lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401505 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LANTERO & Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2024, M. C B, représenté par la SELARL Elodie Mabika, Me Mabika Sauze, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale, au contradictoire du centre hospitalier (CH) Emile Roux du Puy-en-Velay en présence de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme, aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge au centre hospitalier du Puy-en-Velay du 22 février au 2 mars 2020 et le 15 mai 2020 ;
2°) de mettre à la charge du CH du Puy-en-Velay la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;
3°) à défaut, de réserver les dépens.
Il soutient que :
- il a été hospitalisé du 22 février au 2 mars 2020 au service de neurologie du CH du Puy-en-Velay afin de dresser un bilan sur ses troubles de la marche dus à une inflammation du tendon rotulien droit, suite à l'enclouage du tibia après une fracture ; il lui a été proposé la pose d'une petite prothèse amovible censée le soulager ; le 15 mai 2020, il a été opéré du genou droit avec la mise en place d'une grosse prothèse de 29 cm et 0,5 kg inamovible ; depuis son état de santé s'est dégradé, le contraignant à marcher avec un déambulateur puis, après 3 mois, en fauteuil électrique ; il a demandé sans succès le retrait de la prothèse ;
- il estime être victime d'une erreur médicale du centre hospitalier du Puy-en-Velay et a tenté d'obtenir réparation à l'amiable sans réussite ;
- il est bien fondé à demander cette expertise aux fins de déterminer les responsabilités et les différents préjudices imputables à l'erreur médicale.
Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme ne s'oppose pas à la demande d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2024, le centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay, représenté par la SELAS Lantero et Associés, Me Lantero, demande au juge des référés, si la mission devait être ordonnée :
- d'étendre les opérations d'expertise au Docteur D E ;
- de compléter la mission de l'expert chirurgien orthopédique ;
- de rejeter le surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il a pris en charge M. B à compter du 27 novembre 2019 en raison de troubles de l'équilibre et de chutes à répétition, dans un contexte de maladies de Parkinson et de Lyme ;
- le Docteur E, qui a posé l'indication d'une arthroplastie totale du genou de type charnière, a pris en charge le patient dans le cadre de son activité libérale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige au principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. La demande d'expertise présentée par M. B, relative aux conditions de sa prise en charge par le centre hospitalier du Puy-en-Velay concernant son hospitalisation du 22 février au 2 mars 2020 et son opération du 15 mai 2020, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. Le centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay demande à ce que les opérations d'expertise soient opposables au Docteur E, praticien libéral qui est intervenu dans la prise en charge de M. B notamment pour l'opération d'arthroplastie totale. Il appartient aux établissements publics d'hospitalisation de répondre envers les victimes ou leurs ayants-droits du bon fonctionnement de leurs services. Dans ces conditions, les fautes éventuellement commises à l'occasion de l'exécution du service sont susceptibles d'engager la responsabilité de l'établissement public d'hospitalisation, alors même que la participation d'un médecin exerçant à titre libéral est en cause. Par suite, il n'y a pas lieu de mettre en cause le Docteur E que l'expert pourra néanmoins entendre à titre de sachant s'il l'estime utile à l'accomplissement de sa mission.
Sur les frais du litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit aux conclusions du requérant présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Il appartient à la présidente de la juridiction et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Les conclusions tendant à réserver les dépens ne peuvent être accueillies.
O R D O N N E :
Article 1er : M. le Docteur F A, exerçant à l'Hôpital privé de la Loire(HPL), 39 boulevard de la Palle à Saint-Etienne, cedex 2 (42030)est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°- prendre connaissance des dossiers et de tous documents concernant M. C B, détenus par le centre hospitalier du Puy-en-Velay ou produits par l'intéressé, et examiner ce dernier ;
2°- décrire les blessures, les lésions, les affections dont M. B était atteint ; décrire l'état de santé de M. B lors de son arrivée pour son hospitalisation au centre hospitalier du Puy-en-Velay du 22 février au 2 mars 2020, puis l'opération du 15 mai 2020, et les soins et actes médicaux et chirurgicaux dont il a fait l'objet dans cet établissement ;
3°- rechercher si les diagnostics établis, les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science et s'ils étaient adaptés à l'état de M. B et aux symptômes qu'il présentait, ou si, au contraire, des erreurs, manquements, maladresses ou négligences ont été commis par les services du centre hospitalier du Puy-en-Velay ; indiquer si les manquements éventuellement constatées ont fait perdre à M. B une chance sérieuse d'éviter un dommage et, dans l'affirmative, déterminer l'ampleur de la chance perdue ;
4°- rechercher toutes informations en vue de déterminer si les traitements de toute nature prodigués à M. B par les services du centre hospitalier du Puy-en-Velay relèvent un mauvais fonctionnement ou une mauvaise organisation du service, une administration défectueuse des soins médicaux, ou une mauvaise exécution des soins médicaux, et donner son avis sur ces points ;
5° - indiquer si le dommage allégué a un rapport avec l'état initial de M. B, ou l'évolution prévisible de cet état ;
6° - préciser si le dommage allégué constitue une conséquence anormale d'un acte médical, chirurgical, pratiqué sur la personne de M. B au regard de son état initial ou de l'évolution prévisible de cet état ; indiquer si l'acte présentait un risque connu auquel M. B était particulièrement exposée ; dire, dans l'affirmative, quelle était l'importance de ce risque ;
7°- dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si M. B a été informé des conséquences normalement prévisibles de l'intervention et si il a été ainsi mis à même de formuler un consentement éclairé ; préciser si il a reçu toutes informations sur l'existence de risques, même faibles, de complications susceptibles de se produire ; indiquer si le défaut d'information éventuellement relevé a fait perdre à M. B une chance sérieuse de se soustraire au risque qui s'est réalisé et dans l'affirmative, préciser l'importance de cette perte de chance ; donner son avis sur l'évolution prévisible de l'état de M. B si il avait renoncé au traitement, à l'intervention dont il a fait l'objet ;
8°- dire si l'état de M. B a entraîné une incapacité temporaire et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
9°- indiquer à quelle date l'état de M. B peut être considéré comme consolidé, préciser s'il subsiste un déficit fonctionnel permanent et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer si, dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
10°- dire si l'état de M. B est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
11° - dire si l'état de M. B justifie la présence d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
12°- donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices subis par M. B et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;
13° - donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur l'activité professionnelle de M. B et, le cas échéant, donner son avis sur la nécessité d'un changement d'emploi et d'une réadaptation à une nouvelle activité professionnelle.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de M. B, de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et du CH du Puy-en-Velay.
Article 4 : L'expert se fera communiquer tous documents nécessaires à l'accomplissement de sa mission et il pourra entendre toute personne susceptible de l'éclairer.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Il déposera son rapport au greffe du tribunal sous forme électronique par le biais de la plateforme TransfertPro dans le délai de 6 mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, au centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay et à M. le Docteur F A, expert.
Fait à Clermont-Ferrand, le 7 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.pm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026