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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201756

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201756

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201756
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre 3

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) de lui attribuer la prime de transition énergétique "MaPrimeRénov'". La décision de rejet de l’ANAH était fondée sur le fait que le montant total des aides publiques et privées déclarées par la requérante excédait le montant total de la dépense éligible, en méconnaissance des dispositions de l’article 3 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020. Le tribunal a jugé que Mme B n’apportait aucun élément probant pour contester ce motif, notamment en ce qui concerne le montant des primes perçues ou sa catégorie de ressources. En conséquence, les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juin 2022 par laquelle l'agence nationale de l'habitat (ANAH) a rejeté le recours administratif préalable formé contre la décision de retrait d'attribution de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' " ;

2°) d'enjoindre à l'ANAH de lui verser la somme de 7 500 euros au titre de la prime de transition énergétique.

Elle soutient que :

- contrairement à ce que soutient l'ANAH, elle n'a pas touché 20 000 euros de primes en cinq ans, mais uniquement 6 400 euros en 2021 ;

- la PrimeRénov' et la prime énergie (CEE) sont distinctes ;

- elle fait partie des ménages très modestes et ces primes, dont la PrimeRénov', lui permettent d'effectuer des travaux de chauffage et d'isolation ;

- elle n'a pas un reste à charge de 10 % mais de 53 % ;

- le logement à rénover n'est pas à Yutz mais à Saint-Gervais-d'Auvergne.

Par un courrier du 29 mai 2024, la directrice de l'ANAH a été mise en demeure de produire ses observations en défense dans un délai de trente jours, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bader-Koza,

- et les conclusions de M. Debrion, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. En vue de la réalisation de travaux d'isolation thermique, Mme B a sollicité auprès de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) le bénéfice de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' ". Par une décision du 16 décembre 2021, la directrice de l'ANAH a rejeté sa demande. Mme B a formé un recours administratif préalable contre cette décision, réceptionné le 20 janvier 2022. Par une décision du 13 juin 2022, la directrice de l'ANAH a rejeté son recours. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. L'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, dans sa version applicable au litige, prévoit la création d'" une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. Par dérogation, jusqu'au 31 décembre 2022, elle peut être distribuée sans condition de ressources, selon la nature des travaux et dépenses financés ". Cet article précise notamment que " Les caractéristiques et conditions d'octroi de cette prime ne peuvent être moins favorables pour le bénéficiaire que celles régissant le crédit d'impôt prévu à l'article 200 quater du code général des impôts dans sa rédaction résultant de la présente loi. Elles sont définies par décret ". Enfin, aux termes de l'article 3 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique dans sa version alors applicable dispose que : " I.- Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur. Les ménages relèvent de l'une des catégories de ressources suivantes, dans des conditions définies par arrêté : 1° les ménages dont les ressources sont inférieures ou égales aux plafonds de ressources dits " très modestes " ; () III.- La décision d'attribution de la prime précise le montant de la prime mentionné au I du présent article avant application des dispositions prévues au II et aux IV à VI au regard du projet de travaux et prestations présenté, les conditions de son versement, les cas et conditions dans lesquelles il pourrait en être demandé le reversement ainsi que le comptable assignataire. Elle est notifiée au demandeur et, le cas échéant, à son mandataire. IV.- Pour des mêmes travaux et dépenses éligibles, le montant total de la prime, des aides perçues au titre des certificats d'économie d'énergie mentionnés aux articles L. 221-1 et suivants du code de l'énergie, (), et des aides mentionnées à l'article L. 313-3 du code de la construction et de l'habitation, ne peut avoir pour conséquence de laisser à la charge du bénéficiaire : -moins de 10 % de la dépense éligible du projet pour les ménages dont les revenus sont définis au 1 du I du présent article ; () V.- Le montant total des aides publiques et privées hors aides, ristournes, remises, rabais ou contreparties mentionnées au II, ne peut être supérieur au montant total d'une même dépense éligible. Le respect du présent V s'apprécie lors de l'engagement de la prime et lors de sa liquidation. ". Enfin, l'annexe 2 de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique fixe le plafond de dépense éligible par catégorie de ménage pour l'isolation des murs par l'extérieur et fixe le plafond de dépense éligible à 150 euros par mètre carrés.

3. La demande de prime de Mme B a été rejetée au motif que le montant total des aides publiques et privées déclarés est supérieur au montant total de la dépense éligible. Si Mme B soutient notamment dans ses écritures ne pas avoir touché 20 000 euros de primes en cinq ans, mais uniquement 6 400 euros en 2021 et être dans la catégorie des ménages très modestes, alors qu'elle n'apporte en tout état de cause aucun élément à l'appui de ses allégations, il résulte des dispositions citées au point précédent que le montant des aides qu'elle a pu obtenir est nécessairement pris en compte pour le calcul de ses droits à la prime en cause. En outre, en se bornant à indiquer qu'elle ne comprend pas les explications qui ont pu lui être données par l'ANAH, qu'il reste à sa charge 53 % des dépenses et que le logement à rénover se situe dans la commune de Saint-Gervais-d'Auvergne et non dans celle de Yutz, Mme B ne remet pas sérieusement en cause la légalité de la décision contestée. Mme B n'étant ainsi pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, sa requête ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bader-Koza, présidente,

M. Jaffré, première conseillère,

M. Brun, conseiller.

Rendu public par la mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA

L'assesseure la plus ancienne,

dans l'ordre du tableau,

M. JAFFRÉ

Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR

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