lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301060 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP LANGLAIS BRUSTEL LEDOUX ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2023, complétée par des pièces enregistrées les 13 juillet et 20 septembre 2023, M. C A, représenté par la SELARL Auverjuris, Me Legay, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au contradictoire de la SA SNCF Réseau, de la SAS Travaux et Maintenance Ferroviaire (TMF), de la SAS Securail, de la SAS Travaux Publics Sicilia Manuel (TPSM) et de la CPAM du Puy-de-Dôme en vue d'établir l'étendue de ses préjudices en conséquence de l'accident du travail du 13 mai 2015 :
2°) de mettre à la charge in solidum de la SA SNCF Réseau et de la société TMF la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime d'un accident du travail sur un chantier de curage de fossés, le 13 mai 2015 après avoir été percuté par une pelle rail-route de la société Travaux et Maintenance Ferroviaire ; il a subi plusieurs fractures du pied droit, bassin, tassement lombaire et de l'apophyse transverse gauche ;
- il a saisi le tribunal judiciaire en demande indemnitaire contre la société Travaux et Maintenance Ferroviaire ; par un arrêt du 8 février 2023, la cour d'appel de Riom a jugé la juridiction judiciaire incompétente pour connaître du litige qui relève de la juridiction administrative ;
- la demande d'expertise est utile dans le cadre de l'indemnisation à intervenir suite à plusieurs fautes commises et aux manquements aux règles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la SA SNCF Réseau, représentée par la SARL Truno et Associés, Me Galand, demande au juge des référés de prendre acte de ses réserves et protestations, dire que le requérant fera l'avance des frais d'expertise et rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, la SAS Travaux Publics Sicilia Manuel, représentée par la SELARL AMMA Avocats, Me Marc, demande au juge des référés :
- de prendre acte de ses réserves et protestations ;
- de mettre en cause la compagnie d'assurance Allianz IARD.
Elle fait valoir que :
- elle intervient en tant que titulaire du marché en litige, mais a fait appel à un sous-traitant, la société TMF, afin de réaliser le curage des fossés ;
- elle a souscrit une assurance auprès d'Allianz IARD.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, la SAS Securail, représentée par Me Constant, demande au juge des référés de prendre acte de ses protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, la SAS Travaux et Maintenance Ferroviaire, représentée par la SCP Langlais Brustel Ledoux et Associés, Me Brustel, demande au juge des référés de prendre acte de ses réserves et protestations, dire que le requérant fera l'avance des frais d'expertise et rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en intervention enregistré le 29 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme déclare intervenir dans la présente instance et ne s'oppose pas à la demande d'expertise.
L'intégralité des pièces de la requête a été communiquée à la compagnie d'assurances Allianz IARD qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige au principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. M. A est agent de sécurité du personnel (ASP) au sein de la société Securail. Il a été victime, le 13 mai 2015, d'un accident alors qu'il intervenait sur un chantier de curage des fossés au profit de la SNCF, maître d'ouvrage. Il a été percuté par une " pelle rail-route " de la société Travaux et Maintenance Ferroviaire, sous-traitant de la société Travaux Publics Sicilia Manuel signataire du marché. M. A a été placé en arrêt de travail depuis cet accident. M. A a assigné la société Travaux et Maintenance Ferroviaire devant le tribunal judiciaire aux fins de voir reconnaître sa responsabilité dans l'accident. La cour d'appel de Riom, par son arrêt du 8 février 2023, a considéré que les juridictions judiciaires étaient incompétentes pour connaître de ce litige qui relève intégralement des juridictions administratives. M. A demande au juge des référés de désigner un médecin expert en vue d'établir l'étendue de ses préjudices en conséquence de l'accident du travail du 13 mai 2015.
4. La mesure d'expertise demandée par M. A entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
5. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit, ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et de le soumettre préalablement aux parties. Toutefois l'article R. 621-7 du code de justice administrative prévoit : " L'expert garantit le caractère contradictoire des opérations d'expertise. () L'expert recueille et consigne les observations des parties sur les constatations auxquelles il procède et les conclusions qu'il envisage d'en tirer. Toutefois, lorsque l'expert a fixé aux parties un délai pour produire leurs observations, il n'est pas tenu de prendre en compte celles qui lui sont transmises après l'expiration de ce délai. () ". Il suit de là que les conclusions des parties tendant à ce que le juge des référés ordonne la production d'un pré-rapport ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il n'appartient pas à la juridiction administrative de donner acte de protestations et de réserves. Par suite les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il appartient à la présidente de la juridiction et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Les conclusions des parties tendant à réserver les dépens, ne peuvent être accueillies.
8. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur D B, centre hospitalier Jacques Lacarin, boulevard Denière, à Vichy (03207) est désigné en qualité d'expert, avec pour mission de : :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. A ; convoquer et entendre les parties ainsi que tout sachant ; procéder à l'étude de l'entier dossier médical de M. A et à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de M. A avant le 13 mai 2015, en précisant, le cas échéant les pathologies dont il était atteint ou les traitements dont il faisait l'objet ;
3°) décrire l'état de santé actuel de M. A et notamment les séquelles physiques et psychologiques dont il serait atteint, ainsi que les traitements qui y sont associés ; dire si cet état s'est aggravé depuis le 13 mai 2015 ; déterminer dans quelle mesure les séquelles dont souffre M. A sont imputables à l'accident de travail dont il a été victime, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec une pathologie antérieure, son évolution, ou toute autre cause extérieure ;
4°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux temporaires et permanents subis par M. A tels que les souffrances endurées, le préjudice d'agrément, les dépenses de santé, l'assistance à tierce personne, l'incidence professionnelle (), et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable à l'accident de travail dont il a été victime, de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, ou qui relèverait d'un état antérieur ou postérieur ;
5°) dire si l'état de M. A est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution et sur son degré de probabilité ;
6°) d'une manière générale, donner au tribunal tout renseignement utile à la détermination, au vu de l'état de santé actuel présenté par le requérant, de l'entier préjudice qu'il subit.
Article 2 : Dans le respect du secret médical, l'expert, qui pourra s'adjoindre un ou plusieurs sapiteurs avec l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative au contradictoire, de M. A, de la SA SNCF Réseau, de la SAS Travaux et Maintenance Ferroviaire, de la SAS Securail, de la SAS Travaux Publics Sicilia Manuel, de la compagnie Allianz IARD et de la CPAM du Puy-de-Dôme.
Article 3 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Il déposera son rapport au greffe du tribunal sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de 6 mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la SA SNCF Réseau, à la SAS Travaux et Maintenance Ferroviaire (TMF), à la SAS Securail, à la SAS Travaux Publics Sicilia Manuel (TPSM), à Allianz IARD, à la CPAM du Puy-de-Dôme et à M. D B, expert.
Fait à Clermont-Ferrand, le 5 février 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301060
pm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026