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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-1901277

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-1901277

mardi 26 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-1901277
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 29 juin 2021, le tribunal a condamné le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) à verser à Mme C D veuve F une provision d'un montant de 10 000 euros en réparation des divers préjudices subis par son époux défunt, en sa qualité de victime des essais nucléaires, et a ordonné une expertise médicale afin, notamment, d'apprécier l'étendue des préjudices imputables aux maladies dont a souffert M. F.

Un mémoire en production de pièces, présenté pour Mme C F, a été enregistré le 5 avril 2022.

Un mémoire en production de pièces, présenté par le CIVEN, a été enregistré le 20 avril 2022.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 mai 2022 et le 9 juin 2022, le CIVEN conclut à titre principal à ce qu'il soit ordonné une nouvelle expertise médicale, subsidiairement à ce que le montant total de l'indemnisation soit limité à la somme de 100 498 euros et au rejet du surplus.

Il soutient que :

- concernant l'assistance par une tierce personne non spécialisée, l'expert n'ayant pas retenu d'aide passive, mais quantifié l'ensemble des aides apportées à hauteur de 5 heures 30 par jour, ce préjudice peut être indemnisé à hauteur de 5 heures 30 par jour pour la période du

30 juin 2019 au 19 février 2020, hors journées d'hospitalisation, sur une base de 12 euros de l'heure, soit un montant total de 15 510 euros ;

- concernant le déficit fonctionnel temporaire, l'expert n'a pas évalué celui découlant de la myélofibrose du 4 avril 2016 au 19 février 2020, ni celui couvrant la période de 2004 à 2018 ; à défaut de nouvelle expertise, sur la période de 2004 à 2018, 20 actes médicaux peuvent être retenus au titre du déficit fonctionnel temporaire total en lien avec les cancers cutanés, sur une base de

25 euros par jour, soit une indemnisation de 500 euros ; l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire partiel de M. F peut être évaluée, sur la même base journalière, à 4 488 euros ;

- les souffrances physiques endurées par M. F, compte tenu de l'échelle retenue par l'expert, peuvent être évaluées à la somme de 40 000 euros ;

- le préjudice esthétique temporaire, compte tenu de l'échelle retenue par l'expert, peut être fixé à la somme de 40 000 euros ;

- en l'absence de consolidation de l'état de santé de M. F, le préjudice lié à ses troubles dans les conditions d'existence, à savoir un préjudice d'agrément et un préjudice sexuel, font déjà l'objet d'une indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire, et ne peut ainsi être indemnisé comme un préjudice distinct ;

- le préjudice lié à une pathologie évolutive étant désormais indemnisé au titre d'un préjudice permanent exceptionnel, directement lié aux conséquences du déficit fonctionnel permanent, et en l'absence de consolidation de l'état de santé de M. F, ce préjudice n'est pas indemnisable ; à défaut il ne pourrait être évalué à plus de 10 000 euros.

Par un mémoire, enregistré le 30 mai 2022, Mme C F, représentée par

Me Labrunie, conclut aux mêmes fins que sa requête introductive d'instance, tout en limitant sa demande au principal à la somme totale de 258 118 euros.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux avant consolidation :

- si M. F a eu besoin d'une assistance active par une tierce personne non spécialisée à hauteur de 5 h 30 par jour du 4 juillet 2019 au 6 janvier 2020, hormis 11 jours d'hospitalisation, il a également eu besoin, pour la période du 8 janvier au 19 février 2020 et à l'exception d'une journée d'hospitalisation, de 5 h 30 par jour d'aide active complétée par 16 h 30 d'aide quotidienne passive dès lors que, sans cette prise en charge par son épouse, M. F n'aurait pu être maintenu à domicile ; en retenant un taux horaire de 18 euros pour une aide active et de 13 euros pour une aide passive, le préjudice au titre de l'assistance par une tierce personne s'élève

30 690 euros.

- la myélofibrose dont était atteint son époux a entraîné un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe I à hauteur de 10 % du 4 avril 2016 au 19 février 2020 ; les cancers cutanés qu'il a subis ont également provoqué un déficit fonctionnel temporaire total et partiel pour la période du 13 janvier 2004 au 19 février 2020 ; l'indemnité réparant le déficit fonctionnel temporaire, calculée sur une base journalière de 40 euros, s'élève à la somme de 5 668 euros au titre de la myélofibrose et de 31 760 euros au titre des cancers cutanés ;

- les souffrances temporaires physiques endurées par son époux du fait de ses cancers et de sa myélofibrose doivent être évaluées à la somme de 60 000 euros ;

- son époux a subi un préjudice esthétique temporaire dont le montant de l'indemnisation doit être fixé à la somme de 40 000 euros ;

- le préjudice lié aux troubles dans les conditions d'existence subi par son époux s'élève à la somme de 20 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices évolutifs :

- le préjudice lié à la douleur morale, en raison de l'angoisse sur l'avenir que ces maladies faisaient peser sur son époux, doit être évalué à 70 000 euros.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 25 mars 2022 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé à la somme de 2 922 euros les frais et honoraires du docteur A, expert.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code civil ;

- la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 ;

- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;

- la loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 ;

- le décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de Mme Meunier-Garner, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'indemnité :

1. Dans le cas d'une pathologie évolutive insusceptible d'amélioration, comme les cancers cutanés dont M. F a été atteint, qui se traduisent par une aggravation de son état de santé au fil du temps, l'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait pas obstacle à ce que soit mise à la charge du responsable du dommage la réparation des préjudices matériels et personnels subis avec certitude par la victime avant son décès.

En ce qui concerne les frais d'assistance par une tierce personne :

2. Lorsque le juge administratif indemnise la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit, à cette fin, se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer, augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

3. Il résulte, d'une part, de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur A, enregistré au greffe du tribunal le 2 mai 2022, que l'état de santé de M. F à compter de la fin du mois de juin 2019, période à laquelle la progression de ses cancers cutanés est devenue très importante, jusqu'au 7 janvier 2020 inclus, et en dehors des journées d'hospitalisation, a conduit son épouse à assumer seule de façon permanente la sécurité, les besoins et le confort de son mari, à l'exception des soins assurés par une infirmière, justifiant ainsi une évaluation de cette assistance non spécialisée à une durée quotidienne de 5 h 30, à raison d'un taux horaire équivalent au salaire minimum interprofessionnel de croissance, augmenté des cotisations patronales, soit 14,24 euros pour l'année 2019 et 14,41 euros pour l'année 2020.

4. Il résulte, d'autre part, de l'instruction, que pour la période du 8 janvier 2020 au

19 février 2020, date du décès de M. F, la prise en charge médicale de ce dernier s'est faite sous la forme d'une hospitalisation à domicile par le déplacement d'une équipe de soins palliatifs de l'hôpital d'Arcachon une fois par semaine, en coordination avec les infirmières qui intervenaient à domicile et le médecin traitant. Dès lors, Mme F a continué, comme précédemment, à assurer une aide active auprès de son mari d'une durée quotidienne de 5 h 30, et doit être regardée comme ayant également assuré une assistance, a minima sous la forme d'une surveillance nécessaire à ce type d'hospitalisation, le reste de la journée y compris la nuit. Cette assistance constituant une aide passive, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'indemnisant à hauteur des deux tiers du taux horaire appliqué en cas d'aide active pour la période diurne, soit un taux horaire de 9,60 euros, et à hauteur du quart du même taux horaire appliqué en cas d'aide active, pour la période nocturne comprise entre 21 h 00 et 7 h 00, soit un taux horaire de 3,60 euros.

5. Par suite, il sera fait une juste appréciation des frais d'assistance assurée par

Mme F auprès de son époux en les fixant à la somme de 22 372 euros.

En ce qui concerne le déficit fonctionnel temporaire :

6. Le poste de préjudice de déficit fonctionnel temporaire, qui répare la perte de qualité de vie de la victime et des joies usuelles de la vie courante pendant la maladie avant sa consolidation, intègre le préjudice sexuel et le préjudice d'agrément subis pendant cette période et comprend les troubles dans les conditions d'existence.

7. Tout d'abord, si Mme F soutient que son époux a subi un préjudice à ce titre du fait de l'émotion qu'il a ressentie lors du diagnostic de sa myélofibrose, de l'inquiétude liée à un risque dit d'échappement immunitaire, de l'asthénie dont il a été atteint, et de la contrainte thérapeutique qu'il a subie, il résulte toutefois de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la myélofibrose découverte en avril 2016, traitée efficacement et permettant de maintenir un état stable, a eu un très faible retentissement sur l'état de santé de M. F au regard des multiples autres pathologies qu'il présentait. Dès lors, en l'absence d'élément de nature à contredire ces conclusions expertales, la myélofibrose dont souffrait M. F n'a été à l'origine d'aucun déficit fonctionnel temporaire.

8. Ensuite, si l'expert n'évalue pas le déficit temporaire fonctionnel lié aux différents cancers cutanés de M. F pour la période du 13 janvier 2004 au 25 novembre 2018, dès lors que les multiples interventions chirurgicales ambulatoires réalisées n'entraînaient pas de réelles incapacités temporaires, il n'est toutefois pas contesté que M. F a subi 29 actes thérapeutiques répartis sur 19 jours d'hospitalisation et une hospitalisation de deux jours pour des douleurs au visage après une séance de photothérapie. Il n'est pas non plus contesté que M. F a connu 27 jours d'hospitalisation entre le 26 novembre 2018 et la date de son décès, soit un total de 48 journées d'hospitalisation entre le 13 janvier 2004 et le 19 février 2020, justifiant l'indemnisation d'un déficit fonctionnel temporaire total.

9. En outre, il résulte de l'instruction que les incapacités consécutives aux 21 interventions chirurgicales intervenues dans la période du 13 janvier 2004 au 25 novembre 2018 étaient limitées aux seuls pansements post-opératoires, lesquelles seront dès lors évaluées à 10 % de déficit fonctionnel temporaire total pendant les 10 jours suivants ces actes.

10. Enfin, il résulte du rapport d'expertise, non contredit par les autres pièces du dossier, que l'état de santé de M. F s'est aggravé au cours de trois périodes distinctes, soit du

26 novembre 2018 à la fin du mois de juin 2019 au cours de laquelle l'incapacité temporaire doit être évaluée à 25 %, du mois de juillet 2019 à la fin du mois de décembre 2019 au cours de laquelle cette même incapacité doit être évaluée à 50 %, et du mois de janvier 2020 au 19 février 2019, date du décès de M. F, au cours de laquelle l'incapacité temporaire doit être évaluée à 75 %.

11. Par suite, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de

M. F en le fixant à la somme de 4 000 euros.

En ce qui concerne les souffrances endurées :

12. Les souffrances physiques endurées par M. F ont été évaluées par l'expert à 6 sur une échelle allant de 1 à 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 27 000 euros.

En ce qui concerne le préjudice esthétique temporaire :

13. Il résulte de l'instruction que M. F a souffert d'un préjudice esthétique en raison notamment du nombre important d'interventions chirurgicales sur le visage. L'expert a évalué le préjudice esthétique à 6 sur une échelle allant jusqu'à 7. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 27 000 euros.

En ce qui concerne le préjudice lié aux troubles dans les conditions d'existence :

14. Si Mme F soutient que son époux, en raison de son état de santé, a rencontré des difficultés dans les gestes de la vie quotidienne, n'a pu s'investir dans des projets à court terme, et a subi un préjudice sexuel, faute de consolidation possible de l'état de santé de M. F, comme il a été dit au point 6, l'indemnisation de ces préjudices liés aux troubles dans ses conditions d'existence, résulte de celle du déficit fonctionnel temporaire. Par suite, ce préjudice ne peut être distinctement indemnisé de celui tiré du déficit fonctionnel temporaire.

En ce qui concerne le préjudice spécifique résultant des pathologies évolutives en dehors de toute consolidation :

15. Les préjudices permanents exceptionnels incluent les préjudices extrapatrimoniaux atypiques, directement liés au handicap permanent qui prend une résonance particulière pour certaines victimes en raison, soit de leur personne, soit des circonstances et de la nature du fait dommageable. Ces préjudices, distincts du préjudice extrapatrimonial du déficit fonctionnel permanent, ne peuvent résulter que de circonstances particulières, autres que celles résultant du fait dommageable. Si le CIVEN se prévaut de ce que M. F est décédé sans que son état soit consolidé, cette circonstance a précisément pour effet de permettre la réparation spécifique des préjudices personnels subis avec certitude par la victime avant son décès, en-dehors de toute consolidation, en raison de pathologies évolutives. Ainsi, si la myélofibrose dont M. F était atteint, faisait l'objet d'un traitement permettant de maintenir son état de santé avec un pronostic favorable, en revanche, ses craintes légitimes de voir apparaître un nouveau cancer cutané, une récidive, une aggravation de son état de santé et une issue fatale suite à ces cancers sont susceptibles de recevoir cette qualification.

16. Il résulte de l'instruction que M. F, âgé de 69 ans à l'apparition de son premier cancer cutané, a connu une succession notable de cancers de même nature entre 2004 et 2013, qui se sont aggravés à compter de cette dernière année, avant de connaître une dégradation inexorable de son état de santé jusqu'à son décès au mois de février 2020. Il a ainsi légitimement pu percevoir être atteint d'une pathologie évolutive et mortelle, dans la crainte constante d'une dégradation de son état de santé. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, eu égard notamment à la période écoulée entre le premier diagnostic et le décès, à l'évolution de la maladie et à l'âge du défunt, en le fixant à la somme de 10 000 euros.

17. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner une mesure d'expertise complémentaire, le CIVEN doit être condamné à payer à Mme F la somme totale de 90 372,05 euros, sous déduction de la provision de 10 000 euros, sous réserve de son versement effectif, allouée par le jugement avant dire droit du 29 juin 2021.

Sur les intérêts et la capitalisation :

18. D'une part, Mme F a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de

90 372,05 euros à compter de la date de réception de la demande préalable, jusqu'à la date de versement effectif de la provision mise à la charge du CIVEN par le jugement avant dire droit du 29 juin 2021, et sur la somme de 80 372,05 euros à compter du lendemain de la date de ce versement.

19. D'autre part, conformément à l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter d'une période d'un an suivant la date de réception de la demande préalable et à chaque échéance annuelle ultérieure.

Sur les frais liés à l'instance :

20. D'une part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés et liquidés par une ordonnance du 25 mars 2022 à la somme de 2 922 euros, à la charge définitive du CIVEN.

22. D'autre part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CIVEN une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme F et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires est condamné à verser à Mme F la somme de 90 372,05 euros (quatre-vingt-dix mille trois cent soixante-douze euros et cinq centimes), sous déduction de la provision de 10 000 (dix mille) euros allouée par le jugement avant dire droit du 29 juin 2021, sous réserve de son versement effectif. Cette somme sera augmentée des intérêts au taux légal sur la somme de 90 372,05 euros (quatre-vingt-dix mille trois cent soixante-douze euros et cinq centimes) à compter de la date de réception de la demande préalable jusqu'à la date de paiement effectif de la provision allouée, et sur la somme de

80 372,05 euros (quatre-vingt mille trois cent soixante-douze euros et cinq centimes) à compter de cette date de paiement. Les intérêts échus à compter d'une période d'un an suivant la date de réception de la demande préalable seront capitalisés à chaque échéance annuelle ultérieure pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Les frais d'expertise, d'un montant de 2 922 (deux mille neuf cent vingt-deux) euros, sont mis à la charge définitive du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires.

Article 3 : Le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires versera à Mme F une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la requête de Mme F sont rejetées pour le surplus.

Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme C D veuve F et au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires.

Copie en sera adressée au docteur A, expert.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 26 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

F. B

Le président,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,

Signé

M. E

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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