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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-1902585

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-1902585

mercredi 3 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-1902585
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSTARK

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédure devant le tribunal des pensions militaires d'invalidité :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 juin 2017 et le 14 mars 2018, au greffe du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau le 18 octobre 2019.

Procédure devant le tribunal administratif de Pau :

Par cette requête, enregistrée le 31 octobre 2019, M. A B, représenté par Me Stark, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 mai 2017 de la ministre des Armées a rejeté sa demande de révision de sa pension militaire d'invalidité ;

2°) de fixer à 35 % le taux d'invalidité imputable à son infirmité " Névralgies d'Arnold et cervico-brachiale post-traumatiques. Syndrome céphalique. Radio : arthrose cervicale étendue. ", à compter du 2 avril 2015 ;

3°) d'ordonner une expertise médicale aux fins de déterminer le taux d'invalidité imputable à son infirmité ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 janvier 2018, le 29 janvier 2018 et le 16 avril 2018, la ministre des Armées conclut au rejet de la requête.

Par un jugement n° 2018/36 en date du 26 juillet 2018, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau a :

- déclaré irrecevable la demande de M. B relative à l'infirmité nouvelle relative à " des sensations vertigineuses, vertiges, nausées et acouphènes " ;

- ordonné avant-dire droit une expertise médicale avant de statuer sur l'aggravation de son infirmité pensionnée ;

- rejeté les conclusions de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'expert a déposé son rapport le 24 juillet 2019 au greffe du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau.

Par un mémoire, enregistré le 1er août 2019 au greffe du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau, M. A B, représenté par Me Stark, conclut au rejet de sa requête initiale.

Il soutient qu'au regard de l'expertise, son infirmité ne s'est pas aggravée.

Par un mémoire, enregistré le 14 octobre 2019 au greffe du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau, la ministre des Armées conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que l'aggravation de l'infirmité de M. B n'est pas imputable à son accident de 1992 et son taux d'invalidité doit être maintenu à 25 %.

Par l'effet de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau a transmis au tribunal administratif de Pau le dossier de l'instance introduite par M. A B, pour y être enregistré au greffe du tribunal le 31 octobre 2019 sous le n° 1902585.

Par une ordonnance du 12 mars 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 avril 2021 à 12 heures.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 février 2018.

Vu :

- le jugement 2018/36 du 26 juillet 2018 du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau ;

- le rapport d'expertise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Quéméner, présidente-rapporteure,

- et les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ancien militaire au grade de major dans la gendarmerie et rayé des contrôles le 1er juin 2003, s'est vu concéder par arrêté du 19 janvier 2004 une pension militaire d'invalidité au titre de son infirmité " Névralgies d'Arnold et cervico-brachiale post-traumatiques. Syndrome céphalique. Radio : arthrose cervicale étendue. " au taux de 25 %. Par une décision du 4 mai 2017, la ministre des Armées a rejeté sa demande de révision pour aggravation de sa pension militaire d'invalidité. Il a demandé au tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau d'annuler cette décision, de fixer à 35 % le taux d'invalidité imputable à son infirmité, et d'ordonner une expertise médicale. Par un jugement du 26 juillet 2018, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau a déclaré irrecevable sa demande concernant une nouvelle infirmité, et ordonné, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise médicale en vue de se prononcer sur l'infirmité " Névralgies d'Arnold et cervico-brachiale post-traumatiques. Syndrome céphalique. Radio : arthrose cervicale étendue. " de M. B. L'expert a rendu son rapport le 24 juillet 2019.

2. Aux termes de l'article L.6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, en vigueur à la date de la demande du requérant : " La pension militaire d'invalidité prévue par le présent code est attribuée sur demande de l'intéressé après examen, à son initiative, par une commission de réforme selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. L'entrée en jouissance est fixée à la date du dépôt de la demande ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit se placer à la date de la demande de l'intéressé pour évaluer ses droits à sa pension militaire d'invalidité, et notamment le taux d'invalidité résultant des infirmités au titre desquelles cette demande est réalisée, à savoir le 2 avril 2015.

3. Et aux termes de l'article L. 29 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre applicable au litige : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs des infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 p 100 au moins du pourcentage antérieur. / Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. / La pension définitive révisée est concédée à titre définitif ". Aux termes de l'article L. 9 du même code alors en vigueur : " () Le taux de la pension définitive ou temporaire est fixé, dans chaque grade, par référence au degré d'invalidité apprécié de 5 en 5 jusqu'à 100 %. / () Pour l'application du présent article, un décret (), détermine les règles et barèmes pour la classification des infirmités d'après leur gravité. ".

4. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pensions militaires d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.

5. Il résulte de l'instruction que M. B a été victime d'un traumatisme cervical au cours d'un accident de service le 2 avril 1992. Il résulte de l'expertise du docteur F réalisée le 24 juillet 2019, ordonnée par le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Pau le 26 juillet 2018, que l'évolution de la symptomatologie de M. B ne permet pas de réviser le taux d'invalidité de son infirmité qui doit rester fixée à 25 %. Or dans son mémoire enregistré le 1er août 2019, postérieurement au dépôt du rapport d'expertise, le requérant indique ne plus contester ce taux et acquiesce à l'absence d'aggravation de son infirmité, de sorte qu'en l'absence de contestation et d'éléments au dossier de nature à remettre en cause la teneur desdites conclusions, il convient de confirmer l'analyse du docteur F.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

7. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".

8. M. B étant bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'Etat le montant des frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme 500 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Pau du 4 mai 2022.

Sur les frais liés au litige :

9. M. B ayant la qualité de partie perdante, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions qu'il présente sur le fondement combiné de ces dispositions et de celles de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B doit être rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 500 euros (cinq cents euros) par l'ordonnance de la présidente du tribunal en date du 4 mai 2022 sont mis à la charge définitive de l'Etat.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au ministre des Armées.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Quéméner, présidente,

Mme Réaut, première conseillère,

Mme Duchesne, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2022.

La présidente-rapporteure,

Signé

V. QUEMENERLa première conseillère,

Signé

V. REAUT

La greffière,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au ministre des Armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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