mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202575 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | MERAL-PORTAL-YERMIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2022, M. A C, représenté par Me Meral, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Cantal (CAF) lui a notifié le rejet de sa demande en contestation d'un indu de prime d'activité d'un montant de 4 040,16 euros au titre de la période du mois de mars 2020 au mois de février 2021 ;
2°) de lui accorder la remise totale de sa dette ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Cantal une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne comporte pas les considérants de droits qui justifient l'indu ; la caisse d'allocations familiales indique à tort qu'il " ne dispose d'aucun titre de séjour valable pour le paiement des prestations de la caisse d'allocations familiales jusqu'en février 2022 " ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il était titulaire d'un titre de séjour sur la période de mars 2020 à 2021 qui n'a pas été retiré à titre rétroactif par les services de la préfecture du Cantal ; aucune fraude n'a été commise à l'égard des services de la caisse d'allocations familiales ; il n'a usurpé l'identité de personne ; sa situation ainsi que celle de son épouse ont été régularisées auprès de la préfecture du Cantal début 2022 qui leur a délivré de nouveaux titres de séjour ;
- la réclamation de l'indu de prestations familiales est injustifiée et s'apparente à un véritable acharnement.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 avril 2023, la caisse d'allocations familiales du Cantal conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'indu en litige résulte de l'absence de titres de séjour valables de M. C et de son épouse dès lors que ces titres étaient établis sous un faux nom ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée, même si les textes en vigueur ne sont pas expressément cités, dès lors que la législation qui s'applique en la matière est clairement énoncée ; elle indique clairement le motif du trop-perçu ;
- le plan de recouvrement personnalisé du couple est adapté à leur situation familiale, professionnelle et financière ; M. C n'a pas sollicité une remise de sa dette.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente du tribunal a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien, a été admis au bénéfice de la prime d'activité à compter du mois de janvier 2017. Par une décision du 17 mars 2022, la caisse d'allocations familiales du Cantal a notifié à M. C un indu de prime d'activité d'un montant de 4 040,16 euros pour la période de mars 2020 à février 2021. Par une décision du 21 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales du Cantal a notifié à M. C le rejet de sa demande en contestation de cet indu. Par la présente requête, M. C demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 211-8 du même code : " Les décisions des organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole de salariés ou de non-salariés ordonnant le reversement des prestations sociales indûment perçues sont motivées. / Elles indiquent les voies et délais de recours ouverts à l'assuré, ainsi que les conditions et les délais dans lesquels l'assuré peut présenter ses observations écrites ou orales. Dans ce dernier cas, l'assuré peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision par laquelle un organisme payeur procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime d'activité, doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
4. S'il ressort des pièces du dossier que la décision contestée du 21 octobre 2022 mentionne, d'une part, la nature et le montant de l'indu mis à la charge de M. C soit 4 040,16 euros au titre de la prime d'activité pour la période de mars 2020 à février 2021, et d'autre part, les motifs de fait qui la justifient, tenant à ce que la prime d'activité, sur cette période, a été versée sur la base d'un titre de séjour attribué par la préfecture sous une fausse identité, elle ne vise toutefois aucune disposition législative ou réglementaire. Par suite, la décision en litige est dépourvue des considérations de droit qui en constituent le fondement.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 21 octobre 2022 doit être annulée.
6. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Dès lors, le présent jugement, qui prononce seulement l'annulation de la décision de récupération d'indu contestée pour des motifs de régularité en la forme, n'implique pas nécessairement de prononcer la décharge de l'obligation de payer.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Cantal, la somme demandée par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 octobre 2022 de la caisse d'allocations familiales du Cantal est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la caisse d'allocations familiales du Cantal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La présidente,
S. B Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026