mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2403024 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | RAMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. B D, représenté par Me Ramond, demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au contradictoire du département du Cantal et de la MGEN du Cantal, avec mission pour l'expert de procéder à son examen médical et d'évaluer l'ensemble des préjudices consécutifs à son accident du 26 janvier 2021.
Il soutient que :
- professeur des écoles en institut médico-éducatif (IME), lors d'une sortie neige, le 26 janvier 2021, il a été victime d'une fracture du 5ème doigt de la main gauche suite à un coup de pied asséné par un enfant placé, sous l'autorité du département ; souffrant d'une arthrose post-traumatique sévère, il a été placé en arrêt de travail jusqu'au 15 juin 2021 ;
- une expertise médicale a été organisée par son assureur le 29 août 2023 ; l'assureur du département du Cantal, la compagnie Groupama d'OC, refuse toute prise en charge des préjudices, rappelant que le conseil départemental est le représentant légal de l'enfant impliqué ;
- face à l'inertie du département, il n'a pas d'autre choix que de solliciter une expertise afin d'évaluer les conséquences de sa blessure.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Par la présente requête, M. D demande que soit ordonnée une expertise aux fins de déterminer les conséquences de son accident du travail du 26 janvier 2021 alors qu'il accompagnait un groupe d'élèves en sortie neige. Il fait valoir que la responsabilité du département du Cantal, en sa qualité de représentant légal de l'enfant impliqué dans l'accident, est engagée, mais que la démarche amiable de son assureur auprès de l'assureur du département n'a pas abouti.
4. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés qu'une expertise médicale a été réalisée, à la demande de l'assureur du requérant, le 29 août 2023 par le Docteur A C. La seule circonstance que le département du Cantal n'a pas donné suite à la demande de l'assureur de M. D ne saurait conférer un caractère utile à la mesure d'expertise sollicitée, dès lors que le requérant dispose déjà d'éléments sur lesquels peut reposer son argumentation afin de solliciter une indemnisation au département du Cantal et, le cas échéant, saisir le juge d'un contentieux indemnitaire. Il s'ensuit que la demande de M. D ne revêt pas le caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et doit, dès lors, être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 décembre 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pm
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01/06/2026