa bonne foi à l'encontre de la décision mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active, ces moyens n'étant recevables qu'à l'encontre d'une décision relative à une demande de remise de dette qu'il appartient au requérant de formuler auprès de l'administration préalablement à l'exercice de tout recours contentieux.

7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions présentées en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2201525

AC

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