Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401973
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2024, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 23 juillet 2024 par lequel le préfet du Cantal l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d’un vice de procédure tiré d’une méconnaissance des droits de la défense ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il est entaché d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- il a été pris en méconnaissance de l’intérêt supérieur de l’enfant ;
- il a été pris en méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de Mme Brasset a été entendu au cours de l’audience publique du 17 septembre 2026.
Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante congolaise née le 27 juillet 1994, a sollicité l’asile en France le 24 juillet 2023. Sa demande d’asile a été rejetée, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d’asile le 12 juillet 2024. Par un arrêté du 23 juillet 2024, le préfet du Cantal l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme B... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par M. Hervé Demai, secrétaire général de la préfecture du Cantal, en vertu d’un arrêté du 9 octobre 2023, régulièrement publié le même jour, portant délégation de signature à l’effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’État dans le département, notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le pays de destination et les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B..., qui a sollicité l’asile, aurait tenté en vain de porter à la connaissance de l’administration des éléments pertinents relatifs à sa situation, ni qu’elle aurait été empêchée de s’exprimer avant que ne soit pris l’arrêté contesté. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure et de la méconnaissance de ses droits de la défense doit être écarté.
4. En troisième lieu, l’arrêté attaqué, qui est pris au visa des dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui mentionne, notamment, que Mme B... s’est vue définitivement refuser la qualité de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 12 juillet 2024, qu’elle ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu’elle n’entre dans aucun cas d’attribution d’un titre de séjour de plein droit, comprend les considérations de faits et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ne se serait pas livré à un examen sérieux et complet de la situation personnelle de Mme B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen doit être écarté.
6. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que pour prendre l’arrêté attaqué, le préfet s’est fondé sur la circonstance que Mme B... s’est vue définitivement refuser la qualité de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 12 juillet 2024, qu’elle ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu’elle n’entre dans aucun cas d’attribution d’un titre de séjour de plein droit. Mme B... n’apporte, au soutien de sa requête, aucun élément sur sa durée de présence en France, sur son intégration ou sur ses liens personnels et familiaux sur le territoire français. Dans ces conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aurait commis une erreur de droit ou aurait commis une erreur manifeste d’appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
7. En sixième lieu, si Mme B... soutient que l’arrêté attaqué porte atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant, elle n’établit pas, ni même n’allègue, qu’elle serait mère d’un enfant présent sur le territoire français. Par suite, ce moyen ne peut qu’être écarté.
8. En dernier lieu, si Mme B... soutient que son retour au Congo l’exposerait à un risque de violences et de persécutions pour des raisons politiques, elle n’assortit ses allégations d’aucune pièce ni aucun élément permettant d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui n’est opérant qu’à l’encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... n’est pas fondée à demander l’annulation de l’arrêté du 23 juillet 2024 en litige. Sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet du Cantal.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La rapporteure,
C. BRASSET
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 10 août 2024, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 23 juillet 2024 par lequel le préfet du Cantal l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d’un vice de procédure tiré d’une méconnaissance des droits de la défense ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il est entaché d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- il a été pris en méconnaissance de l’intérêt supérieur de l’enfant ;
- il a été pris en méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de Mme Brasset a été entendu au cours de l’audience publique du 17 septembre 2026.
Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante congolaise née le 27 juillet 1994, a sollicité l’asile en France le 24 juillet 2023. Sa demande d’asile a été rejetée, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d’asile le 12 juillet 2024. Par un arrêté du 23 juillet 2024, le préfet du Cantal l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme B... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par M. Hervé Demai, secrétaire général de la préfecture du Cantal, en vertu d’un arrêté du 9 octobre 2023, régulièrement publié le même jour, portant délégation de signature à l’effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’État dans le département, notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le pays de destination et les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B..., qui a sollicité l’asile, aurait tenté en vain de porter à la connaissance de l’administration des éléments pertinents relatifs à sa situation, ni qu’elle aurait été empêchée de s’exprimer avant que ne soit pris l’arrêté contesté. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure et de la méconnaissance de ses droits de la défense doit être écarté.
4. En troisième lieu, l’arrêté attaqué, qui est pris au visa des dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui mentionne, notamment, que Mme B... s’est vue définitivement refuser la qualité de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 12 juillet 2024, qu’elle ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu’elle n’entre dans aucun cas d’attribution d’un titre de séjour de plein droit, comprend les considérations de faits et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ne se serait pas livré à un examen sérieux et complet de la situation personnelle de Mme B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen doit être écarté.
6. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que pour prendre l’arrêté attaqué, le préfet s’est fondé sur la circonstance que Mme B... s’est vue définitivement refuser la qualité de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 12 juillet 2024, qu’elle ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu’elle n’entre dans aucun cas d’attribution d’un titre de séjour de plein droit. Mme B... n’apporte, au soutien de sa requête, aucun élément sur sa durée de présence en France, sur son intégration ou sur ses liens personnels et familiaux sur le territoire français. Dans ces conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aurait commis une erreur de droit ou aurait commis une erreur manifeste d’appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
7. En sixième lieu, si Mme B... soutient que l’arrêté attaqué porte atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant, elle n’établit pas, ni même n’allègue, qu’elle serait mère d’un enfant présent sur le territoire français. Par suite, ce moyen ne peut qu’être écarté.
8. En dernier lieu, si Mme B... soutient que son retour au Congo l’exposerait à un risque de violences et de persécutions pour des raisons politiques, elle n’assortit ses allégations d’aucune pièce ni aucun élément permettant d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui n’est opérant qu’à l’encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... n’est pas fondée à demander l’annulation de l’arrêté du 23 juillet 2024 en litige. Sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet du Cantal.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Perraud, conseiller,
Mme Brasset, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La rapporteure,
C. BRASSET
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
TA95Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026