Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2301130
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2303438 du 30 mai 2023, le tribunal administratif de Lyon a renvoyé le dossier de la requête de Mme B... A....
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, au greffe du tribunal administratif de Lyon, Mme B... A..., agissant en qualité de dirigeante de la société Terroirs et chansons, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d’annuler le titre de perception n° ADCE 222600048554 émis le 5 juillet 2022 à son encontre par le directeur régional des finances publiques d’Auvergne Rhône-Alpes portant demande de remboursement de la somme de 506 euros correspondant à un trop perçu d’aide attribuée au titre du mois d’octobre 2020 dans le cadre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques et financières de la propagation de l’épidémie de covid-19, ensemble la décision du directeur régional des finances publiques d’Auvergne Rhône-Alpes rejetant implicitement sa réclamation préalable formée contre ce titre de perception ;
2°) de la décharger du paiement de cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d’incompétence ;
- le titre n’est pas signé en méconnaissance de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- il méconnaît les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors que son activité remplissait les conditions prévues par ce décret, qu’elle a subi les effets du confinement du fait notamment de l’interdiction faite aux bars et aux restaurants d’accueillir du public et a subi une perte de chiffre d’affaires importante sur la période en litige alors qu’elle n’avait pas été informée de ce que les pensions de retraite devaient être prises en compte ;
- les décisions sont illégales dès lors qu’elles ont pour effet de retirer une décision créatrice de droit plus de quatre mois après son édiction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la direction départementale des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu l’ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif aux fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bentéjac ;
- et les conclusions de M. Duvanel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... est présidente de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) « Terroirs et chansons » qui exploite un établissement de débit de boissons sous l’enseigne « Chez Babette - L’Après-Ciné ». Mme A... a sollicité pour le compte de cette société les aides du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques et financières de la propagation de l’épidémie de covid-19 pour les mois de mars à décembre 2020 et pour les mois de janvier à mai 2021. À la suite d’un contrôle, le 5 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques d’Auvergne-Rhône-Alpes a émis, le 5 juillet 2022, plusieurs titres de perception afin de recouvrer une partie de l’aide attribuée. Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal d’annuler le titre de perception émis à son encontre le 5 juillet 2022 afin de recouvrer la somme de 506 euros correspondant à l’aide perçue au titre du mois d’octobre 2020 ainsi que la décision implicite par laquelle le directeur régional des finances publiques d’Auvergne-Rhône-Alpes de rejet de son recours préalable obligatoire.
Sur les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours préalable obligatoire :
2. La décision par laquelle l’administration a rejeté le recours préalable obligatoire formé par Mme A... contre le titre de perception émis le 5 juillet 2022 a pour seul effet de lier le contentieux à l’égard de l’objet de sa demande et ne se substitue pas au titre de perception attaqué. Ainsi, les vices propres dont cette décision serait le cas échéant entachée sont sans incidence sur la solution du litige. Il s’en suit que les conclusions de la requête tendant à l’annulation de cette décision, par laquelle l’administration a statué sur la réclamation de la requérante ne peuvent qu’être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre le titre de perception :
3. Aux termes de l’article 3-10 du décret n° 2020-371 susvisé : « I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 25 septembre 2020 et le 31 octobre 2020 bénéficient, au titre de chaque période mensuelle considérée, d'une aide financière prenant la forme d'une subvention destinée à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de la période d'interdiction d'accueil du public lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : (…) II.-Les entreprises mentionnées au I perçoivent une subvention égale au montant de leur perte de chiffre d'affaires dans la limite de 333 euros par jour d'interdiction d'accueil du public. (…) ».
4. Il résulte de l’instruction que l’aide versée à la société requérante l’a été sur la base des éléments déclaratifs communiqués à l’administration par elle. Les chiffres déclarés ne sont pas remis en cause par l’administration. Mme A... ayant déclaré une perte de chiffre d’affaires de 506 euros et deux jours de fermeture de son établissement en raison de l’interdiction d’accueil du public, son aide s’élève donc, par application des dispositions précitées, à 506 euros, le régime prévu par le décret n° 2020-371 pour le mois en cause n’ayant prévu aucun dispositif d’imputation du montant des pensions de retraite perçues.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la SASU requérante est fondée à solliciter l’annulation du titre de perception pour le mois d’octobre 2020 et la décharge de la somme en résultant.
6. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme que la SASU « Terroirs et chansons » demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le titre de perception n° ADCE 222600048554 émis le 5 juillet 2022 d’un montant de 506 euros, est annulé. La SASU « Terroirs et chansons » est déchargée de l’obligation de payer la somme correspondante.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée unipersonnelle « Terroirs et chansons » et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente-rapporteure,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJAC
L’assesseur le plus ancien,
G. PERRAUD
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une ordonnance n° 2303438 du 30 mai 2023, le tribunal administratif de Lyon a renvoyé le dossier de la requête de Mme B... A....
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, au greffe du tribunal administratif de Lyon, Mme B... A..., agissant en qualité de dirigeante de la société Terroirs et chansons, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d’annuler le titre de perception n° ADCE 222600048554 émis le 5 juillet 2022 à son encontre par le directeur régional des finances publiques d’Auvergne Rhône-Alpes portant demande de remboursement de la somme de 506 euros correspondant à un trop perçu d’aide attribuée au titre du mois d’octobre 2020 dans le cadre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques et financières de la propagation de l’épidémie de covid-19, ensemble la décision du directeur régional des finances publiques d’Auvergne Rhône-Alpes rejetant implicitement sa réclamation préalable formée contre ce titre de perception ;
2°) de la décharger du paiement de cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d’incompétence ;
- le titre n’est pas signé en méconnaissance de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- il méconnaît les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors que son activité remplissait les conditions prévues par ce décret, qu’elle a subi les effets du confinement du fait notamment de l’interdiction faite aux bars et aux restaurants d’accueillir du public et a subi une perte de chiffre d’affaires importante sur la période en litige alors qu’elle n’avait pas été informée de ce que les pensions de retraite devaient être prises en compte ;
- les décisions sont illégales dès lors qu’elles ont pour effet de retirer une décision créatrice de droit plus de quatre mois après son édiction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la direction départementale des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu l’ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif aux fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bentéjac ;
- et les conclusions de M. Duvanel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... est présidente de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) « Terroirs et chansons » qui exploite un établissement de débit de boissons sous l’enseigne « Chez Babette - L’Après-Ciné ». Mme A... a sollicité pour le compte de cette société les aides du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques et financières de la propagation de l’épidémie de covid-19 pour les mois de mars à décembre 2020 et pour les mois de janvier à mai 2021. À la suite d’un contrôle, le 5 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques d’Auvergne-Rhône-Alpes a émis, le 5 juillet 2022, plusieurs titres de perception afin de recouvrer une partie de l’aide attribuée. Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal d’annuler le titre de perception émis à son encontre le 5 juillet 2022 afin de recouvrer la somme de 506 euros correspondant à l’aide perçue au titre du mois d’octobre 2020 ainsi que la décision implicite par laquelle le directeur régional des finances publiques d’Auvergne-Rhône-Alpes de rejet de son recours préalable obligatoire.
Sur les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours préalable obligatoire :
2. La décision par laquelle l’administration a rejeté le recours préalable obligatoire formé par Mme A... contre le titre de perception émis le 5 juillet 2022 a pour seul effet de lier le contentieux à l’égard de l’objet de sa demande et ne se substitue pas au titre de perception attaqué. Ainsi, les vices propres dont cette décision serait le cas échéant entachée sont sans incidence sur la solution du litige. Il s’en suit que les conclusions de la requête tendant à l’annulation de cette décision, par laquelle l’administration a statué sur la réclamation de la requérante ne peuvent qu’être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre le titre de perception :
3. Aux termes de l’article 3-10 du décret n° 2020-371 susvisé : « I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 25 septembre 2020 et le 31 octobre 2020 bénéficient, au titre de chaque période mensuelle considérée, d'une aide financière prenant la forme d'une subvention destinée à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de la période d'interdiction d'accueil du public lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : (…) II.-Les entreprises mentionnées au I perçoivent une subvention égale au montant de leur perte de chiffre d'affaires dans la limite de 333 euros par jour d'interdiction d'accueil du public. (…) ».
4. Il résulte de l’instruction que l’aide versée à la société requérante l’a été sur la base des éléments déclaratifs communiqués à l’administration par elle. Les chiffres déclarés ne sont pas remis en cause par l’administration. Mme A... ayant déclaré une perte de chiffre d’affaires de 506 euros et deux jours de fermeture de son établissement en raison de l’interdiction d’accueil du public, son aide s’élève donc, par application des dispositions précitées, à 506 euros, le régime prévu par le décret n° 2020-371 pour le mois en cause n’ayant prévu aucun dispositif d’imputation du montant des pensions de retraite perçues.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la SASU requérante est fondée à solliciter l’annulation du titre de perception pour le mois d’octobre 2020 et la décharge de la somme en résultant.
6. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme que la SASU « Terroirs et chansons » demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le titre de perception n° ADCE 222600048554 émis le 5 juillet 2022 d’un montant de 506 euros, est annulé. La SASU « Terroirs et chansons » est déchargée de l’obligation de payer la somme correspondante.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée unipersonnelle « Terroirs et chansons » et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente-rapporteure,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJAC
L’assesseur le plus ancien,
G. PERRAUD
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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