lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400793 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS (MAÎTRES MONTRICHARD / CIAUDO) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024, M. A B, représenté par la SCP Themis Avocats et Associés, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale au contradictoire du centre hospitalier de Moulins-Yzeure, en présence de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Allier, aux fins de déterminer la teneur des fautes commises dans le suivi de ses soins et d'évaluer son préjudice ;
2°) de réserver les dépens.
Il soutient que :
- il est incarcéré au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure ;
- souffrant de problèmes dentaires, il a subi en 2019, l'extraction de dents nécessitant la pose d'une prothèse dentaire, la dent sur laquelle repose cette prothèse est abimée, il a sollicité un rendez-vous en mai 2023, mais n'a été reçu que le 2 février 2024 ; il souffre continuellement d'infections à répétition et du défaut de soins ;
- il est pris en charge médicalement par le centre hospitalier de Moulins-Yzeure ; il s'interroge sur la qualité et l'efficacité des soins et des interventions effectués afin de traiter les lésions dentaires, le laissant souffrir plusieurs mois sans soins dentaires appropriés ;
- il doute de la régularité des soins prodigués et envisage un recours indemnitaire contre le centre hospitalier, l'expertise médicale préalable est indispensable ;
- il est fondé à demander cette mesure d'expertise.
Par un mémoire enregistré le 22 avril 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Tarn déclare intervenir dans la présente instance et n'est pas en mesure de chiffrer sa créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le centre hospitalier de Moulins-Yzeure, représenté par la SELAS Seban Auvergne, Me Lantero, ne s'oppose pas à cette mesure et demande au juge des référés, si l'expertise est ordonnée, de désigner un expert en odontologie et de compléter la mission de l'expert.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juillet 12 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige au principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. La demande d'expertise présentée par M. B qui vise à déterminer les conditions de la prise en charge de ses problèmes dentaires par le centre hospitalier de Moulins-Yzeure et à évaluer les préjudices qu'il estime avoir subis présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. Il appartient à la présidente de la juridiction et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Les conclusions de M. B tendant à réserver les dépens, ne peuvent être accueillies.
O R D O N N E :
Article 1er : M. le Docteur D C, 20 rue Blatin à Clermont-Ferrand (6300), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°- prendre connaissance des dossiers et de tous documents concernant M. B détenus par le centre hospitalier de Moulins-Yzeure ou produits par l'intéressé, notamment tous documents indiquant les traitements appliqués, et dans la mesure du possible examiner ce dernier ;
2°- décrire les blessures, les lésions, les affections dont M. B était atteint et les soins et prescriptions antérieurs à son incarcération au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure depuis janvier 2013 et sa prise en charge au centre hospitalier de Moulins-Yzeure ; l'état de M. B lors de son arrivée ; les soins et actes médicaux et chirurgicaux dont il a fait l'objet, depuis, dans cet établissement ;
3°- décrire son état de santé actuel, les lésions et les séquelles qu'il impute à l'absence de prise en charge médicale ainsi que leur évolution ;
4°- rechercher si les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science et s'ils étaient adaptés à l'état de M. B et aux symptômes qu'il présentait, ou si, au contraire, des erreurs, manquements, maladresses ou négligences ont été commis par les services du centre hospitalier; indiquer si les manquements éventuellement constatées ont fait perdre à M. B une chance sérieuse d'éviter un dommage et, dans l'affirmative, déterminer l'ampleur de la chance perdue ;
5°- rechercher toutes informations en vue de déterminer si les traitements de toute nature prodigués à M. B par les services du centre hospitalier de Moulins-Yzeure révèlent un mauvais fonctionnement ou une mauvaise organisation du service, une administration défectueuse des soins médicaux, ou une mauvaise exécution des soins médicaux, et donner son avis sur ces points ;
6° - indiquer si le dommage allégué a un rapport avec l'état initial de M. B, ou l'évolution prévisible de cet état ;
7° - préciser si le dommage allégué constitue une conséquence anormale d'un acte médical, chirurgical, pratiqué sur la personne de M. B au regard de son état initial ou de l'évolution prévisible de cet état ;
8°- donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices subis par M. larbes notamment, les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément, le déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur ses conditions d'existence, notamment, sur le plan professionnel, et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ; et préciser, notamment, les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément, le déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de l'intéressé, notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de M. B, de la CPAM du Tarn et du centre hospitalier de Moulins-Yzeure.
Article 4 : L'expert se fera communiquer tous documents nécessaires à l'accomplissement de sa mission et il pourra entendre tout sachant et toute personne susceptible de l'éclairer.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Il déposera son rapport au greffe du tribunal sous forme électronique par le biais de la plateforme TransfertPro dans le délai de 6 mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn, au centre hospitalier de Moulins-Yzeure, et à M. D C, expert.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de la justice.
Fait à Clermont-Ferrand, le 7 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.nt
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026