Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2301286
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301286 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SELARL JURIDOME |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2023, M. B... A..., représenté par Me Roesch, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande du 7 avril 2023 relative au mode de calcul de la pension de retraite des pompiers et au paiement des indemnités pour travail les jours fériés et pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives ;
2°) d’enjoindre à l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et au ministère des armées, à titre principal, de calculer le montant de la pension de retraite des pompiers sur 1a base du forfait de 199,10 heures par mois, à titre subsidiaire, de revoir le coefficient de majoration de 1,25 appliqué aux pompiers ouvriers d'État à la hausse, et à titre infiniment subsidiaire, de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et le ministère des armées à lui verser la somme de 112 080,51 euros en réparation de son préjudice lié à la perte de chance de bénéficier d'une pension de retraite conforme à ses cotisations ;
3°) de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et l’État à lui verser la somme de 949,25 euros en paiement de l'indemnité en compensation des jours fériés travaillés en 2020, et de se mettre en conformité concernant les indemnités et abondements pour travail les jours fériés ;
4°) de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et l’État, à titre principal, à lui verser la somme de 6 275,88 euros correspondant aux abondements qu'il aurait dû percevoir pour avoir effectué des gardes de vingt-quatre heures consécutives au titre des années 2018 et 2019, et, à titre subsidiaire, de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et l’État à lui verser la somme de 6 275,88 euros, à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice subi, et en tout état de cause, de se mettre en conformité avec les dispositions applicables en matière de temps de de présence de vingt-quatre heures consécutives et de communiquer l’avis de la commission de santé sécurité et des conditions de travail sur la mise en place de ces temps de présence de vingt-quatre heures ;
5°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur le calcul de ses droits à pension de retraite :
- la calcul du montant de la pension de retraite des pompiers, qui est effectué sur la base d’un forfait mensuel de 152 heures, doit être effectué sur la base du forfait spécifique mensuel de rémunération des pompiers de 199,10 heures de travail dès lors que la retenue pour pension qui est effectuée au titre de sa cotisation est elle-même calculée sur la base de ce forfait mensuel de 199,10 heures, conformément à l’article 14 du décret n° 2004-1056 ;
- les disparités dans ce calcul créent une différence de traitement non justifiée par des critères objectifs entre les pompiers et les autres ouvriers de l’État ;
- il subit un préjudice tiré de la perte de chance de bénéficier d’une pension de retraite proportionnelle à son taux de cotisation, à son traitement et à son temps de travail ;
Sur le versement de l’indemnité pour travail les jours fériés :
- il n’a pas perçu, en 2020, l’indemnité pour travail les jours fériés dont le versement est prévu par l’instruction n° 301926 du ministère de la défense du 18 juillet 2003, alors qu’il a travaillé les mercredi 1er janvier, lundi 13 avril, vendredi 1er mai, vendredi 8 mai, et jeudi 21 mai 2020 ;
Sur le versement de l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives :
- il n’a pas perçu, en 2018 et 2019, l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives alors qu’il a effectué 64 gardes en 2018 et 44 gardes en 2019 en méconnaissance de l’article 7 du décret n° 2016-1994 ;
- l’absence de versement de cette indemnité, alors que les pompiers qui travaillent dans des hôpitaux militaires la perçoivent, crée une différence de traitement non justifiée par des critères objectifs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2025, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’irrecevabilité des conclusions à fin d’annulation et à fin d’injonction dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de M. A... de revoir le calcul de la pension de retraite des pompiers à la hausse, dès lors qu'une telle demande ne saurait faire naître une décision de l’administration susceptible de faire grief au requérant, le recours en matière de pension n’étant pas ouvert tant que le titre de pension lui-même n’a pas été notifié.
M. A... a présenté des observations à la suite de cette communication, enregistrées le 11 septembre 2026.
Le ministre des armées a également présenté des observations, enregistrées le 14 septembre 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 17 septembre 2026 :
- le rapport de Mme Brasset ;
- les observations de Me Paradis, substituant Me Roesch, représentant M. A....
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 7 avril 2023, M. A..., ouvrier de l’État exerçant en qualité de pompier à l’atelier industriel de l’aéronautique de Clermont-Ferrand, a demandé, d’une part, que les modalités de calcul de sa pension de retraite des pompiers soit revues à la hausse, ou à défaut, de l’indemniser de son préjudice en résultant par le versement d’une somme de 112 080,51 euros, d’autre part, de lui verser la somme de 949,25 euros pour le paiement de son indemnité pour travail les jours fériés, enfin, de lui verser la somme de 6 275,88 euros pour le paiement de son indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives. M. A... demande au tribunal d’annuler le rejet implicite de sa demande né du silence gardé par l’administration et l’indemnisation de divers préjudices.
Sur le calcul de ses droits à pension de retraite :
2. Il ressort des pièces du dossier que, dans son courrier du 7 avril 2023, M. A... se borne à évoquer « une difficulté (…) quant au coefficient de majoration appliqué aux pompiers (…) » et à demander à l’administration de justifier de sa méthode de calcul et des critères sur lesquels ce coefficient de majoration est déterminé. Une telle demande, formulée plus de deux ans avant le départ à la retraite de M. A... et le versement de son avance de pension le 1er mai 2025, ne saurait faire naître une décision de l’administration susceptible de lui faire grief, dès lors que le recours en matière de pension n'est pas ouvert tant que le titre lui-même n'a pas été notifié. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande tendant à revoir le calcul de la pension de retraite des pompiers à la hausse sont irrecevables. Ses conclusions à fin d’injonction sur ce point ne peuvent, dès lors, qu’être également rejetées.
3. En outre, M. A... demande l’indemnisation du préjudice tiré de la perte de chance de bénéficier d’une pension de retraite proportionnelle à son taux de cotisation, à son traitement et à son temps de travail. Toutefois, un tel préjudice revêt, en l’absence de notification du titre de pension à M. A..., un caractère éventuel et ne peut, dès lors, ouvrir droit à réparation. En outre, le requérant, à qui il incombe la charge de prouver l’existence du préjudice qu’il invoque, ne produit aucune pièce mentionnant le montant de la pension qui lui aurait été attribuée. M. A... n’apportant pas d’éléments de nature à établir l’existence d’un tel préjudice, il n’y a pas lieu de faire droit à ses conclusions indemnitaires.
Sur le versement de l’indemnité pour travail les jours fériés :
4. Si M. A... soutient qu’il n’a pas perçu l’indemnité pour travail les jours fériés en 2020 alors qu’il a travaillé les mercredi 1er janvier, lundi 13 avril, vendredi 1er mai, vendredi 8 mai, et jeudi 21 mai 2020, il ne produit, ainsi que l’oppose l’administration, aucune pièce permettant d’établir qu’il a effectivement travaillé lesdits jours. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a refusé de lui verser la somme de 949,25 euros pour le paiement de son indemnité pour travail les jours fériés ne peuvent qu’être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’indemnisation sur ce point doivent également être rejetées.
Sur le versement de l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives :
5. Si M. A... soutient qu’il n’a pas perçu, en 2018 et 2019, l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives alors qu’il a effectué 64 gardes en 2018 et 44 gardes en 2019, il ne produit cependant aucune pièce permettant d’établir le nombre de ces gardes ni sa présence effective lors de celles-ci ainsi que l’oppose l’administration. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a refusé de lui verser la somme de 6 275,88 euros pour le paiement de son indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives ne peuvent qu’être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’indemnisation sur ce point doivent également être rejetées.
6. En outre, M. A... soutient que l’absence de versement de cette indemnité, alors que les pompiers qui travaillent dans des hôpitaux militaires la perçoivent, crée une différence de traitement non justifiée par des critères objectifs. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les ouvriers exerçant la profession de pompier au sein d’un atelier industriel aéronautique ne sont pas dans la même situation que ceux exerçant leurs fonctions au sein d’un hôpital militaire notamment en termes de fréquentation et d’activité et que, dès lors, il n’y a pas méconnaissance du principe d’égalité. Par suite, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu’être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La rapporteure,
C. BRASSET
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 15 juin 2023, M. B... A..., représenté par Me Roesch, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande du 7 avril 2023 relative au mode de calcul de la pension de retraite des pompiers et au paiement des indemnités pour travail les jours fériés et pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives ;
2°) d’enjoindre à l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et au ministère des armées, à titre principal, de calculer le montant de la pension de retraite des pompiers sur 1a base du forfait de 199,10 heures par mois, à titre subsidiaire, de revoir le coefficient de majoration de 1,25 appliqué aux pompiers ouvriers d'État à la hausse, et à titre infiniment subsidiaire, de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et le ministère des armées à lui verser la somme de 112 080,51 euros en réparation de son préjudice lié à la perte de chance de bénéficier d'une pension de retraite conforme à ses cotisations ;
3°) de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et l’État à lui verser la somme de 949,25 euros en paiement de l'indemnité en compensation des jours fériés travaillés en 2020, et de se mettre en conformité concernant les indemnités et abondements pour travail les jours fériés ;
4°) de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et l’État, à titre principal, à lui verser la somme de 6 275,88 euros correspondant aux abondements qu'il aurait dû percevoir pour avoir effectué des gardes de vingt-quatre heures consécutives au titre des années 2018 et 2019, et, à titre subsidiaire, de condamner l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand et l’État à lui verser la somme de 6 275,88 euros, à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice subi, et en tout état de cause, de se mettre en conformité avec les dispositions applicables en matière de temps de de présence de vingt-quatre heures consécutives et de communiquer l’avis de la commission de santé sécurité et des conditions de travail sur la mise en place de ces temps de présence de vingt-quatre heures ;
5°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur le calcul de ses droits à pension de retraite :
- la calcul du montant de la pension de retraite des pompiers, qui est effectué sur la base d’un forfait mensuel de 152 heures, doit être effectué sur la base du forfait spécifique mensuel de rémunération des pompiers de 199,10 heures de travail dès lors que la retenue pour pension qui est effectuée au titre de sa cotisation est elle-même calculée sur la base de ce forfait mensuel de 199,10 heures, conformément à l’article 14 du décret n° 2004-1056 ;
- les disparités dans ce calcul créent une différence de traitement non justifiée par des critères objectifs entre les pompiers et les autres ouvriers de l’État ;
- il subit un préjudice tiré de la perte de chance de bénéficier d’une pension de retraite proportionnelle à son taux de cotisation, à son traitement et à son temps de travail ;
Sur le versement de l’indemnité pour travail les jours fériés :
- il n’a pas perçu, en 2020, l’indemnité pour travail les jours fériés dont le versement est prévu par l’instruction n° 301926 du ministère de la défense du 18 juillet 2003, alors qu’il a travaillé les mercredi 1er janvier, lundi 13 avril, vendredi 1er mai, vendredi 8 mai, et jeudi 21 mai 2020 ;
Sur le versement de l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives :
- il n’a pas perçu, en 2018 et 2019, l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives alors qu’il a effectué 64 gardes en 2018 et 44 gardes en 2019 en méconnaissance de l’article 7 du décret n° 2016-1994 ;
- l’absence de versement de cette indemnité, alors que les pompiers qui travaillent dans des hôpitaux militaires la perçoivent, crée une différence de traitement non justifiée par des critères objectifs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2025, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’irrecevabilité des conclusions à fin d’annulation et à fin d’injonction dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de M. A... de revoir le calcul de la pension de retraite des pompiers à la hausse, dès lors qu'une telle demande ne saurait faire naître une décision de l’administration susceptible de faire grief au requérant, le recours en matière de pension n’étant pas ouvert tant que le titre de pension lui-même n’a pas été notifié.
M. A... a présenté des observations à la suite de cette communication, enregistrées le 11 septembre 2026.
Le ministre des armées a également présenté des observations, enregistrées le 14 septembre 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 17 septembre 2026 :
- le rapport de Mme Brasset ;
- les observations de Me Paradis, substituant Me Roesch, représentant M. A....
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 7 avril 2023, M. A..., ouvrier de l’État exerçant en qualité de pompier à l’atelier industriel de l’aéronautique de Clermont-Ferrand, a demandé, d’une part, que les modalités de calcul de sa pension de retraite des pompiers soit revues à la hausse, ou à défaut, de l’indemniser de son préjudice en résultant par le versement d’une somme de 112 080,51 euros, d’autre part, de lui verser la somme de 949,25 euros pour le paiement de son indemnité pour travail les jours fériés, enfin, de lui verser la somme de 6 275,88 euros pour le paiement de son indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives. M. A... demande au tribunal d’annuler le rejet implicite de sa demande né du silence gardé par l’administration et l’indemnisation de divers préjudices.
Sur le calcul de ses droits à pension de retraite :
2. Il ressort des pièces du dossier que, dans son courrier du 7 avril 2023, M. A... se borne à évoquer « une difficulté (…) quant au coefficient de majoration appliqué aux pompiers (…) » et à demander à l’administration de justifier de sa méthode de calcul et des critères sur lesquels ce coefficient de majoration est déterminé. Une telle demande, formulée plus de deux ans avant le départ à la retraite de M. A... et le versement de son avance de pension le 1er mai 2025, ne saurait faire naître une décision de l’administration susceptible de lui faire grief, dès lors que le recours en matière de pension n'est pas ouvert tant que le titre lui-même n'a pas été notifié. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande tendant à revoir le calcul de la pension de retraite des pompiers à la hausse sont irrecevables. Ses conclusions à fin d’injonction sur ce point ne peuvent, dès lors, qu’être également rejetées.
3. En outre, M. A... demande l’indemnisation du préjudice tiré de la perte de chance de bénéficier d’une pension de retraite proportionnelle à son taux de cotisation, à son traitement et à son temps de travail. Toutefois, un tel préjudice revêt, en l’absence de notification du titre de pension à M. A..., un caractère éventuel et ne peut, dès lors, ouvrir droit à réparation. En outre, le requérant, à qui il incombe la charge de prouver l’existence du préjudice qu’il invoque, ne produit aucune pièce mentionnant le montant de la pension qui lui aurait été attribuée. M. A... n’apportant pas d’éléments de nature à établir l’existence d’un tel préjudice, il n’y a pas lieu de faire droit à ses conclusions indemnitaires.
Sur le versement de l’indemnité pour travail les jours fériés :
4. Si M. A... soutient qu’il n’a pas perçu l’indemnité pour travail les jours fériés en 2020 alors qu’il a travaillé les mercredi 1er janvier, lundi 13 avril, vendredi 1er mai, vendredi 8 mai, et jeudi 21 mai 2020, il ne produit, ainsi que l’oppose l’administration, aucune pièce permettant d’établir qu’il a effectivement travaillé lesdits jours. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a refusé de lui verser la somme de 949,25 euros pour le paiement de son indemnité pour travail les jours fériés ne peuvent qu’être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’indemnisation sur ce point doivent également être rejetées.
Sur le versement de l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives :
5. Si M. A... soutient qu’il n’a pas perçu, en 2018 et 2019, l’indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives alors qu’il a effectué 64 gardes en 2018 et 44 gardes en 2019, il ne produit cependant aucune pièce permettant d’établir le nombre de ces gardes ni sa présence effective lors de celles-ci ainsi que l’oppose l’administration. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle l'atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand a refusé de lui verser la somme de 6 275,88 euros pour le paiement de son indemnité pour temps de présence de vingt-quatre heures consécutives ne peuvent qu’être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’indemnisation sur ce point doivent également être rejetées.
6. En outre, M. A... soutient que l’absence de versement de cette indemnité, alors que les pompiers qui travaillent dans des hôpitaux militaires la perçoivent, crée une différence de traitement non justifiée par des critères objectifs. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les ouvriers exerçant la profession de pompier au sein d’un atelier industriel aéronautique ne sont pas dans la même situation que ceux exerçant leurs fonctions au sein d’un hôpital militaire notamment en termes de fréquentation et d’activité et que, dès lors, il n’y a pas méconnaissance du principe d’égalité. Par suite, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu’être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La rapporteure,
C. BRASSET
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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