jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202489 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | PITCHER AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2022, Mme C A, agissant tant en son nom personnel qu'en celui de représentante légale de sa fille B A, représentée par Me Pitcher, demande au tribunal :
1°) de condamner le rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand à verser à sa fille B A la somme de 1 500 euros en réparation des préjudices subis par cette dernière en raison d'absences répétées de professeurs non remplacés ;
2°) de condamner le rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand à lui verser la somme de 500 euros en réparation des préjudices subis en raison d'absences répétées de professeurs non remplacés ;
3°) d'enjoindre au rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand de communiquer tout élément permettant d'éclairer le tribunal quant aux absences de professeurs non remplacés dans la classe concernée au titre de l'année scolaire 2021/2022 ;
4°) de mettre à la charge de l'académie de Clermont-Ferrand la somme de 700 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand a failli partiellement à sa mission de service public de l'enseignement en méconnaissance de l'article L. 131-1-1 du code de l'éducation dès lors que B A a subi trente jours d'absence de professeur ;
Sur les préjudices subis par B A :
- sa fille B A justifie de l'existence d'un préjudice en raison de l'absence de professeurs non-remplacés dès lors qu'elle a accumulé un retard dans ses apprentissages par rapport aux autres élèves disposant d'enseignements soutenus, handicapant pour la suite de son parcours scolaire ; l'adjonction d'un professeur particulier en soutien est devenue une nécessité ;
Sur les préjudices subis par Mme C A :
- elle a subi un préjudice moral dès lors qu'elle a été contrainte de s'assurer de la présence d'un professeur, de réorganiser son emploi du temps professionnel, d'assurer l'enseignement de son enfant à la place de l'État afin de limiter l'accumulation de lacunes.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2024, le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand conclut à l'irrecevabilité partielle de la requête et à son rejet.
Il soutient que :
- les conclusions relatives à la demande de communication de documents administratifs sont irrecevables en l'absence de saisine préalable par Mme A de la commission d'accès aux documents administratifs ;
- la requête manque de fiabilité et d'exactitude quant à la réalité des absences non remplacées ; le décompte des jours d'absence est inexact ; seul 13 jours d'absences de professeurs non remplacées ont été comptabilisés ; les absences ont été discontinues, perlées et donc imprévisibles ;
- il y a lieu de tenir compte du contexte de Covid-19 et du contexte de sous-effectif ;
- Mme A n'apporte aucune précision ni preuve du préjudice qu'aurait subi sa fille et se borne à de simples allégations ;
- le montant de l'indemnisation demandé est non-conforme à la jurisprudence qui s'élève à une moyenne de 1,88 euros par heure d'enseignement non dispensées ;
-Mme A n'établit aucun des dommages ou préjudices qu'elle allègue avoir subis ; elle s'appuie sur des allégations d'un préjudice subi par sa fille.
Mme A a produit un mémoire enregistré le 12 novembre 2024 qui n'a pas été communiqué en application des dispositions du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. B A a été scolarisée en classe de CE1 au sein de l'établissement d'enseignement public " Pierre Brossolette " situé sur la commune de Pont-du-Château (63) au titre de l'année scolaire 2021-2022. Par un courrier du 21 septembre 2022, Mme C A, représentante légale de B A, a, par le biais de son conseil, demandé l'indemnisation des préjudices subis auprès du rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand du fait d'absences répétées et du non-remplacement des professeurs de sa fille. En l'absence de réponse à sa demande, Mme A, agissant tant en son nom personnel qu'en celui de sa fille, demande au tribunal de condamner le rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand à les indemniser de leurs préjudices.
2. Aux termes de l'article L. 122-1-1 du code de l'éducation : " La scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun de connaissances, de compétences et de culture, auquel contribue l'ensemble des enseignements dispensés au cours de la scolarité. Le socle doit permettre la poursuite d'études, la construction d'un avenir personnel et professionnel et préparer à l'exercice de la citoyenneté. () ". L'article L. 211-1 du même code précise : " L'éducation est un service public national, dont l'organisation et le fonctionnement sont assurés par l'Etat, sous réserve des compétences attribuées par le présent code aux collectivités territoriales pour les associer au développement de ce service public. ". Il résulte de l'article D. 332-4 du code de l'éducation que les enseignements obligatoires dispensés au collège comprennent les enseignements communs pour lesquels les programmes et le volume horaire sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation. L'annexe 2 de l'arrêté du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège, dans sa version applicable au 1er septembre 2021, fixe les enseignements obligatoires et leur volume horaire.
3. La mission d'intérêt général d'enseignement qui lui est confiée impose au ministre chargé de l'éducation l'obligation légale d'assurer l'enseignement de toutes les matières obligatoires inscrites aux programmes d'enseignement tels qu'ils sont définis par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur selon les horaires réglementairement prescrits. Le manquement à cette obligation légale qui a pour effet de priver, en l'absence de toute justification tirée des nécessités de l'organisation du service, un élève de l'enseignement considéré pendant une période appréciable, est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
4. Si Mme A fait valoir que l'État a failli partiellement à sa mission de service public de l'enseignement en méconnaissance de l'article L. 131-1-1 du code de l'éducation en raison des absences répétées et du non-remplacement des professeurs de sa fille B A, scolarisée en classe de CE1, pour un total de trente jours d'enseignements non dispensés, elle n'apporte toutefois aucune précision ni aucun élément concret et circonstancié sur la nature du préjudice subi par son enfant et par elle-même du fait de ces absences. En outre, si la requérante allègue qu'elle a été contrainte de réaménager son emploi du temps professionnel et que sa fille a accumulé un retard dans ses apprentissages, elle ne l'établit pas. Ainsi, la requérante ne démontre pas la réalité des préjudices qu'elle invoque alors qu'au demeurant, il ressort des pièces produites en défense que les journées d'absence de professeurs non remplacés, au nombre de treize, ont un caractère perlé et discontinu.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction au recteur de produire tous éléments utiles à l'instance et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation de l'État à l'indemniser du préjudice subi par sa fille et par elle-même à raison d'absences de professeurs non remplacés. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026