vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400478 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AXONE DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 février 2024, la société par actions simplifiée Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est, représentée par la SELAS Fiducial Legal BY LAMY, Me Salamand, demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au contradictoire du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand, en présence de la SARL Celnikier et Grabli Architectes, de la SAS Artélia Industrie, de la SAS CEBB, de la SARL Nodal et de la société Salto Ingénierie, aux fins de déterminer la cause et les conséquences des différents évènements ayant affectés l'exécution du marché de conception et réalisation des travaux de création d'une stérilisation de territoire au CHU de Clermont-Ferrand.
Elle soutient que :
- par marché notifié le 15 mars 2019, le CHU de Clermont-Ferrand a confié la conception et la réalisation d'une stérilisation de territoire à un groupement constitué d'une équipe de maîtrise d'œuvre, elle-même chargée de la réalisation de l'ouvrage ; le délai global d'exécution était fixé après avenant à 19 mois ; alors que de multiples événements non imputables au groupement lui ont été préjudiciables, le maître d'ouvrage a rejeté la demande de règlement complémentaire et a appliqué des pénalités contractuelles et des retenues ; il n'a pas tenu compte de la réclamation présentée par le groupement ; une instruction est en cours auprès du comité consultatif interrégional de règlement amiable des différends relatifs aux marchés publics (CCIRA) de Lyon ;
- la saisine du CCIRA n'empêche pas de former un référé expertise ;
- il apparaît nécessaire, au vu de la technicité des difficultés rencontrées sur le chantier, de désigner un expert chargé de procéder à une analyse indépendante et impartiale de la cause et des conséquences des différents évènements ayant affectés l'exécution du marché ;
- l'expertise est utile, il existe un risque de contentieux entre le groupement et le maître d'ouvrage qui relève de la juridiction administrative ;
- la responsabilité du maître d'ouvrage pour carence peut être recherchée ;
- des prestations supplémentaires, non prévues initialement et non comprises dans le forfait, ont été réalisées par le groupement ;
- les refus d'agrément des sous-traitants ne sont pas justifiés ;
- l'expert pourra donner son avis sur les conséquences financières des retards.
Par un mémoire, enregistré le 3 avril 2024, la SAS Artélia Industrie et la SAS Artélia, intervenante volontaire, représentées par la SCP Raffin et Associés, Me Mauduy-Dolfi, demandent au juge des référés :
- de mettre hors de cause la société Artélia Industrie et donner acte à l'intervention volontaire de la société Artélia ;
- de prendre acte des réserves et protestations de la société Artélia.
Elles font valoir que la société Artélia vient aux droits de la société Artélia Bâtiment et Industrie, liquidée ; la société Artélia Industrie, quant à elle, a été citée par erreur.
Par un mémoire, enregistré le 19 avril 2024, la SARL Celnikier et Grabli Architectes et la société Salto Ingénierie, représentées par la SELARL Axone Droit Public, Me Salles, demandent au juge des référés :
- de prendre acte de leur non-opposition quant à la mesure d'expertise sous leurs plus expresses protestations et réserves ;
- d'appeler en cause les sociétés Cabestan, Socofit et Efficior en tant que membres du groupement d'assistance à maîtrise d'ouvrage, la société d'assurance Allianz IARD en tant qu'assureur de la société Artélia Bâtiment et Industrie et l'assureur de la société Nodal.
Elles font valoir que :
- le groupement considère que la date d'achèvement doit être fixée au 9 décembre 2021 et non au 15 octobre 2020 ; les qualifications opérationnelles et de performance du contrat ne sont pas comprises dans le délai global ;
- le CHU n'a pas répondu à la demande de rémunération complémentaire du groupement ;
- le CCIRA a bien été saisi mais n'a pas rendu son avis ;
- il est nécessaire d'appeler en cause les sociétés du groupement d'assistance à maîtrise d'ouvrage et des assureurs des sociétés Artélia Bâtiment et Industrie et Nodal.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2400774 le 2 avril 2024.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'exécution du marché de conception et réalisation des travaux de création d'une stérilisation de territoire au CHU de Clermont-Ferrand a été confrontée à de multiples difficultés ayant eu des conséquences préjudiciables notamment sur le délai global d'exécution de ce marché. Un désaccord entre le groupement titulaire du marché de conception et de réalisation et le CHU de Clermont-Ferrand, maître d'ouvrage, est né concernant la date d'achèvement des travaux. Le décompte général du marché a été notifié au mandataire du groupement le 4 juillet 2022. La société Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est, chargée de la réalisation de l'ouvrage, a formulé des réclamations auxquelles le CHU de Clermont-Ferrand n'a pas fait droit. Le comité consultatif de règlement amiable des différends relatifs aux marchés publics (CCIRA) a été saisi par cette même société le 31 octobre 2022. En parallèle, elle demande au juge des référés la désignation d'un expert aux fins de déterminer la cause et les conséquences des différents évènements ayant affectés l'exécution de ce marché.
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Il appartient au juge des référés saisi d'une demande d'expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d'un éventuel litige.
3. Il résulte toutefois de l'instruction que la mission demandée par la société requérante obligerait, d'une part, l'expert à se prononcer sur une question de droit et que, d'autre part, le 2 avril 2024, par une requête enregistrée sous le n° 2400774, la société Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est a demandé au tribunal, à titre principal, d'établir le décompte général et définitif du marché en litige et de condamner le CHU de Clermont-Ferrand à lui verser le solde du marché d'un montant de 3 837 810,63 euros. Dès lors, il appartiendra au juge du fond saisi d'apprécier, dans le cadre de ses pouvoirs d'instruction, au vu du débat contradictoire entre les parties et compte tenu de la technicité des problèmes, s'il est nécessaire de solliciter l'avis d'un homme de l'art afin qu'il apporte, sur des questions de pur fait, les éclaircissements indispensables à la solution du litige. Il s'ensuit que la mesure demandée par la société Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est ne présente pas, en l'état, le caractère d'utilité requis par les dispositions citées au point 2. Par suite, la requête ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est, au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, à la SARL Celnikier et Grabli Architectes, à la SAS Artélia Industrie, à la SAS Artélia, à la SAS CEBB, à la SARL Nodal et à la société Salto Ingénierie.
Fait à Clermont-Ferrand, le 24 mai 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026