jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202722 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2022, M. A B conteste la décision du 28 octobre 2022 par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre lui a attribué la somme de 2 500 euros au titre de l'aide instituée par le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés.
Il soutient que le montant alloué ne lui permet pas de couvrir la totalité de la dépense liée aux travaux d'amélioration énergétique de son logement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2023, l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen ;
- eu égard à la durée de son séjour dans les camps, de ses ressources du requérant et de ses conditions de scolarité dérogatoires auxquelles le requérant a été soumis, une somme de 2 500 euros lui a été attribuée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentéjac, présidente ;
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B conteste la décision du 28 octobre 2022 par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre lui a attribué la somme de 2 500 euros au titre de l'aide instituée par le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 28 décembre 2018 instituant un dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés : " Les enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés, qui ont séjourné pendant au moins quatre-vingt-dix jours dans l'une des structures dont la liste est fixée en annexe au décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles, à la suite du rapatriement de leur famille sur le territoire national, et qui résident en France de manière stable et effective, peuvent demander, jusqu'au 31 décembre 2022, une aide de solidarité lorsque leurs ressources ne leur permettent pas de s'acquitter de dépenses ayant un caractère essentiel dans les domaines de la santé, du logement ou de la formation et de l'insertion professionnelle. () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " () Pour attribuer l'aide et en déterminer le montant, le directeur général de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre prend en compte, d'une part, la durée de séjour du demandeur dans l'une ou plusieurs des structures mentionnées au premier alinéa de l'article 1er et les conditions de scolarisation qu'il y a connues, d'autre part, l'ensemble des éléments de sa situation personnelle en ce qui concerne la composition de son foyer, le niveau de ses revenus et de ses charges, ainsi que la nature et le montant des dépenses mentionnées au premier alinéa de l'article 1er demeurant à sa charge après prise en compte, le cas échéant, des dispositifs de droit commun existants susceptibles de les couvrir. ".
3. Par une instruction n° 2019-01/ARM/ONACVG du 9 janvier 2019, l'ONACVG a défini les modalités de traitement des demandes présentées au titre du dispositif institué par le décret du 28 décembre 2018 précité. L'instruction précise, d'une part, que ce dispositif est destiné à apporter une aide de solidarité à ses destinataires afin de prendre en charge des dépenses ayant un caractère essentiel, d'autre part, que les services doivent apprécier la situation et le besoin des demandeurs en prenant en compte le temps cumulé des séjours dans des camps de forestage, les conditions de scolarisation dérogatoires de droit commun et la situation personnelle du demandeur. Son annexe 3 " Fiche d'aide à la décision " qui fixe la méthode de modulation des critères en fonction d'éléments d'information, mentionne que le demandeur identifié " priorité 3 " peut se voir attribuer une aide comprise entre 20 et 50 % et indique que, pour assurer une homogénéité dans le traitement des demandes, les montants d'aide peuvent varier dans les limites indicatives de 500 euros à 10 000 euros.
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour déterminer le montant de l'aide attribuée à M. B, l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre a tenu compte des éléments de la situation personnelle du requérant, notamment, de la circonstance qu'il a passé 105 jours dans les hameaux ou camps de forestage, du montant de son revenu " réel disponible " qui s'élève à 629,50 euros par mois, et de ce qu'il a été soumis à des conditions de scolarité dérogatoires. Il a conclu que l'intéressé relevait d'une " priorité 3 " correspondant au total des 45 points obtenus et a enfin tenu compte de la limite des crédits prévus à ce titre au budget de l'Office. Par suite, et alors même que cette somme ne couvrirait pas l'ensemble des travaux projetés par M. B, la décision par laquelle la directrice générale de l'Office a évalué à 2 500 euros le montant de l'aide de solidarité qui lui a été attribuée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJACL'assesseur le plus ancien,
J.-M. DEBRION
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220272
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