mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201752 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 4 août 2022 et régularisée le 24 août 2022, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 28 juin 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme ne lui a accordé qu'une remise partielle d'un montant de 1 506,84 euros de sa dette au titre de la prime d'activité, laissant à sa charge une somme de 502,28 euros.
Elle soutient que :
- l'indu a pour origine une erreur de la caisse d'allocations familiales dès lors qu'elle a immédiatement déclaré son changement de situation ; elle est de bonne foi ;
- elle n'est pas en mesure de s'acquitter de la somme laissée à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'une remise de dette partielle a été accordée à Mme C en tenant compte de l'erreur de ses services et de son quotient familial.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et son conjoint, M. A, ont bénéficié de la prime d'activité. Par une décision du 19 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme a notifié à M. A un indu de prime d'activité d'un montant de 2 009,12 euros pour la période de décembre 2020 à septembre 2021, suite à la radiation de son compte allocataire pour regroupement de dossiers. La dette a été transférée sur le dossier de Mme C qui a sollicité une remise de dette le 21 janvier 2022. Par une décision du 10 juin 2022, la commission de recours amiable de la caisse lui a accordée une remise partielle de la dette, laissant à sa charge un montant de 502,28 euros. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
4. Si Mme C invoque qu'elle ne peut pas s'acquitter de la somme laissée à sa charge, elle n'apporte aucune précision ni aucun justificatif de ses revenus et de ses charges permettant au tribunal de se prononcer sur l'existence d'une éventuelle situation de précarité alors que la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme a évalué son quotient familial à 740 euros. Dans ces conditions, Mme C ne peut être regardée comme justifiant d'une situation de précarité financière nécessitant que lui soit accordée une remise supérieure ou totale du solde de sa dette.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la bonne foi de la requérante, Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 10 juin 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZALe greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 220175AC
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