Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2202594
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202594 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 décembre 2022, le 18 octobre 2025 et le 1er novembre 2025, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle le directeur général du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) a fixé le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) à la somme de 18 250 euros pour l’année 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours hiérarchique du 9 août 2022 ;
2°) d’enjoindre au directeur général du CEREMA de fixer le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise à la somme de 19 561,84 euros au titre de l’année 2021 et de procéder à la régularisation de sa rémunération dans un délai de 2 mois à compter du présent jugement.
Elle soutient que :
- la décision du 7 février 2022 méconnaît les dispositions de l’article 4 du décret du 20 mai 2014, dès lors que le complément indemnitaire annuel (CIA) pour l’année 2021 lui a été notifié tardivement, le 24 juin 2022 ;
- elle est illégale à raison de l’illégalité de la décision du 24 janvier 2022 lui notifiant son coefficient de modulation individuel (CMI) au titre de l’année 2020, en ce que cette dernière méconnaît le principe d’égalité de traitement des fonctionnaires appartenant à un même corps, est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et a été notifiée tardivement et irrégulièrement ;
- elle est illégale à raison de l’illégalité de la décision interministérielle du 10 novembre 2021 et du support de présentation associé du 15 décembre 2021, qui méconnaissent les dispositions du décret du 20 mai 2014 dès lors qu’ils ne font pas référence aux fonctions occupées ;
- elle méconnaît le principe de sécurité juridique et l’objectif de valeur constitutionnelle d’accessibilité, de clarté et d’intelligibilité de la norme, faute de note de gestion ministérielle ;
- elle méconnaît le principe d’égalité de traitement entre agents se trouvant dans des situations comparables et le principe de sécurité juridique ;
- elle est entachée d’une erreur de droit, dès lors qu’elle se fonde sur des montants de prime de service et de rendement (PSR) et d’indemnité spécifique de service (ISS) irréguliers ;
- elle a subi un préjudice correspondant à la différence entre 18 250 euros, qui est le montant qui lui a été versé, et 19 561,84 euros, le montant qu’elle estime devoir lui être attribué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2025, le CEREMA conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive faute pour la requérante d’avoir contesté la décision du 24 janvier 2022 d’octroi du coefficient de modulation individuel (CMI) au titre de l’année 2020 dans les délais de recours contentieux ;
- les autres moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.
La requête et les mémoires ont été communiqués à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature et à la préfète du Puy-de-Dôme, qui n’ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2003-799 du 25 août 2003 relatif à l’indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l’équipement ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d’un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel dans la fonction publique de l’État ;
- l’arrêté du 25 août 2003 fixant les modalités d’application du décret n°2003-799 du 25 août 2003 relatif à l’indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts et chaussées et aux fonctionnaires des corps techniques de l’équipement ;
- l’arrêté du 5 novembre 2021 portant application au corps des ingénieurs des travaux publics de l’État et aux emplois d’ingénieur en chef des travaux publics de l’État du 1er groupe et du 2e groupe des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d’un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel dans la fonction publique de l’État ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Perraud,
- les conclusions de M. Duvanel, rapporteur public,
- et les observations de Mme B....
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 décembre 2020, Mme A... B..., ingénieure des travaux publics de l’État (ITPE), a bénéficié d’un avancement au grade d’ingénieure divisionnaire des travaux publics de l’État (IDTPE). Le 1er janvier 2021, elle a été nommée adjointe au chef du groupe territoires et transition à la direction territoriale centre est du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA). A la même date, le corps des ITPE a adhéré au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP). Par une décision du 24 janvier 2022, le directeur général du CEREMA a fixé le niveau de son coefficient de modulation individuel (CMI) en qualité d’ingénieur divisionnaire des travaux publics de l’État à 0,9 pour le calcul de son indemnité spécifique de service (ISS) au titre de l’année 2020. Mme B... a effectué un recours gracieux le 29 juin 2022, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Par une décision du 7 février 2022, le directeur général du CEREMA a fixé les montants d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et de complément indemnitaire annuel (CIA) de Mme B... au titre de l’année 2021. Son recours hiérarchique du 9 août 2022 à l’encontre de cette décision a fait l’objet d’une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme B... doit être regardée comme demandant l’annulation de la décision fixant le montant de son IFSE au titre de l’année 2021, ensemble la décision rejetant son recours hiérarchique contre cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D’une part, aux termes de l’article R. 421-2 du code de justice administrative : « Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet (…) ».
3. D’autre part, s’agissant des décisions implicites, qui ne donnent, par définition, pas lieu à notification au sens de l’article R. 421‑5 du code de justice administrative, l’article L. 112‑3 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : « Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception (…) ». Le dernier alinéa de l’article R. 112‑5 du même code précise que : « [L'accusé de réception prévu par l'article L. 112‑3] indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision (…) ». Enfin, l’article L. 112‑6 du même code dispose que : « Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation (…) ». Toutefois, l’article L. 112‑2 du même code prévoit que : « Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents », excluant ainsi l’applicabilité aux relations entre l’administration et ses agents de l’obligation d’accuser réception des demandes en précisant les voies et délais de recours.
4. Il résulte des dispositions précitées qu’en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l’encontre d’un agent public, alors même que l’administration n’a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l’article L. 112‑3 du code des relations entre le public et l’administration n’étant pas applicables aux agents publics comme il a été indiqué précédemment. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B... a, par un courrier du 29 juin 2022, contesté la décision du 24 janvier 2022 fixant le niveau de son coefficient de modulation individuel pour l’année 2020 en qualité d’ingénieur divisionnaire des travaux publics de l’État. Une décision implicite de refus est née du silence gardé par l’administration à l’issue d’un délai de deux mois. Mme B..., agent public, disposait d’un délai franc de deux mois à compter de cette date pour la contester devant la juridiction administrative. La requête ayant été enregistrée le 4 décembre 2022, les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 24 janvier 2022, à les supposer formulées par la requérante, sont, par suite, tardives.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision du 7 février 2022 :
6. En premier lieu, aux termes de l’article 1er du décret du 20 mai 2014 susvisé : « Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d’une part, d’une indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise et, d’autre part, d’un complément indemnitaire annuel lié à l’engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. / Des arrêtés du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé désignent, après avis du comité technique compétent ou du Conseil supérieur de la fonction publique de l’État, des corps et emplois bénéficiant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise et, le cas échéant, du complément indemnitaire annuel mentionné à l’alinéa précédent. (…) ». Aux termes de l’article 5 du décret : « L'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et le complément indemnitaire annuel sont exclusifs de toutes autres primes et indemnités liées aux fonctions et à la manière de servir, à l'exception de celles énumérées par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget ». Aux termes de l’article 6 du même décret : « Lors de la première application des dispositions du présent décret, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des régimes indemnitaires liés aux fonctions exercées ou au grade détenu et, le cas échéant, aux résultats, à l'exception de tout versement à caractère exceptionnel, est conservé au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise jusqu'à la date du prochain changement de fonctions de l'agent, sans préjudice du réexamen au vu de l'expérience acquise prévu au 2° de l'article 3 ». Par un arrêté interministériel du 5 novembre 2021, les dispositions du décret du 20 mai 2014 ont été rendues applicables de manière rétroactive, à compter du 1er janvier 2021, au corps des ingénieurs des travaux publics de l’État, auxquels avait été jusqu’alors maintenu un régime indemnitaire propre, composé de l’indemnité spécifique de service et de la prime de service et de rendement.
7. Il résulte des dispositions précitées que le montant d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise devant être servi aux ingénieurs des travaux publics de l’État au titre de l’année 2021, qui a constitué l’année de première application des dispositions du décret du 20 mai 2014 relatives au RIFSEEP dans la fonction publique de l'État, devait être établi sur le fondement du régime indemnitaire dont ils bénéficiaient jusqu’au 31 décembre 2020, soit l’indemnité spécifique de service et la prime de service et de rendement. Ainsi, alors que l’indemnité spécifique de service avait la particularité d’être versée avec une année de décalage, l’indemnité spécifique de service attribuée au titre de l’année n étant versée au cours de l’année n+1, la prime de service et de rendement était versée l’année au titre de laquelle les agents en avaient acquis les droits.
8. Il ressort des pièces du dossier que l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise perçue par Mme B... au titre de l’année 2021 a été calculée en fonction de l’indemnité spécifique de service attribuée en 2020 et de la prime de service et de rendement versée au titre de l’année 2021. Or cette prime a été supprimée à compter du 1er janvier 2021. Il s’ensuit que Mme B... n’ayant pu acquérir des droits au titre de la prime de service et de rendement en 2021, l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise fondée sur cette prime a été irrégulièrement calculée. Dès lors, Mme B... est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d’erreur de droit.
9. En second lieu, les dispositions du premier alinéa de l’article 20 de la loi du 13 juillet 1983, codifiées désormais aux articles L. 712-1 et L. 714-1 du code général de la fonction publique, disposent : « Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant (…) les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services (…) ». Selon l’article 16 du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État, la qualité des services rendus par l’agent est appréciée au vu de son compte rendu d’entretien professionnel au titre de l’année concernée.
10. L’article 1er du décret du 25 août 2003 susvisé énonce que : « Les (…) fonctionnaires des corps techniques de l'équipement, ingénieurs des travaux publics de l'État (…) bénéficient, dans la limite des crédits ouverts à cet effet, d'une indemnité spécifique de service. / Cette indemnité leur est versée l'année civile suivant celle correspondant au service rendu par les agents concernés. (…) ». Et l’article 7 du même décret prévoit que : « Les montants de l'indemnité spécifique de service susceptibles d'être servis peuvent faire l'objet de modulation pour tenir compte des fonctions exercées et de la qualité des services rendus dans des conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de l'équipement, du ministre chargé du budget et du ministre chargé de la fonction publique. » L’article 3 de l’arrêté du 25 août 2003 prévoit que : « Les coefficients de modulation individuelle prévus à l'article 7 du décret du 25 août 2003 (…) sont fixés dans les conditions suivantes : / Ingénieur divisionnaire des travaux publics de l'État et ingénieur des travaux publics de l'État hors classe : / Modulation individuelle par rapport au taux moyen entre 73,5 % et 122,5% ».
11. En l’espèce, pour fixer le coefficient final de modulation individuelle de Mme B... à 0,9 au titre de l’année 2020, et ainsi moduler le montant de la dotation finale d’indemnité spécifique de service qui lui a été attribué au titre de cette même année, qui a servi à calculer le montant d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de « bascule » devant lui être servie au titre de l’année 2021, le directeur général du CEREMA s’est fondé, ainsi qu’il le reconnaît dans son mémoire en défense, sur les termes de la note du 22 juin 2021 du directeur des ressources humaines de cet établissement public, dont l’objet est intitulé « Campagne indemnitaire relative à l’indemnité spécifique de service (droits 2020) versée aux fonctionnaires des corps techniques », et plus particulièrement sur le point 1.2 de cette note qui précise que « En cas de promotion, sous condition du maintien de la dotation d’ISS de l’agent avant promotion (si la manière de servir le justifie), le CMI d’ISS doit se situer dans la partie inférieure de la fourchette sauf : / l’année d’accès au grade d'IDTPE (TA classique) en cas de concrétisation sur un poste de second niveau publié ou dans le cadre d’une concrétisation sur place validée par le Cerema : 0,90 ».
12. Toutefois, conformément aux dispositions précitées, le directeur général du CEREMA ne pouvait se dispenser de prendre en compte la qualité des services rendus par l’intéressée au cours de l’année 2020 lors de la fixation du niveau de son coefficient de modulation individuel pour moduler sa dotation finale d’indemnité spécifique de service (ISS) au titre de l’année 2021. Par suite, le directeur général du CEREMA a entaché la décision contestée du 7 février 2022 d’une erreur de droit au regard des dispositions précitées de l’article 7 du décret du 25 août 2003 susvisé.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B... est fondée à demander l’annulation de la décision du 7 février 2022 fixant le montant de son IFSE à 18 250 euros au titre de l’année 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours hiérarchique du 9 août 2022.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
14. Eu égard à ses motifs, l’exécution du présent jugement implique que le directeur général du CEREMA procède au réexamen du montant d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à verser à Mme B... au titre de l’année 2021, dans le délai de deux mois à compter de sa notification.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 février 2022 par laquelle le directeur général du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) a fixé le montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) à verser à Mme B... au titre de l’année 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) de procéder au réexamen du montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) à verser à Mme B... au titre de l’année 2021, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA).
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète du Puy-de-Dôme et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
G. PERRAUD
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature et à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 décembre 2022, le 18 octobre 2025 et le 1er novembre 2025, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle le directeur général du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) a fixé le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) à la somme de 18 250 euros pour l’année 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours hiérarchique du 9 août 2022 ;
2°) d’enjoindre au directeur général du CEREMA de fixer le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise à la somme de 19 561,84 euros au titre de l’année 2021 et de procéder à la régularisation de sa rémunération dans un délai de 2 mois à compter du présent jugement.
Elle soutient que :
- la décision du 7 février 2022 méconnaît les dispositions de l’article 4 du décret du 20 mai 2014, dès lors que le complément indemnitaire annuel (CIA) pour l’année 2021 lui a été notifié tardivement, le 24 juin 2022 ;
- elle est illégale à raison de l’illégalité de la décision du 24 janvier 2022 lui notifiant son coefficient de modulation individuel (CMI) au titre de l’année 2020, en ce que cette dernière méconnaît le principe d’égalité de traitement des fonctionnaires appartenant à un même corps, est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et a été notifiée tardivement et irrégulièrement ;
- elle est illégale à raison de l’illégalité de la décision interministérielle du 10 novembre 2021 et du support de présentation associé du 15 décembre 2021, qui méconnaissent les dispositions du décret du 20 mai 2014 dès lors qu’ils ne font pas référence aux fonctions occupées ;
- elle méconnaît le principe de sécurité juridique et l’objectif de valeur constitutionnelle d’accessibilité, de clarté et d’intelligibilité de la norme, faute de note de gestion ministérielle ;
- elle méconnaît le principe d’égalité de traitement entre agents se trouvant dans des situations comparables et le principe de sécurité juridique ;
- elle est entachée d’une erreur de droit, dès lors qu’elle se fonde sur des montants de prime de service et de rendement (PSR) et d’indemnité spécifique de service (ISS) irréguliers ;
- elle a subi un préjudice correspondant à la différence entre 18 250 euros, qui est le montant qui lui a été versé, et 19 561,84 euros, le montant qu’elle estime devoir lui être attribué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2025, le CEREMA conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive faute pour la requérante d’avoir contesté la décision du 24 janvier 2022 d’octroi du coefficient de modulation individuel (CMI) au titre de l’année 2020 dans les délais de recours contentieux ;
- les autres moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.
La requête et les mémoires ont été communiqués à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature et à la préfète du Puy-de-Dôme, qui n’ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2003-799 du 25 août 2003 relatif à l’indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l’équipement ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d’un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel dans la fonction publique de l’État ;
- l’arrêté du 25 août 2003 fixant les modalités d’application du décret n°2003-799 du 25 août 2003 relatif à l’indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts et chaussées et aux fonctionnaires des corps techniques de l’équipement ;
- l’arrêté du 5 novembre 2021 portant application au corps des ingénieurs des travaux publics de l’État et aux emplois d’ingénieur en chef des travaux publics de l’État du 1er groupe et du 2e groupe des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d’un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel dans la fonction publique de l’État ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Perraud,
- les conclusions de M. Duvanel, rapporteur public,
- et les observations de Mme B....
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 décembre 2020, Mme A... B..., ingénieure des travaux publics de l’État (ITPE), a bénéficié d’un avancement au grade d’ingénieure divisionnaire des travaux publics de l’État (IDTPE). Le 1er janvier 2021, elle a été nommée adjointe au chef du groupe territoires et transition à la direction territoriale centre est du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA). A la même date, le corps des ITPE a adhéré au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP). Par une décision du 24 janvier 2022, le directeur général du CEREMA a fixé le niveau de son coefficient de modulation individuel (CMI) en qualité d’ingénieur divisionnaire des travaux publics de l’État à 0,9 pour le calcul de son indemnité spécifique de service (ISS) au titre de l’année 2020. Mme B... a effectué un recours gracieux le 29 juin 2022, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Par une décision du 7 février 2022, le directeur général du CEREMA a fixé les montants d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et de complément indemnitaire annuel (CIA) de Mme B... au titre de l’année 2021. Son recours hiérarchique du 9 août 2022 à l’encontre de cette décision a fait l’objet d’une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme B... doit être regardée comme demandant l’annulation de la décision fixant le montant de son IFSE au titre de l’année 2021, ensemble la décision rejetant son recours hiérarchique contre cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D’une part, aux termes de l’article R. 421-2 du code de justice administrative : « Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet (…) ».
3. D’autre part, s’agissant des décisions implicites, qui ne donnent, par définition, pas lieu à notification au sens de l’article R. 421‑5 du code de justice administrative, l’article L. 112‑3 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : « Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception (…) ». Le dernier alinéa de l’article R. 112‑5 du même code précise que : « [L'accusé de réception prévu par l'article L. 112‑3] indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision (…) ». Enfin, l’article L. 112‑6 du même code dispose que : « Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation (…) ». Toutefois, l’article L. 112‑2 du même code prévoit que : « Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents », excluant ainsi l’applicabilité aux relations entre l’administration et ses agents de l’obligation d’accuser réception des demandes en précisant les voies et délais de recours.
4. Il résulte des dispositions précitées qu’en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l’encontre d’un agent public, alors même que l’administration n’a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l’article L. 112‑3 du code des relations entre le public et l’administration n’étant pas applicables aux agents publics comme il a été indiqué précédemment. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B... a, par un courrier du 29 juin 2022, contesté la décision du 24 janvier 2022 fixant le niveau de son coefficient de modulation individuel pour l’année 2020 en qualité d’ingénieur divisionnaire des travaux publics de l’État. Une décision implicite de refus est née du silence gardé par l’administration à l’issue d’un délai de deux mois. Mme B..., agent public, disposait d’un délai franc de deux mois à compter de cette date pour la contester devant la juridiction administrative. La requête ayant été enregistrée le 4 décembre 2022, les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 24 janvier 2022, à les supposer formulées par la requérante, sont, par suite, tardives.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision du 7 février 2022 :
6. En premier lieu, aux termes de l’article 1er du décret du 20 mai 2014 susvisé : « Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d’une part, d’une indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise et, d’autre part, d’un complément indemnitaire annuel lié à l’engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. / Des arrêtés du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé désignent, après avis du comité technique compétent ou du Conseil supérieur de la fonction publique de l’État, des corps et emplois bénéficiant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise et, le cas échéant, du complément indemnitaire annuel mentionné à l’alinéa précédent. (…) ». Aux termes de l’article 5 du décret : « L'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et le complément indemnitaire annuel sont exclusifs de toutes autres primes et indemnités liées aux fonctions et à la manière de servir, à l'exception de celles énumérées par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget ». Aux termes de l’article 6 du même décret : « Lors de la première application des dispositions du présent décret, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des régimes indemnitaires liés aux fonctions exercées ou au grade détenu et, le cas échéant, aux résultats, à l'exception de tout versement à caractère exceptionnel, est conservé au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise jusqu'à la date du prochain changement de fonctions de l'agent, sans préjudice du réexamen au vu de l'expérience acquise prévu au 2° de l'article 3 ». Par un arrêté interministériel du 5 novembre 2021, les dispositions du décret du 20 mai 2014 ont été rendues applicables de manière rétroactive, à compter du 1er janvier 2021, au corps des ingénieurs des travaux publics de l’État, auxquels avait été jusqu’alors maintenu un régime indemnitaire propre, composé de l’indemnité spécifique de service et de la prime de service et de rendement.
7. Il résulte des dispositions précitées que le montant d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise devant être servi aux ingénieurs des travaux publics de l’État au titre de l’année 2021, qui a constitué l’année de première application des dispositions du décret du 20 mai 2014 relatives au RIFSEEP dans la fonction publique de l'État, devait être établi sur le fondement du régime indemnitaire dont ils bénéficiaient jusqu’au 31 décembre 2020, soit l’indemnité spécifique de service et la prime de service et de rendement. Ainsi, alors que l’indemnité spécifique de service avait la particularité d’être versée avec une année de décalage, l’indemnité spécifique de service attribuée au titre de l’année n étant versée au cours de l’année n+1, la prime de service et de rendement était versée l’année au titre de laquelle les agents en avaient acquis les droits.
8. Il ressort des pièces du dossier que l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise perçue par Mme B... au titre de l’année 2021 a été calculée en fonction de l’indemnité spécifique de service attribuée en 2020 et de la prime de service et de rendement versée au titre de l’année 2021. Or cette prime a été supprimée à compter du 1er janvier 2021. Il s’ensuit que Mme B... n’ayant pu acquérir des droits au titre de la prime de service et de rendement en 2021, l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise fondée sur cette prime a été irrégulièrement calculée. Dès lors, Mme B... est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d’erreur de droit.
9. En second lieu, les dispositions du premier alinéa de l’article 20 de la loi du 13 juillet 1983, codifiées désormais aux articles L. 712-1 et L. 714-1 du code général de la fonction publique, disposent : « Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant (…) les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services (…) ». Selon l’article 16 du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État, la qualité des services rendus par l’agent est appréciée au vu de son compte rendu d’entretien professionnel au titre de l’année concernée.
10. L’article 1er du décret du 25 août 2003 susvisé énonce que : « Les (…) fonctionnaires des corps techniques de l'équipement, ingénieurs des travaux publics de l'État (…) bénéficient, dans la limite des crédits ouverts à cet effet, d'une indemnité spécifique de service. / Cette indemnité leur est versée l'année civile suivant celle correspondant au service rendu par les agents concernés. (…) ». Et l’article 7 du même décret prévoit que : « Les montants de l'indemnité spécifique de service susceptibles d'être servis peuvent faire l'objet de modulation pour tenir compte des fonctions exercées et de la qualité des services rendus dans des conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de l'équipement, du ministre chargé du budget et du ministre chargé de la fonction publique. » L’article 3 de l’arrêté du 25 août 2003 prévoit que : « Les coefficients de modulation individuelle prévus à l'article 7 du décret du 25 août 2003 (…) sont fixés dans les conditions suivantes : / Ingénieur divisionnaire des travaux publics de l'État et ingénieur des travaux publics de l'État hors classe : / Modulation individuelle par rapport au taux moyen entre 73,5 % et 122,5% ».
11. En l’espèce, pour fixer le coefficient final de modulation individuelle de Mme B... à 0,9 au titre de l’année 2020, et ainsi moduler le montant de la dotation finale d’indemnité spécifique de service qui lui a été attribué au titre de cette même année, qui a servi à calculer le montant d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de « bascule » devant lui être servie au titre de l’année 2021, le directeur général du CEREMA s’est fondé, ainsi qu’il le reconnaît dans son mémoire en défense, sur les termes de la note du 22 juin 2021 du directeur des ressources humaines de cet établissement public, dont l’objet est intitulé « Campagne indemnitaire relative à l’indemnité spécifique de service (droits 2020) versée aux fonctionnaires des corps techniques », et plus particulièrement sur le point 1.2 de cette note qui précise que « En cas de promotion, sous condition du maintien de la dotation d’ISS de l’agent avant promotion (si la manière de servir le justifie), le CMI d’ISS doit se situer dans la partie inférieure de la fourchette sauf : / l’année d’accès au grade d'IDTPE (TA classique) en cas de concrétisation sur un poste de second niveau publié ou dans le cadre d’une concrétisation sur place validée par le Cerema : 0,90 ».
12. Toutefois, conformément aux dispositions précitées, le directeur général du CEREMA ne pouvait se dispenser de prendre en compte la qualité des services rendus par l’intéressée au cours de l’année 2020 lors de la fixation du niveau de son coefficient de modulation individuel pour moduler sa dotation finale d’indemnité spécifique de service (ISS) au titre de l’année 2021. Par suite, le directeur général du CEREMA a entaché la décision contestée du 7 février 2022 d’une erreur de droit au regard des dispositions précitées de l’article 7 du décret du 25 août 2003 susvisé.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B... est fondée à demander l’annulation de la décision du 7 février 2022 fixant le montant de son IFSE à 18 250 euros au titre de l’année 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours hiérarchique du 9 août 2022.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
14. Eu égard à ses motifs, l’exécution du présent jugement implique que le directeur général du CEREMA procède au réexamen du montant d’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à verser à Mme B... au titre de l’année 2021, dans le délai de deux mois à compter de sa notification.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 février 2022 par laquelle le directeur général du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) a fixé le montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) à verser à Mme B... au titre de l’année 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) de procéder au réexamen du montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) à verser à Mme B... au titre de l’année 2021, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA).
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète du Puy-de-Dôme et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
G. PERRAUD
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature et à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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