vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400043 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SEBAN AUVERGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2024, Mme D C, représentée par la SELARL Codex Avocats, Me Desmoutier, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale, au contradictoire du centre hospitalier de Brioude et de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme, aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge au centre hospitalier de Brioude, le 30 juin 2022, et d'évaluer ses préjudices ;
2°) de lui accorder une provision de 12 000 euros à la charge du centre hospitalier de Brioude ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Brioude la somme de 2 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- suite à une opération du canal carpien et d'un kyste à la main gauche, le 30 juin 2022 au centre hospitalier de Brioude, elle a présenté un déficit fonctionnel important de la main ; le 15 juin 2023, un certificat médical de non-consolidation lui a été délivré pour " paralysie totale de la main gauche, douleurs suivi membre supérieur gauche " ; à ce jour, sa main gauche est totalement paralysée lui engendrant de vives douleurs ;
- suite à cette opération, elle subit un important préjudice ;
- elle présente un intérêt légitime à demander cette expertise ;
- la demande de provision n'est pas sérieusement contestable.
Par un mémoire enregistré le 11 janvier 2024, la CPAM du Puy-de-Dôme déclare intervenir dans la présente instance et ne s'oppose pas à la demande d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, le centre hospitalier de Brioude, représenté par la SELAS Seban Auvergne, ne s'oppose pas à l'expertise et demande au juge des référés de désigner un expert chirurgien orthopédique et de rejeter le surplus des conclusions.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige au principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. La demande d'expertise présentée par à Mme C qui vise à déterminer les conditions de sa prise en charge par le centre hospitalier de Brioude et à évaluer les préjudices qu'elle estime avoir subis présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de provision :
4. Mme C demande la condamnation du centre hospitalier de Brioude à lui verser une provision de 12 000 euros en réparation de ses préjudices. A l'appui de sa demande, elle soutient que l'établissement public hospitalier a commis des fautes dans la réalisation des interventions chirurgicales qu'elle a subies. Toutefois, eu égard à l'objet même de la mesure d'expertise que Mme C sollicite dans le cadre de la présente instance, aux fins précisément d'établir les causes et les conséquences de son état de santé actuel, le principe et l'étendue de la responsabilité du centre hospitalier de Brioude ne peuvent, en l'état de l'instruction, être considérés comme suffisamment établis. Il suit de là que la créance dont se prévaut la requérante ne peut être regardée comme présentant le caractère d'une obligation non sérieusement contestable, qui seule autorise le juge des référés à ordonner le versement d'une provision. Dès lors, les conclusions de Mme C tendant à la condamnation du centre hospitalier de Brioude à lui verser une allocation provisionnelle doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
5. Il appartient à la présidente de la juridiction et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Les conclusions de Mme C tendant à condamner centre hospitalier de Brioude aux entiers dépens, ne peuvent être accueillies.
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit aux conclusions de Mme C présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. le Docteur B A, exerçant au centre hospitalier de Roanne, 28 rue de Charlieu (42300), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°- prendre connaissance des dossiers et de tous documents concernant Mme D C détenus par le centre hospitalier de Brioude ou produits par l'intéressée, et examiner cette dernière ;
2°- décrire les blessures, les lésions, les affections dont Mme C était atteinte et les soins et prescriptions antérieurs à sa prise en charge au centre hospitalier de Brioude à compter du 30 juin 2022 ; l'état de Mme C lors de son arrivée au centre hospitalier de Brioude ; les soins et actes médicaux et chirurgicaux dont elle a fait l'objet, depuis dans cet établissement ;
3°- rechercher si les diagnostics établis, les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme C et aux symptômes qu'elle présentait, ou si, au contraire, des erreurs, manquements, maladresses ou négligences ont été commis par les services du centre hospitalier de Brioude ; indiquer si les manquements éventuellement constatées ont fait perdre à Mme C une chance sérieuse d'éviter un dommage et, dans l'affirmative, déterminer l'ampleur de la chance perdue ;
4°- rechercher toutes informations en vue de déterminer si les traitements de toute nature prodigués à Mme C par les services du centre hospitalier de Brioude révèlent un mauvais fonctionnement ou une mauvaise organisation du service, une administration défectueuse des soins médicaux, ou une mauvaise exécution des soins médicaux, et donner son avis sur ces points ;
5° - indiquer si le dommage allégué a un rapport avec l'état initial de Mme C, ou l'évolution prévisible de cet état ;
6° - préciser si le dommage allégué constitue une conséquence anormale d'un acte médical, chirurgical, pratiqué sur la personne de Mme C au regard de son état initial ou de l'évolution prévisible de cet état ; indiquer si l'acte présentait un risque connu auquel Mme C était particulièrement exposée ; dire, dans l'affirmative, quelle était l'importance de ce risque ;
7° - dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si Mme C a été informée des conséquences normalement prévisibles des interventions et si elle a été ainsi mise à même de formuler un consentement éclairé ; préciser si elle a reçu toutes informations sur l'existence de risques, même faibles, de complications susceptibles de se produire ; indiquer si le défaut d'information éventuellement relevé a fait perdre à Mme C une chance sérieuse de se soustraire au risque qui s'est réalisé et dans l'affirmative, préciser l'importance de cette perte de chance ; donner son avis sur l'évolution prévisible de l'état de Mme C si elle avait renoncé au traitement, aux interventions dont elle a fait l'objet ;
8°- dire si l'état de Mme C a entraîné une incapacité temporaire et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
9°- indiquer à quelle date l'état de Mme C peut être considéré comme consolidé, préciser s'il subsiste un déficit fonctionnel permanent et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer si, dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
10°- dire si l'état de Mme C est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
11° - dire si l'état de Mme C justifie la présence d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
12°- donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices subis par Mme C et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
13°- donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur l'activité professionnelle de Mme C et, le cas échéant, donner son avis sur la nécessité d'un changement d'emploi et d'une réadaptation à une nouvelle activité professionnelle.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-4 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de Mme D C, de la CPAM du Puy-de-Dôme et du centre hospitalier de Brioude.
Article 4 : L'expert se fera communiquer tous documents nécessaires à l'accomplissement de sa mission et il pourra entendre toute personne susceptible de l'éclairer.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Il déposera son rapport au greffe du tribunal sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de 3 mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, au centre hospitalier de Brioude et à M. B A, expert.
Fait à Clermont-Ferrand, le 9 février 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.pm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026