mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202133 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48SI du 15 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler le document référence 44 du 11 août 2022 par lequel la préfète de l'Allier a constaté la remise de son permis de conduire aux autorités administratives.
Il soutient que :
- la décision 48SI en litige ainsi que le récépissé de remise de son permis de conduire sont entachés d'un défaut de motivation ;
- ils sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation ; il a reçu deux avis 48SI contradictoires ;
- il existe une confusion sur l'identification du conducteur du véhicule à l'origine de l'infraction ayant mené au retrait des trois derniers points de son permis de conduire ;
- il n'a pas pu prendre connaissance de l'avis de l'infraction du 9 août 2020 dès lors qu'il a changé d'adresse le 1er août 2020 et qu'il a vendu son véhicule le 12 septembre 2020 ; il n'a eu connaissance de cette infraction que par l'avis d'amende forfaitaire majorée du 29 avril 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 octobre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 27 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation du document référence 44 du 11 août 2022, par lequel la préfète de l'Allier atteste de la restitution de son permis de conduire, lequel ne constitue pas une décision faisant grief.
Vu :
- l'ordonnance n°2202132 du 13 octobre 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis une infraction au code de la route le 9 août 2020, ayant entrainé un retrait de trois points de son permis de conduire. Par une décision 48SI du 15 février 2022, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par un document référence 44 du 11 août 2022, la préfète de l'Allier a constaté que M. B avait remis son permis de conduire aux autorités et l'a informé de ce qu'il ne pourra obtenir un nouveau permis de conduire avant l'expiration du délai de six mois sous réserve d'être reconnu apte par la commission médicale dont il relève. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de ces actes, ce compris la décision portant retrait de points du 9 août 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du document référence 44 du 11 août 2022 :
2. Le document référence 44 du 11 août 2022 émis par la préfète de l'Allier se borne à attester de ce que M. B a remis son permis de conduire à l'autorité administrative, et à l'informer de ce qu'il ne pourra obtenir un nouveau permis de conduire avant l'expiration d'un délai de six mois. Dans ces conditions, ce document, dépourvu de caractère décisoire, n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dès lors, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de ce document ne sont pas recevables.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, la décision référencée " 48 SI " est établie sur un formulaire type qui comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des retraits de points opérés sur le permis de conduire du contrevenant. En outre, les mentions inscrites dans le relevé intégral d'information, document nominatif dont l'accès est librement accessible au titulaire du titre de conduite, récapitulent la date, le lieu, la qualification de l'infraction, les mentions relatives au caractère définitif de l'infraction par le paiement de l'amende forfaitaire, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou le prononcé d'une condamnation définitive et le nombre de points retirés. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision " 48 SI " doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'appréciation de l'imputabilité à un conducteur de l'infraction à raison de laquelle des points ont été retirés au capital affecté à son permis de conduire relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale. Le moyen invoqué par M. B, tiré de ce qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction en litige, est donc inopérant pour contester devant le juge administratif la légalité de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.
5. En dernier lieu, M. B soutient que la décision " 48 SI " du 15 février 2022 en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a reçu un second courrier du 18 février 2022 par lequel le ministre de l'intérieur l'informe de la perte de trois points suite à une infraction en date du 14 décembre 2021 et de ce que son solde de points est désormais de trois points. Toutefois, la réception de ce courrier, postérieur à la décision en litige, est sans incidence sur la légalité de cette dernière. En tout état de cause, d'une part, la décision " 48 SI " du 15 février 2022 mentionne également l'infraction du 14 décembre 2021, et d'autre part, au regard du relevé d'information intégral produit en défense, le solde de points du permis de conduire du requérant était nul à la date du 15 février 2022, si bien que le ministre de l'intérieur pouvait, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, édicter une telle décision " 48 SI ". Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la préfète de l'Allier et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La présidente,
S. CLe greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202133
JC
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