jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401524 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024, M. A B, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 du préfet de la Haute-Loire relatif à l'ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2024-2025 dans le département de la Haute-Loire.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- elle est caractérisée dès lors que la chasse au chevreuil et au sanglier est ouverte depuis le 1er juin 2024 ; des tirs ont été effectués en infraction avec l'arrêté en litige ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'arrêté en litige est illégal en conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 12 avril 2010 par lequel le préfet de la Haute-Loire a réglementé l'usage des armes à feu dans le département de la Haute-Loire, en ce qu'il interdit les tirs en direction ou au-dessus des habitations ;
- l'interdiction de tir en direction des habitations est disproportionnée dès lors qu'elle a pour effet d'interdire dans les faits l'activité de chasse au grand gibier à balle sur tout le département.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L 522-1. ".
2. Si, par la présente requête adressée au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, M. B demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 du préfet de la Haute-Loire relatif à l'ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2024-2025 dans le département de la Haute-Loire, il n'a pas introduit devant le tribunal une requête en annulation de la décision en litige, contrairement à ce que prévoient les dispositions de l'article L. 521-1 précité.
3. En tout état de cause, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'arrêté en litige, le requérant se borne à indiquer que la chasse au chevreuil et au sanglier est ouverte depuis le 1er juin 2024 et que des tirs ont été effectués en infraction avec l'arrêté en litige. Toutefois, la circonstance que la chasse au grand gibier soit ouverte ne saurait en elle-même caractériser une situation d'urgence affectant de manière grave et immédiate la situation du requérant. De plus, si le requérant indique que des tirs à la carabine ont pu être effectués sur son domaine de chasse, cette circonstance ne saurait caractériser une circonstance particulière de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées.
5. Il suit de là que la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions aux fins de suspension de M. B doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 juillet 2024.
La juge des référés
C. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401524JC
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026