jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2300493 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | RACOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 mars 2023 et le 26 août 2023, Mme C A, représentée par Me Salas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2022, confirmée par la décision du 11 janvier 2023, par lesquelles la commission de médiation du droit au logement opposable de l'Allier a rejeté son recours en vue de l'obtention d'une offre de logement ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros au titre des dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de statuer sur les dépens.
Elle soutient que :
- elle se trouve en situation de handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale ;
- elle n'a été destinataire que de deux propositions de logement malgré l'urgence médicalement constatée de bénéficier d'un logement adapté à son handicap ;
- elle a refusé légitimement ces deux propositions de logements en raison du manque d'accessibilité ;
- les dispositions du code de la construction et de l'habitation ne prévoient pas le cumul d'une situation de handicap et de l'indécence du logement de sorte que la commission ne pouvait rejeter sa demande au motif que son logement n'est pas non-décent ;
- la décision de la commission la maintient dans une situation de précarité justifiant sa demande de dommages et intérêts en réparation de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2023, la préfète de l'Allier conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que la commission de médiation DALO a, par décision du 11 janvier 2023, rejeté la demande de la requérante dès lors que cette dernière a déjà bénéficié de multiples propositions de logement.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Mme B a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 juillet 2022, Mme A a saisi la commission de médiation de l'Allier en vue d'une offre de logement, dans les conditions prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 11 janvier 2023, confirmant la décision du 7 septembre 2022 portant rejet de sa demande de logement au motif qu'elle a refusé une proposition de logement social adaptée à sa demande, la commission de médiation de l'Allier a rejeté le recours gracieux introduit par Mme A. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler de ces décisions.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si, dans son mémoire en défense, la préfète de l'Allier conclut au non-lieu à statuer, ces conclusions ne sont pas étayées et aucun élément du dossier n'apparaît de nature à conclure au non-lieu.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " () II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. () / Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur () présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114 () ".
4. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (). Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L.441-1-4 ; - être dépourvues de logement () ;- être logées dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux () -avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ;- être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois () -être handicapées, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées au 2° de l'article D. 542-14 du code de la sécurité sociale, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à la commission de médiation, qui, pour instruire les demandes qui lui sont présentées en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, peut obtenir des professionnels de l'action sociale et médico-sociale, au besoin sur sa demande, les informations propres à l'éclairer sur la situation des demandeurs, de procéder, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à un examen global de la situation de ces derniers au regard des informations dont elle dispose, sans être limitée par le motif invoqué dans la demande, afin de vérifier s'ils se trouvent dans l'une des situations envisagées à l'article R. 441-14-1 de ce code pour être reconnus prioritaires et devant être relogés en urgence au titre du premier ou du deuxième alinéa du II de l'article L. 441-2-3 ; que le demandeur qui forme un recours pour excès de pouvoir contre la décision par laquelle la commission de médiation a refusé de le déclarer prioritaire et devant être relogé en urgence peut utilement faire valoir qu'à la date de cette décision, il remplissait les conditions pour être déclaré prioritaire sur le fondement d'un autre alinéa du II de l'article L. 441-2-3 que celui qu'il avait invoqué devant la commission de médiation ; qu'il peut également présenter pour la première fois devant le juge de l'excès de pouvoir des éléments de fait ou des justificatifs qu'il n'avait pas soumis à la commission, sous réserve que ces éléments tendent à établir qu'à la date de la décision attaquée, il se trouvait dans l'une des situations lui permettant d'être reconnu comme prioritaire et devant être relogé en urgence.
6. En premier lieu, si la requérante fait valoir que l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ne prévoit pas le cumul d'une situation de handicap et du caractère décent du logement, il n'apparait pas que ce motif aurait été le seul à justifier la décision de rejet en litige dès lors qu'il n'a pas été repris dans la décision du 11 janvier 2023 adoptée après recours administratif préalable et motivée uniquement par le refus d'une proposition adaptée à sa demande de logement social et qui s'est nécessairement substituée à la décision du 7 septembre 2023.
7. En second lieu, Mme A soutient que son handicap, reconnu comme étant égal ou supérieur à 80 % par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées par une décision du 20 janvier 2020, justifie aussi bien le caractère urgent de sa demande que les refus qu'elle a opposé aux deux propositions de logements dont elle a été destinataire, dès lors que le premier était situé à plus d'un demi-kilomètre de tout commerce et que le second ne disposait que d'une baignoire.
8. Il résulte de l'instruction, notamment des divers certificats médicaux datés de septembre et octobre 2022, qu'en raison de son état de santé Mme A ne peut pas utiliser de baignoire. Ainsi, la proposition de logement du 31 mai 2022 pour un logement de type T3 comportant uniquement une baignoire apparait comme étant inadaptée aux besoins de la requérante. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que Mme A, qui vit seule, a refusé la première proposition de logement au motif, d'une part, que ce dernier était trop petit, alors qu'il s'agissait d'un appartement de type T3 en rez-de-chaussée d'une superficie de 69 m² et, d'autre part, qu'il se trouve être trop éloigné des commerces alors qu'aucune pièce du dossier n'établit que la requérante aurait d'important problème de mobilité limitant à moins de 500 mètres son périmètre de marche. Il n'apparait ainsi pas qu'un tel motif soit de nature à justifier le refus d'un logement.
9. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment du suivi de la demande de logement de la requérante fourni par la préfecture, que, suite aux nombreuses sollicitations de la requérante, neuf propositions orales de logements ont été faites par les bailleurs sociaux en plus des deux propositions écrites, dont trois depuis l'adoption de la décision contestée. Mme A a refusé l'ensemble de ces propositions. Un accompagnement social lié au logement a également été mis en place au cours du mois de mai 2022 afin d'accompagner la requérante dans ses démarches. Ainsi, malgré les exigences très nombreuses de la requérante, vivant seule mais souhaitant bénéficier d'un logement de type T3 d'un minimum de 70 m², en rez-de-chaussée, avec balcon, la préfecture de l'Allier et les organismes sociaux justifient de multiples démarches ayant pour objectif de proposer à Mme A un logement adapté à ses besoins.
10. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la commission de médiation de l'Allier a pu considérer que la requérante a reçu une proposition adaptée à sa demande de logement social et a, par conséquent, rejeté son recours en vue de reconnaître sa demande comme étant prioritaire et urgente. En tout état de cause, si Mme A se prévaut d'une urgence médicalement constatée de sa demande de logement, ses multiples refus et ses écritures produites le 26 août 2023 indiquant qu'elle ne souhaite pas quitter le logement qu'elle occupe actuellement dans le parc privé tant que ses différends avec son bailleur ne sont pas résolus, sont de nature à s'interroger sur l'urgence de sa situation.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées en indemnisation et les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête susvisée de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à la préfète de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La présidente,
S. B Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
AC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026