Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante camerounaise, qui demandait d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la mesure sollicitée se heurtait à une contestation sérieuse, la requérante ne démontrant pas avoir fourni un dossier complet à l'appui de sa demande, ce qui fait obstacle à la délivrance de l'attestation. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2025, Mme B... A... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction.
Elle soutient qu’elle est étudiante à l’université de Clermont-Auvergne ; elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 13 octobre 2025 mais n’a pas reçu d’attestation de prolongation d’instruction de sorte qu’elle se trouve en situation irrégulière en France ; ses « jobs étudiants » ont été suspendus ainsi que sa perception des « APLs » ; elle se trouve « presque » en situation de précarité ce qui pourrait perturber la poursuite de ses études.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d’une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l’urgence, ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Aux termes de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise. (…) ».
Par la présente requête, Mme A..., ressortissante camerounaise, qui ne précise pas le fondement juridique de sa demande, doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction. Toutefois en se bornant à fournir la confirmation du dépôt de sa demande, deux contrats de travail l’un à durée indéterminée et l’autre à durée déterminée, deux certificats de scolarité et des bulletins de salaire, Mme A... ne démontre pas avoir fourni un dossier complet à l’appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour ce qui a pour effet de faire obstacle à la délivrance de l’attestation de prolongation d’instruction qu’elle sollicite. Par suite, la mesure sollicitée par Mme A... se heurte, à la date de la présente ordonnance, à une contestation sérieuse au sens de l’article L. 521-3 du code de justice administratif.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A... doivent être rejetées en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Clermont-Ferrand, le 9 décembre 2025.
La présidente,
Juge des référés
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.