lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000224 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SALESSE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n° 2000224 et des mémoires, enregistrés le 30 janvier 2020, le 13 octobre 2021, le 8 novembre 2021 et le 27 octobre 2022, l'Office 64 de l'Habitat et son assureur la société MS Amelin Insurance SE, représentés par Me Houle, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner in solidum, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, les maîtres d'œuvre, la société Imag'in, la société Villenave Architectures et leur assureur la société MAF, la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet et son assureur la société MMA IARD, la société Betiko et son assureur la société SMA ainsi que le géotechnicien Alios Pyrénées et son assureur la société Zurich Insurance Public Limited Company, et le constructeur la société Eiffage Route Sud-Ouest et son assureur la SMABTP, et son sous-traitant la société Sud Fondations et son assureur la société SMA, à verser à l'Office 64 de l'Habitat à titre principal la somme de 266 113,76 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant de l'effondrement d'une paroi de soutènement réalisée à l'occasion des travaux de construction de la résidence Oiharzabalenia à Saint-Pierre-d'Irube ; à titre subsidiaire, de condamner ces mêmes sociétés à la somme de 258 366,72 euros, assortie des intérêts aux taux légal et de leur capitalisation ;
2°) de condamner in solidum sur ce même fondement ces mêmes personnes à verser à MS Amelin Insurance SE la somme de 198 013,05 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
3°) à titre principal de rejeter les conclusions reconventionnelles des sociétés Imag'in et Villenave Architectures ; à titre subsidiaire, le montant sollicité sera minoré en application de la part de responsabilité des sociétés Imag'in et Villenave Architectures ;
4°) la société Betiko, la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet, la société Alios Pyrénées, la société Eiffage Route Sud-Ouest et la société Sud Fondations seront condamnées in solidum à garantir l'Office 64 de l'Habitat de l'intégralité de la condamnation prononcée à son encontre à l'égard des sociétés Imag'in et Villenave Architectures ;
5°) si les frais d'expertise ne sont pas retenus dans le montant du préjudice, de mettre à la charge de ces mêmes personnes les frais de l'expertise judiciaire s'élevant à 7 747 euros ;
6°) de mettre à la charge de ces mêmes sociétés la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les demandes de la société MS Amelin Insurance SE sont recevables, le contrat d'assurance n'est aucunement absent, l'acte d'engagement comprend les garanties souscrites et il est produit au débat les conditions générales du contrat ;
- la responsabilité pour faute du géotechnicien Alios et des maîtres d'œuvre, les sociétés Imag'in, Villeneuve Architectures, la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet et la société Betiko doit être engagée sur le fondement de l'article 1147 du code civil en vigueur à la date du sinistre ; l'ensemble des membres du groupement de maîtrise d'œuvre est intervenu au stade des études préliminaires ;
- le plafond et la franchise de la garantie accordée à la société Alios par la société Zurich Insurance sont inopposables à défaut de communication du contrat d'assurance ;
- la responsabilité pour faute du constructeur, la société Eiffage Route Sud-Ouest doit être engagée sur le fondement de l'article 1147 du code civil, et celle de son sous-traitant Sud Fondations doit être engagée sur le fondement de l'article 1240 du code civil en raison du manquement à leur obligation de résultat d'édifier un ouvrage exempt de vices ;
- aucune faute ne peut être reprochée au maître d'ouvrage ni aucune responsabilité ne peut être retenue dès lors qu'il ne saurait être considéré comme un constructeur professionnel ;
- l'Office 64 de l'Habitat est ainsi fondé à demander la réparation de ses préjudices à hauteur de 41 373 euros au titre des réparations de l'ouvrage, à hauteur de 51 955 euros au titre des dégradations de la voierie et des canalisations, à hauteur de 165 038,72 euros au titre de la perte financière résultant du retard des travaux et à hauteur de 7 747 euros au titre de l'expertise réalisée par le cabinet Saretec ; quel que soit le fondement de leur responsabilité respective, les co-auteurs du dommage seront condamnés in solidum à réparer l'entier dommage ;
- le tribunal est compétent pour connaître de l'action de l'assureur qui a renoncé à contester sa garantie en application de l'article L. 113-17 du code des assurances et la société MS Amelin Insurance SE, en sa qualité de subrogé en application de l'article L. 121-12 du code des assurances et en tout état de cause de l'article 1346-1 du code civil, est fondée à demander réparation de la somme de 198 013,05 euros correspondant au montant qu'elle a versé pour indemniser les dommages causés à son assuré à la suite de l'évènement du 31 juillet 2016 ; le contrat d'assurance stipule que les dommages matériels à la construction sont garantis et ne bénéficie qu'au maître de l'ouvrage ;
- les demandes reconventionnelles des sociétés Imag'in et Villenave Architectures doivent être rejetées dès lors que leurs honoraires ont été réglés, qu'aucune demande de complément n'a été effectuée et que les frais ne sont que la conséquence du sinistre ; à titre subsidiaire, le montant sera minoré en application de la part de responsabilité des sociétés Imag'in et Villenave Architectures et, en tout état de cause, les sociétés Betiko, Christophe Jacques et Antton Iratchet, Alios Pyrénées, la société Eiffage Route Sud-Ouest et la société Sud Fondations, seront condamnées in solidum à garantir l'Office 64 de l'Habitat de l'intégralité de la condamnation prononcée à ce titre à son encontre.
Par des mémoires, enregistrés le 27 août 2020, le 28 septembre 2021, le 14 décembre 2021 et le 3 novembre 2022, la société Eiffage Route Sud-Ouest, et la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), représentées par Me Cachelou, concluent, dans le dernier état de leurs écritures :
- à l'incompétence du juge administratif pour connaître de l'action directe de l'Office 64 de l'Habitat dirigée contre la SMABTP, assureur de la société Eiffage Route Sud-Ouest ;
- à l'irrecevabilité de l'ensemble des demandes formées par MS Amelin Insurance SE, subrogée dans les droits de l'Office 64 de l'Habitat, à défaut de produire les conditions particulières et générales de la police d'assurance " tout risque chantier " ou, en tout état de cause, l'absence de justification d'une subrogation conventionnelle ;
- à l'irrecevabilité de l'intervention de la société Lapix Bâtiment ;
- à ce que soit mise à la charge de l'Office 64 de l'Habitat et de la société MS Amelin Insurance SE à verser à la SMABTP la somme de 2 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à ce que la part de responsabilité de l'Office 64 de l'Habitat dans la réalisation des désordres soit évaluée à 5 %, celle du groupement de maîtrise d'œuvre composé des sociétés Imag'in, Betiko et Christophe Jacques et Antton Iratchet, à 15 %, et que la société Sud Fondation soit seule responsable des manquements commis en phase de travaux (G3) ; à titre subsidiaire, que la part de responsabilité de la société Eiffage Route Sud-Ouest soit en tout état de cause limitée à 22,5 % ;
- à ce que soit limitée à 118 282,05 euros la réparation du préjudice matériel et à ce que soit laissée à la charge de l'Office 64 de l'Habitat et du groupement de maîtrise d'œuvre la somme de 121 104 euros, correspondant à la différence entre l'estimation du coût des travaux de reprise de la paroi évalué à 194 639 euros et son coût fixé par le marché initial à 73 535 euros ; si cette somme était laissée à la charge des sociétés exécutantes, cela constituerait un enrichissement sans cause de l'Office 64 de l'Habitat ;
- au rejet de la demande de l'Office 64 de l'Habitat au titre du préjudice économique et financier et l'évaluer à la somme retenue par le sapiteur, soit 53 606 euros ;
- au rejet de la demande de l'Office 64 de l'Habitat au titre des frais de l'expertise réalisée par le cabinet Saretec mandaté par la SMACL, assureur protection juridique de l'Office, et réglés par cette dernière ;
- au rejet de l'appel en garantie formulé par les sociétés Imag'in et Villenave Architectures et tendant à leur verser, sur le fondement de la responsabilité contractuelle et délictuelle, une somme correspondant à l'indemnisation de leur préjudice consécutif à un retard soulève un litige distinct de la demande principale qui concerne l'indemnisation du coût des travaux suite à l'effondrement partiel de la paroi berlinoise ; en tout état de cause, le lien entre le préjudice et les travaux réalisés par la société Eiffage Route Sud-Ouest n'est pas établi ;
- au rejet de la demande de frais irrépétibles des requérants infondée en droit et, subsidiairement, à ce que la somme demandée soit limitée à 1 000 euros ;
- à ce que soit mise à la charge in solidum de l'Office 64 de l'Habitat, de la société MS Amelin Insurance SE et de toute autre partie succombante la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
La société Eiffage Route Sud-Ouest appelle, par ailleurs, en garantie :
- à titre principal, l'Office 64 de l'Habitat à hauteur de 5 % de ses responsabilités ; le groupement de maîtrise d'œuvre, composé des sociétés Imag'in, Betiko et Christophe Jacques et Antton Iratchet, à hauteur de 15 % des responsabilités ; la société Alios Pyrénées à hauteur de 10,5 % et la société Sud Fondations à hauteur de 53 % ;
- à titre subsidiaire, elle appelle en garantie : l'Office 64 de l'Habitat à hauteur de 1,5 % des responsabilités encourues, le groupement de maîtrise d'œuvre, composé des sociétés Imag'in, Betiko et Christophe Jacques et Antton Iratchet, à hauteur de 9 % des responsabilités, la société Alios Pyrénées à hauteur de 10,5 % et la société Sud Fondations à hauteur de 29 %.
Elle soutient que :
- la demande formée par Lapix bâtiment est irrecevable en tant qu'elle présente des conclusions propres concernant un litige distinct des demandes principales formées par l'Office 64 de l'Habitat et la société MS Amelin Insurance SE ;
- le choix économique effectué par l'Office 64 de l'Habitat a été l'élément déclencheur de " l'effet boule de neige " qui se conclut par l'affaissement partiel de la paroi berlinoise. Une responsabilité générale retenue à hauteur de 1,50 % apparaît d'ailleurs sous-évaluée au regard des manquements constatés par l'expert judiciaire, de sorte qu'elle pourra être réévaluée au minimum à 5 % ;
- la responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre qui a été retenue par l'expert judicaire à un total de seulement 9 % devra être réévalué au minimum à 15 % ;
- la société Sud Fondations, en sa qualité de sous-traitant en charge de la paroi berlinoise et de la mission G3, a manqué à son obligation de résultat de livrer un ouvrage exempt de vice et est seule responsable à l'égard de la société Eiffage Route Sud-Ouest ;
- le marché initial de la paroi berlinoise s'élève à 75 535 euros, le coût de réfaction a été évalué à la somme de 194 639 euros, le surcoût des travaux égal à la différence et de 121 104 euros qu'il conviendra de laisser à la charge du groupement de maîtrise d'œuvre de conception. Condamner les sociétés exécutantes au remboursement de la totalité de ce montant serait constitutif d'un enrichissement sans cause dès lors que c'est bien le choix économique du moins disant de la maîtrise d'ouvrage qui ne leur a pas permis de chiffrer en parfaite connaissance de cause le coût réel de la paroi berlinoise ; seule la somme de 118 282,05 euros (239 386,05 - 121 104) pourra être réclamée au titre du préjudice matériel.
Par un mémoire, enregistré le 15 octobre 2021, la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet géomètres et la société MMA IARD, représentées par Me Delhaes, concluent :
- à l'irrecevabilité de la demande indemnitaire présentée par la société MS Amelin Insurance SE, en l'absence de production du contrat tout risque chantier ;
- à l'incompétence du juge administratif pour connaître des demandes présentées par la société Lapix Bâtiment et celles présentées à titre reconventionnel par les sociétés Imag'in et Villenave Architectures ; à titre subsidiaire, ces dernières sont infondées ;
- sur le fond, à titre principal, au rejet des demandes de condamnation de la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet en l'absence de preuve de faute dans la réalisation de la mission qui lui a été confiée engageant sa responsabilité et, à titre subsidiaire, à ce que soit retenu le partage de responsabilité proposé par l'expert judiciaire et de limiter à 5 % la part de responsabilité de la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet dans la réalisation du dommage ;
- au rejet de toutes demandes à l'encontre de la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet qu'elles soient formulées comme des appels en garantie ou qu'elles soient formulées comme des demandes reconventionnelles ;
- à ce que soit mise à la charge de l'Office 64 de l'Habitat et de la société MS Amelin Insurance SE ainsi que de toute partie succombante la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles précisent que :
- elles ont toujours contesté toute imputabilité au dommage sans être contredites et il ne se dégage des opérations expertales aucune piste permettant d'engager la responsabilité de la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet ;
- le sinistre a trouvé sa cause au stade de la mise en œuvre des berlinoises qui n'a pas été réalisée conformément au CCTP par la société Eiffage Route Sud-Ouest qui a été alertée à plusieurs reprises sur ces non-conformités.
Par un mémoire, enregistré le 3 août 2021, la société Imag'in, la SCP Villenave Architectures et la société Mutuelle des Architectes de France assurances, représentées par Me Charbonnier, demandent au tribunal :
- de retenir, à titre principal, l'irrecevabilité des demandes formées à l'encontre de la Mutuelle des Architectes de France et l'incompétence du tribunal administratif pour connaître de l'intervention de la société Lapix Bâtiment présentée sur un fondement quasi-délictuel ; à titre subsidiaire, leur rejet au fond et en tout état de cause de mettre à la charge des sociétés Eiffage Route Sud-Ouest, MS Amelin Insurance SE, Lapix Bâtiment et toute autre succombante la somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative;
- à titre subsidiaire, elles demandent à être garanties solidairement par les sociétés Betiko, Christophe Jacques et Antton Iratchet, Alios Pyrénées, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations de toutes condamnations prononcées à leur encontre et de les limiter, en tout état de cause, à 3 % de toutes indemnités et enfin, de diminuer les condamnations éventuelles de la Mutuelle des architectes de France du montant de la franchise prévue au contrat opposable aux tiers ;
- à titre reconventionnel, elles demandent au tribunal : de condamner à titre principal l'Office 64 de l'Habitat à verser à la société Imag'in et à la SCP Villenave Architectures, la somme de 12 480 euros chacune ; à titre subsidiaire la société Imag'in et à la SCP Villenave Architectures demandent de condamner solidairement les sociétés Betiko, Christophe Jacques et Antton Iratchet, Alios Pyrénées, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations à leur verser à chacune, la somme de 12 480 euros correspondant aux honoraires complémentaires générés par le sinistre ;
- de rejeter toute demande de condamnation solidaire de la société Imag'in et de la SCP Villenave Architectures sur les fondements contractuel et quasi-délictuel à raison des dommages imputables aux autres intervenants dès lors que le marché de maîtrise d'œuvre exclut toute solidarité entre les membres du groupement de maîtrise d'œuvre ;
- d'ordonner la compensation des créances.
Elles font valoir que :
- un architecte ne peut être tenu responsable de dommages découlant de travaux postérieurs ou extérieurs à sa mission ; le groupement de maîtrise d'œuvre n'était que conjoint de sorte que ses membres ne sont en aucun cas solidaires ;
- la maîtrise d'œuvre complète des travaux de VRD, seuls travaux concernés par l'effondrement de la paroi berlinoise, a été assurée par la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet et la société Betiko, et les griefs dénoncés ne peuvent être liés qu'aux intervenants sur les travaux de VRD ;
- il n'a jamais été fait état de leur responsabilité lors de l'expertise amiable.
Par des mémoires, enregistrés le 14 octobre 2021 et le 26 octobre 2022, la société Sud Fondations et la société SMA, représentées par Me Dupont, concluent :
- à l'incompétence du juge administratif pour connaître des demandes formulées par l'Office 64 de l'Habitat et par la société Eiffage Route Sud-Ouest à leur encontre ;
- à l'incompétence du juge administratif pour connaître des demandes formulées par la société Lapix Bâtiment car son action n'est ni un appel en garantie, ni la conséquence de l'action initiée par l'Office 64 de l'Habitat ;
- à l'irrecevabilité de l'action de la société MS Amelin Insurance SE, assureur du maître d'ouvrage, faute d'avoir produit le contrat d'assurance tout risque chantier, lequel peut comporter une assurance pour compte au bénéfice du ou des entrepreneurs intervenants ;
- à titre subsidiaire, à ce que la fraction d'imputabilité de la société Sud Fondations dans la réalisation du dommage soit limitée à 29 %, et à ce que la part de responsabilité de l'Office 64 de l'Habitat à 1,5 % soit confirmée ;
- au rejet de la demande de condamnation au paiement de la somme de 51 955 euros en réparation des dégradations causées à la voirie et aux canalisations enterrées, dès lors que cette somme est incluse par l'expert dans le montant des travaux de reprise évalué à la somme de 239 386,05 euros HT sur laquelle les parties se sont accordées ;
- au rejet de la demande de condamnation au paiement de la somme de 160 133,72 euros en réparation du préjudice économique et financier de l'Office 64 de l'Habitat et à limiter la réparation de ce chef de préjudice au montant de 53 600 euros retenu par le sapiteur ; limiter en conséquence le montant des condamnations mise à la charge de la société Sud fondations à la somme de 29 % de 53 600 euros, soit 15 544 euros ;
- au rejet de la demande de condamnation au paiement de la somme de 7 747,04 euros correspondant aux frais d'un expert privé engagé par l'Office 64 de l'Habitat pour l'assister dans sa défense ;
- au rejet de la demande de condamnation in solidum des défendeurs au paiement de la somme de 198 013,05 euros ;
- par ailleurs, à ce que l'Office 64 de l'Habitat et la société Lapix Bâtiment soient condamnés ensemble à payer à la SMA la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que soit mise à la charge de la société MS Amelin Insurance SE la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- et au rejet l'ensemble des demandes formulées au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'au titre des dépens.
Elles font valoir que :
- faute pour la société MS Amelin Insurance SE de produire la police "tout risque chantier", laquelle peut comporter une assurance pour compte au bénéfice du ou des entrepreneurs intervenants, prévenant dans ce cas tout recours subrogatoire contre l'entrepreneur responsable devenu son assureur, sa demande est irrecevable ;
- le rôle de la société Eiffage Route Sud-Ouest est prépondérant dans la réalisation des dommages, dès lors qu'elle assurait le suivi d'exécution des travaux ;
- les demandes indemnitaires de l'Office 64 de l'Habitat sont démesurées au regard des conclusions de l'expert qui s'est basé, notamment, sur les pièces produites par l'office et sur lesquelles s'est tenu un débat contradictoire.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2021, la société Zurich Insurance Public limited company, représentée par Me Nguyen Ngoc, Axial avocats, conclut :
- à titre principal, à l'incompétence du juge administratif pour statuer sur la garantie éventuellement due par la société Zurich Insurance et à l'irrecevabilité des demandes formulées par la société MS Amelin Insurance SE qui ne justifie pas de l'étendue des garanties contractuelles accordées et des conditions de recours contractuellement convenues à l'encontre des intervenants ;
- à titre subsidiaire, au rejet des demandes de condamnation, ainsi que tout appel en garantie, dirigées contre Zurich Insurance, en l'absence de responsabilité de son assuré Alios Pyrénées qui n'a pas commis de faute dans l'exécution de sa mission géotechnique confiée en phase de conception et d'exécution des ouvrages de soutènement ;
- à titre infiniment subsidiaire, à limiter les indemnités allouées à l'Office 64 de l'Habitat à la somme de 36 394,08 euros HT au titre des dommages matériels subis et à la somme de 46 916 euros au titre des dommages immatériels et enfin, l'indemnité allouée à la société Lapix Bâtiment à la somme de 59 940,86 euros HT ; en tout état de cause, de condamner solidairement l'Office 64 de l'Habitat, les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, leur assureur la société MAF, la société Betiko et son assureur la SMA, la société Sud Fondations et son assureur la SMA, la société Eiffage Route Sud-Ouest et son assureur la SMABTP, à garantir la société Zurich Insurance de l'ensemble des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre, y compris au titre du recours de la société MS Amelin Insurance SE et des frais d'expertise et de justice ;
- à ce que soit mise à la charge de l'Office 64 de l'Habitat et de la société MS Amelin Insurance SE la somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il appartient au seul juge judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative ;
- à titre subsidiaire, elle s'associe aux explications livrées par la société Alios Pyrénées dans son mémoire en défense, concernant la chronologie du litige, les principes de droit applicables, l'absence de faute commise dans l'exécution des missions géotechniques confiées à la société Alios Pyrénées tant dans la phase de conception que durant la phase d'exécution des ouvrages de soutènement et sur la responsabilité prépondérante de la société Eiffage Route Sud-Ouest et des autres intervenants ;
- il appartenait à l'Office 64 de l'Habitat, maître d'ouvrage professionnel, de veiller à l'enchaînement des missions géotechniques nécessaires, ce dont il s'est manifestement abstenu, la maîtrise d'œuvre a manqué de réactivité et la société Eiffage Route Sud-Ouest a été défaillante en s'abstenant de réaliser des sondages complémentaires réclamés par la société Alios Pyrénées au stade de ses études G2 AVP - G2 PRO et dans l'instrumentation des ouvrages ;
- dans l'hypothèse où la responsabilité de la société Alios Pyrénées serait retenue, elle demande que les condamnations soient prononcées solidairement avec son assuré et dans la limite du plafond de garantie et de la franchise contractuellement convenus, lesquelles sont opposables aux tiers en application de l'article L. 112-6 du code des assurances.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2021, la société Alios Pyrénées, représentée par Me Nguyen Ngoc, Axial avocats, conclut :
- à titre principal, à l'irrecevabilité des demandes formulées par la société MS Amelin Insurance SE qui ne justifie pas de l'étendue des garanties contractuelles accordées et des conditions de recours contractuellement convenues à l'encontre des intervenants et de celles formulées par la société Lapix Bâtiment en intervention, dès lors qu'elle a déjà formées des demandes dans une instance distincte enregistrée sous le n° 2000962 ;
- à titre subsidiaire, au rejet des demandes formulées par l'Office 64 de l'Habitat et de son assureur en l'absence de faute de la société Alios Pyrénées dans l'exécution de sa mission géotechnique confiée en phase de conception et d'exécution des ouvrages de soutènement, et au rejet des demandes de condamnation faites par l'ensemble des intervenants sur le fondement de la responsabilité délictuelle et de l'appel en garantie ;
- à titre infiniment subsidiaire, à limiter les indemnités allouées à l'Office 64 de l'Habitat à la somme de 36 394,08 euros HT au titre des dommages matériels et à la somme de 46 916 euros au titre des dommages immatériels et celle allouée à la société Lapix Bâtiment à la somme de 59 940,86 euros ; en tout état de cause, de condamner solidairement l'Office 64 de l'Habitat, les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, la société Betiko, la société Sud Fondations, la société Eiffage Route Sud-Ouest, à la garantir de l'ensemble des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre, y compris au titre du recours de la société MS Amelin Insurance SE et des frais d'expertise et de justice et de limiter sa part de responsabilité dans la réalisation des désordres à 5 % ;
- à ce que soit mise à la charge de l'office 64 de l'Habitat et de la société MS Amelin Insurance SE la somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a pas commis de faute, au stade des études géotechniques de conception (G2 AVP-G2 PRO), ce que confirme l'expert en relevant que le modèle géotechnique retenu en phase travaux est bien différent de celui interprété en phase étude (G2 PRO) et au stade de sa mission de supervision géotechnique (G4) ;
- si l'expert retient la responsabilité du géotechnicien Alios Pyrénées à hauteur de 10,5 % au titre des sondages géotechniques complémentaires qu'il convenait de réaliser au stade des études géotechniques d'exécution, ces sondages complémentaires étaient à réaliser dans le cadre de la mission G3 qui incombait à la société Eiffage Route Sud-Ouest ;
- les dommages ont été, après débat contradictoire, déterminés par l'expert et son sapiteur, de sorte que les éventuelles condamnations seront limitées au quantum résultant de cette expertise ;
- il appartenait à l'Office 64 de l'Habitat, maître d'ouvrage professionnel, de veiller à l'enchaînement des missions géotechniques nécessaires, ce dont il s'est manifestement abstenu, la maîtrise d'œuvre a manqué de réactivité, et la société Eiffage Route Sud-Ouest a été défaillante en s'abstenant de réaliser des sondages complémentaires réclamés par la société Alios Pyrénées au stade de ses études G2 AVP - G2 PRO et dans "l'instrumentation" des ouvrages.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 7 décembre 2020, la société Lapix Bâtiment, représentée par Me Salesse, demande au tribunal :
- de condamner solidairement la société Eiffage Route Sud-Ouest, la société Sud Fondations, la société Alios Pyrénées, la société Imag'in, la société Villenave Architectures, la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet et la société Betiko à lui verser la somme totale de 84 397,32 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de la survenance du sinistre entraînant l'arrêt des travaux du bâtiment B, le déphasage des travaux et l'allongement de la durée totale du chantier ;
- et de mettre à leur charge la somme de 5 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que son intervention est recevable dès lors qu'elle a effectué les prestations de gros œuvre dans le cadre du marché de travaux conclu pour la réalisation de l'ensemble immobilier en question, et qu'elle est fondée à demander la condamnation solidaire des défendeurs et le versement d'une somme totale de 84 397,32 euros, en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'arrêt des travaux du bâtiment B et de l'allongement de la durée du chantier.
Par des mémoires enregistrés le 2 septembre 2021, le 6 septembre 2021 et le 8 octobre 2021, la société Betiko et la société SMA, représentées par Me Huerta, concluent :
- à l'incompétence du juge administratif pour connaître de la demande dirigée contre la société SMA ;
- par ailleurs, à titre principal, à l'irrecevabilité des demandes présentées par la société MS Amelin Insurance SE, et, à titre subsidiaire, à leur rejet au fond, faute de justifier de la recevabilité de son recours subrogatoire en l'absence de production des conditions particulières et générales de la police d'assurance souscrite ;
- à titre infiniment subsidiaire, au rejet de la responsabilité contractuelle de la société Betiko et à tout le moins, à limiter sa responsabilité à 2 % des sommes accordées à l'Office 64 de l'Habitat, et à appliquer la franchise de l'assureur de la société Betiko ;
- au rejet de la condamnation solidaire dans la mesure où elle est fondée sur la responsabilité contractuelle des entreprises et que la part de la société Betiko est minime ;
- et elles demandent, en outre, que soit mise à la charge de l'Office 64 de l'Habitat et de la société MS Amelin Insurance SE la somme de 2 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens sur le fondement de l'article R. 761-1 de ce code.
Elles précisent que :
- faute de production par la société MS Amelin Insurance SE des conditions particulières et générale de la police d'assurance souscrite, laquelle peut contenir une clause de renonciation à user du recours subrogatoire contre les assurés pris ensemble ou individuellement et leurs assureurs, il est impossible de s'assurer de la recevabilité de la demande présentée par cette société ; elle doit donc être écartée ;
- la société Betiko est intervenue conjointement avec la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet sur les phases DET et AOR, mais elle n'est intervenue ni dans la phase d'étude, ni dans la phase de consultation des entreprises ;
- il n'y a pas de possibilité d'arrêter le chantier dans les missions confiées au maître d'œuvre VRD, ce rôle incombant au mandataire de la maîtrise d'œuvre général, la société Imag'in ; les autres missions de la société Betiko en phase DET qui pourraient avoir un lien avec le sinistre, ont été correctement exécutées ; les reproches dirigés contre la société Betiko sont donc sans lien avec les missions qui lui ont été confiées ;
- à titre infiniment subsidiaire, sa responsabilité ne pourra pas dépasser les 2 % retenus par l'expert judiciaire.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de l'appel en garantie formée par la société Eiffage route Sud-Ouest à l'encontre de son sous-traitant, Sud Fondations, avec lequel elle est liée par un contrat de droit privé.
II°) Par une requête n° 2000962 et un mémoire, enregistrés le 13 mai 2020 et le 5 juillet 2021, la société Lapix bâtiment, représentée par Me Salesse, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Christophe Jacques et Antton Iratchet, Alios Pyrénées et Betiko à lui verser la somme de 84 397,32 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite du sinistre survenu au cours des travaux de construction d'une résidence immobilière à Saint-Pierre-d'Irube auxquels elle participait en sa qualité de titulaire du lot n° 2 relatif au gros œuvre du marché public passé par l'Office 64 de l'Habitat ;
2°) de mettre à la charge des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Christophe Jacques et Antton Iratchet , Alios Pyrénées et Betiko une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaître d'une action qui trouve son fondement dans les stipulations d'un contrat administratif et lorsque les protagonistes, ayant participé à l'opération de travaux publics, ne sont pas liés entre eux par un contrat de droit privé ;
- l'ensemble des défendeurs, intervenants aux travaux, a commis des fautes qui ont concouru au sinistre ;
- elle est fondée à obtenir des intervenants, l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait du sinistre entraînant l'arrêt du chantier pendant 12 semaines, un décalage des travaux et un allongement de la durée du chantier et leur condamnation à lui verser la somme de 84 397,32 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2021, les sociétés Imag'in et Villenave Architectures, représentées par Me Charbonnier, concluent :
1°) à titre principal, à l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la requête ;
2°) à titre subsidiaire à ce qu'une jonction avec l'affaire, enregistrée sous le n° 2000224, soit ordonnée ; à titre plus subsidiaire, au rejet de la requête et, à titre infiniment subsidiaire, à être garantie par les sociétés Betiko, Christophe Jacques et Antton Iratchet et Alios Pyrénées de toutes condamnations éventuellement prononcées à leur encontre ;
3°) et demandent au tribunal de mettre à la charge de la société Lapix bâtiment et de toutes autres parties succombantes, une somme de 8 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- le litige, qui n'est pas un appel en garantie, oppose deux personnes de droit privé et relève de la compétence du juge judiciaire ;
- leur condamnation solidaire est impossible sur le fondement quasi-délictuel dès lors qu'elles sont membres d'un groupement conjoint ;
- leur condamnation éventuelle sera limitée en tout état de cause à une part de 3 % et le montant de l'indemnité éventuellement accordée sera limité à 59 940,36 euros HT.
Par des mémoires, enregistrés le 14 mai 2021, le 5 juillet 2021 et le 17 septembre 2021, la société Christophe Jacques et Antton Iratchet, représentée par Me Delhaes, conclut :
1°) à titre principal à l'incompétence de la juridiction administrative ;
2°) à titre subsidiaire au rejet de la requête et des conclusions reconventionnelles présentées par les sociétés Imag'in et Villenave architectures, et à titre infiniment subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente du règlement de l'affaire enregistrée sous le n° 2000224 ;
3°) et demande au tribunal de mettre à la charge de la société Lapix, une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la juridiction administrative ne peut connaître du litige dès lors qu'il n'est pas né de l'exécution du marché de travaux publics liant le maître d'ouvrage et les parties ;
- sa responsabilité ne peut être engagée au titre de sa mission de maîtrise d'œuvre partielle dès lors qu'aucune faute à l'origine du préjudice invoqué n'est établie par la requérante, qui se contente de reprendre les conclusions contestées de l'expertise, ni par les sociétés Imag'in et Villenave architectures dans leurs conclusions reconventionnelles, que ce soit sur le fondement contractuel, délictuel ou quasi-délictuel.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2021, la société Alios Pyrénées, représentée par Me Nguyen Ngoc, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire à ce que le montant de l'indemnisation soit limité au quantum validé par l'expert désigné et à être garantie par les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Betiko, et Eiffage Route Sud-Ouest de toutes condamnations éventuellement prononcées à son encontre, et à ce que la part de sa responsabilité soit limitée à 5 % ;
3°) et demande au tribunal de mettre à la charge de la société Lapix Bâtiment une somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité contractuelle ne peut être engagée dès lors qu'elle n'a pas commis de faute dans l'exécution de ses missions, tant en phase de conception (G2AVP et G2PRO) qu'en phase de supervision (G4) ; elle a émis des recommandations dans les conclusions de son étude remise le 7 juillet 2015, ainsi que dans ses conclusions du 12 janvier 2016, qui doivent conduire à écarter toute condamnation à son encontre ; en outre, la variante retenue n'a pas été soumise à sa validation avant travaux ;
- subsidiairement, le montant des réparations éventuellement accordé à la requérante sera limité à la somme de 59 940,86 euros HT retenue par l'expert judiciaire ;
- elle sera garantie de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre, par les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Betiko et Eiffage Route Sud-Ouest, et sa part de responsabilité sera limitée à 5 % en raison de l'absence évidente de toute réactivité des maîtres d'œuvre, alors que des glissements apparaissaient, tandis que la société Betiko ne s'était d'ailleurs pas assurée, avant le début des travaux, que la variante géotechnique avait été validée par la société Alios Pyrénées, et alors que des compléments de sondages avaient été réclamés.
Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2022, la société Eiffage Route Sud-Ouest et la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), représentées par Me Cachelou, concluent aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans l'affaire n° 2000224.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 24 avril 2019, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A à la somme de 21 413,55 euros TTC.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'ordonnance n° 2005-649 du 6 juin 2005 relative aux marchés passés par certaines personnes publiques ou privées non soumises au code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- les observations de Me Frej, représentant l'Office 64 de l'Habitat et la société MS Amelin Insurance SE,
- les observations de Me Charbonnier, représentant les sociétés Imag'in, et Villenave Architectures et la société MAF assurances,
- les observations de Me Huerta, représentant les sociétés Betiko et SMA,
- les observations de Me Dupont, représentant les sociétés Sud Fondations et SMA,
- les observations de Me Lopes, représentant la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet Géomètres et la société MMA IARD,
- les observations de Me Cachelou, représentant la société Eiffage Route Sud-Ouest et la société Mutuelle d'Assurance du Bâtiment et des Travaux Publics,
- et les observations de Me Waller, représentant la société Lapix Bâtiment.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'un marché de travaux pour la réalisation d'une résidence immobilière, composée de 92 logements locatifs et 20 logements en accession à la propriété, située à Saint-Pierre-d'Irube, l'office public de l'habitat, Office 64 de l'Habitat, a attribué le lot n° 1 relatif au " terrassement, voierie et réseaux divers " à la société Eiffage Route Sud-Ouest, laquelle a sous-traité une partie des travaux à la société Sud Fondations (battage de pieux de la berlinoise) et le lot n° 2 relatif aux " fondations spéciales, gros œuvre, étanchéité " à la société Lapix Bâtiment. La maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement conjoint composé notamment des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet et Betiko, par acte d'engagement du 6 mai 2015. L'étude géotechnique a été confiée à la société Alios Pyrénées, par bon de commande du 9 juin 2015.
2. Le 31 juillet 2016, la paroi berlinoise de soutènement du bâtiment B2 s'est partiellement effondrée, provoquant l'arrêt du chantier. L'Office 64 de l'Habitat a déclaré le sinistre auprès de son assureur, la société MS Amelin Insurance SE lequel, après une expertise amiable réalisée par le bureau d'étude Fondasol, a pris en charge le coût des travaux de reprises, pour un montant de 198 013,05 euros. En l'absence d'accord des parties sur leurs responsabilités respectives, et sur la part devant rester à la charge éventuelle de l'Office 64 de l'Habitat, ce dernier a sollicité, en référé, la désignation d'un expert, lequel a remis son rapport le 16 avril 2019.
3. Par la requête n° 2000224, l'Office 64 de l'Habitat sollicite la condamnation in solidum de la société Imag'in, la société Villenave Architectures et leur assureur la société MAF, la SCP Jacques et Iratchet et son assureur la société MMA IARD, la société Betiko et son assureur la SMA, groupement de maîtrise d'œuvre, ainsi que du géotechnicien Alios Pyrénées et son assureur la société Zurich insurance, et enfin du constructeur la société Eiffage Route Sud-Ouest, son assureur la SMABTP, sur le fondement de leur responsabilité contractuelle, et la condamnation de la société Sud Fondations et son assureur la SMA, sous-traitant de la société Eiffage Route Sud-ouest, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, à lui verser la somme totale de 266 113,76 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation. La société MS Amelin Insurance SE demande, quant à elle, de condamner in solidum ces mêmes parties, selon les mêmes fondements de responsabilité, à lui verser la somme de 198 013,05 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation.
4. Par la requête n° 2000962, la société Lapix Bâtiment demande au tribunal de condamner solidairement les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées et Betiko à lui verser la somme de 84 397,32 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite du même sinistre.
Sur la jonction :
5. Les requêtes nos 2000224 et 2000962 présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la compétence du juge administratif :
En ce qui concerne l'exception d'incompétence opposée par les sociétés Eiffage Route Sud-Ouest, SMABTP, Imag'in, Villenave Architectures, Sud Fondation, Zurich Insurance Public Limited Company et Betiko :
6. Les conclusions présentées par l'Office 64 de l'Habitat et la société MS Amelin Insurance SE tendant à ce que le tribunal condamne les assureurs respectifs des intervenants aux travaux publics litigieux, à savoir la société MAF, assureur des sociétés Imag'in et Villenave Architectures, la société MMA IARD, assureur de la SCP Jacques et Iratchet, la société Zurich Insurance Public Limited Company, assureur de la société Alios Pyrénées, la SMABTP assureur de la société Eiffage Route Sud-Ouest et la SMA, assureur du sous-traitant la société Sud Fondations au paiement de diverses indemnités, ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître, dès lors qu'il appartient de façon exclusive à l'autorité judiciaire de statuer sur l'action directe du maître d'ouvrage public contre l'assureur d'un constructeur. Par suite, l'exception d'incompétence opposée par les sociétés Eiffage Route Sud-Ouest, la SMABTP, Imag'in, Villenave Architectures, Sud Fondation, Zurich Insurance Public Limited Company et Betiko doit être accueillie.
En ce qui concerne l'exception d'incompétence opposée par la SCP Jacques et Iratchet dans l'instance n° 2000224 :
7. Il résulte de l'instruction que les sociétés Imag'in et Villenave Architectures, membres du groupement de maîtrise d'œuvre ayant conclu avec le maître d'ouvrage un marché de maîtrise d'œuvre le 6 mai 2015, participaient à la même opération de travaux au cours desquels est survenu le sinistre. Il appartient donc à la juridiction administrative de connaître des conclusions présentées à titre reconventionnel par ces sociétés, tendant à obtenir la condamnation de l'office 64 de l'habitat, qui présentent avec l'objet du litige un lien suffisant. Cette exception d'incompétence doit donc être écartée.
En ce qui concerne l'exception d'incompétence opposée par la société SUD Fondations dans l'instance n° 2000224 :
8. En revanche, l'appel en garantie formée par la société Eiffage Route Sud-Ouest à l'encontre de son sous-traitant, la société Sud Fondations, avec lequel elle est liée par un contrat de droit privé, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, l'exception d'incompétence opposée par la société Sud Fondations doit être accueillie.
En ce qui concerne l'exception d'incompétence opposée par les sociétés Imag'in, Villenave Architectures et Jacques et Iratchet pour connaître de la requête n° 2000962 présentée par la société Lapix Bâtiment :
9. Le litige, né de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux, relève de la juridiction administrative sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé.
10. La société Lapix Bâtiment a présenté une requête distincte, enregistrée sous le n° 2000962 en sa qualité de titulaire du lot n° 2 relatif aux " fondations spéciales, gros œuvre, étanchéité " d'un marché public de travaux passé par l'Office 64 de l'Habitat, et recherche la responsabilité d'autres participants à ces mêmes travaux, et avec lesquels elle n'est pas unie par un contrat de droit privé. Il s'ensuit que sa requête n° 2000962 ressortit de la compétence de la juridiction administrative, de sorte que l'exception d'incompétence opposée en défense ne peut qu'être écartée.
Sur la recevabilité l'intervention de la société Lapix Bâtiment dans l'instance n° 2000224 :
11. La société Lapix Bâtiment a présenté un mémoire en intervention dans l'instance n° 2000224 dans lequel, elle ne s'associe pas à des conclusions principales mais présente des conclusions propres. Par suite, l'intervention de la société Lapix bâtiment dans la requête n° 2000224 ne peut être admise.
Sur la recevabilité des conclusions présentées par la société MS Amelin Insurance SE, assureur du maître d'ouvrage :
12. Certaines des sociétés mises en cause, notamment la société Eiffage Route Sud-Ouest, soutiennent que la garantie " tous risques chantier " étant facultative et son contenu librement déterminé par les parties, il est courant que figure dans ce type de contrat, une clause de renonciation au recours subrogatoire et que la garantie bénéficie à tous les participants à l'acte de construire. Malgré la fin de non-recevoir opposée en ce sens, la société MS Amelin Insurance SE n'a pas produit les conditions particulières du contrat d'assurance " tous risques chantier " la liant à l'Office 64 de l'Habitat, et se borne à soutenir que si la garantie bénéficiait à tous les participants, le montant de la prime d'assurance exigée, ne serait pas limitée à la somme de 23 029,49 euros. Dans ces conditions, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir et de rejeter, pour ce motif, les conclusions présentées par la société MS Amelin Insurance SE dirigées contre les intervenants aux travaux ici en cause.
Sur les conclusions principales présentées par l'Office 64 de l'Habitat (requête n° 2000224) :
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle de ses cocontractants :
13. Il résulte de l'instruction, que la maîtrise d'œuvre était assurée par un groupement conjoint dont l'acte d'engagement précise qu'il est composé des sociétés Imag'in, architecte mandataire, Villenave Architectures, architecte associé, Polygonum paysages, paysagiste, Betiko, économie, ordonnancement-planification-coordination, IGC, bureau d'études structures, Jacques et Iratchet, bureau d'études VRD, Carte atlantique, bureau d'études fluides thermiques. La mission de maîtrise d'œuvre avait pour objet la réalisation des études d'esquisse / diagnostic, études d'avant-projet, études d'avant-projet sommaire, études d'avant-projet définitif, dossier de permis de construire, études de projet, assistance à la passation des contrats de travaux, visa, direction de l'exécution des travaux, assistance aux opérations de réception et pendant la garantie de parfait achèvement. Les études géotechniques préalables (G2 AVP) ainsi et que des missions en phase de travaux (G2PRO) étaient assurées par la société Alios Pyrénées, selon un bon de commande du 9 juin 2015. La construction de la paroi berlinoise et la réalisation de la mission d'étude géotechnique G3 étaient confiées à la société Eiffage Route Sud-Ouest par acte d'engagement conclu le 20 avril 2016. La construction de la paroi berlinoise et la réalisation des études d'exécution G3 ont été confiées à la société Sud fondations, sous-traitant d'Eiffage Route Sud-Ouest qui assurait cependant le suivi d'exécution de l'études et G3. En outre, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que plusieurs manquements de différents intervenants à leurs obligations contractuelles sont à l'origine de l'effondrement de la paroi de soutènement du bâtiment B2.
14. En premier lieu, il résulte de l'instruction que lors de la phase d'étude préliminaire au lancement des travaux (G2AVP et G2PRO), des indices explicites ont été révélés, notamment lors des sondages réalisés, à savoir le surcreusement du substratum au niveau de la paroi, et donc les mauvaises caractéristiques géotechniques (absence de marnes à faible profondeur) ainsi que la présence d'eau plus importante que prévue. Ainsi, l'absence de sondage complémentaire qui aurait permis de confirmer ces éléments, qui n'étaient pas un aléa géologique, est pour partie responsable de l'accident survenu. Dans les circonstances de l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert désigné par le tribunal, que ce manquement a contribué à hauteur de 15 % à la réalisation du dommage.
15. En ce qui concerne cette première phase, l'Office 64 de l'Habitat conteste qu'une part de responsabilité, fut-elle minime, soit laissée à sa charge. Cependant, selon la société Eiffage, et d'autres participants, le choix économique effectué par l'office, maître d'ouvrage professionnel, de reporter les investigations géotechniques complémentaires en cours d'exécution des marchés de travaux, plutôt que d'en assumer la charge lors de la phase de conception, ainsi que les délais trop courts d'exécution imposés aux participants au marché, auraient concouru à l'affaissement partiel de la paroi berlinoise, de sorte que la responsabilité de l'office, retenue à hauteur de 1,50 % par l'expert désigné par le tribunal, serait sous-évaluée au regard des manquements constatés par cet expert, et cette responsabilité devrait être réévaluée au minimum à 5 %. Il résulte cependant de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que la part imputable à la maîtrise d'ouvrage, dans cette phase d'études préliminaires, qui a contribué à la réalisation du désordre, pour une part précisée au point précédent, peut être fixée à hauteur de 10 %, en raison d'un manque de vigilance et du report de la réalisation des investigations complémentaires sur l'entreprise titulaire du marché.
16. Il résulte de l'instruction que si l'acte d'engagement du groupement de maîtrise d'œuvre comporte une rubrique relative à la " nature des prestations assurées " par chaque membre, à savoir " architecte mandataire " et " architecte associé " en ce qui concerne pour les sociétés Imag'in et Villenave Architectures, les informations renseignées à cette rubrique ne correspondent cependant pas aux différentes taches de la mission de maîtrise d'œuvre confiée au groupement, énumérées au point 13. Il s'en déduit, que chacun des membres de ce groupement composé, notamment mais pas seulement, des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Betiko ainsi que de la SCP Jacques et Iratchet ici mises en causes, doit être regardé comme assurant au moins pour partie les prestations, rappelées au point 13.
17. A cet égard, si les sociétés Imag'in et Villenave Architectures contestent qu'une part de responsabilité dans la réalisation du désordre puisse être retenue à leur encontre, le tableau de répartition des honoraires qu'elles produisent, qui confirme d'ailleurs qu'elles ont sollicité des paiements au titre des différentes taches de leur mission de maîtrise d'œuvre, ne saurait cependant suffire à les mettre hors de cause.
18. En outre, il résulte de l'instruction, que la part de responsabilité imputable à chacune des sociétés Imag'in, Villenave Architectures et Jacques et Iratchet peut être fixée à 20 %, dès lors qu'à tout le moins, une proposition d'étude approfondie du sol relève de la mission de maîtrise d'œuvre, dont le détail est rappelé au point 13. Si ces sociétés soutiennent que ces manquements ne sont liés qu'aux travaux de voirie et réseaux divers (VRD) dont la mission incombait aux sociétés Jacques et Iratchet et Betiko, il résulte toutefois de l'instruction qu'ainsi que précisé, la maîtrise d'œuvre comprenait la direction des travaux qui implique un devoir de vigilance et de réactivité, dans la surveillance de ces études préliminaires, et pour laquelle les sociétés ont d'ailleurs demandé le versement d'honoraires.
19. Quant à la société Alios Pyrénées, si elle considère qu'elle n'a pas commis de faute, qu'elle a émis des recommandations dans les conclusions de son étude remise le 7 juillet 2015, ainsi que dans ses conclusions du 12 janvier 2016, et que la variante retenue n'a en outre pas été soumise à sa validation avant travaux, tandis que les sondages complémentaires devaient être réalisés par la société Eiffage Route Sud-Ouest, il résulte au contraire de l'instruction que compte tenu des résultats des sondages qu'elle a réalisés dès la phase d'études préliminaires (G2PRO), révélant la présence d'eau et l'absence de marnes à faible profondeur, il lui appartenait de réaliser une étude spécifique et des sondages complémentaires permettant de définir la conception de l'ouvrage en fonction des caractéristiques géotechniques du sol dès cette phase et non de la reporter lors des travaux. Dans ces conditions, la part imputable à la société Alios Pyrénées, chargée spécifiquement des études géotechniques, peut être fixée, pour cette phase d'étude préliminaire, à hauteur de 70 %.
20. En deuxième lieu, il résulte, en outre, de l'instruction que lors de l'autre phase d'études, la phase d'études d'exécution (G3), l'absence de cahier des charges spécifiques à la réalisation de la paroi berlinoise et l'absence de sondage complémentaire, qui aurait permis d'obtenir un modèle géotechnique réel et adapté, tenant compte des spécificités de ce sol, ont contribué à hauteur de 35 % à la réalisation du dommage.
21. Ces manquements peuvent être imputés à la SCP Jacques et Iratchet, exclusivement, pour la maîtrise d'œuvre, dès lors qu'il est constant que cette société assurait le visa de la conformité des études d'exécution et, au titre de la mission DET, elle devait vérifier que les ouvrages en cours étaient conformes à la conception initiale et modifier, si besoin, le projet suivant les aléas de chantier. En tout état de cause, en tant que membre de la maîtrise d'œuvre, laquelle est chargée de conseiller et de mettre en garde le maître d'ouvrage, il lui incombait de réduire au maximum les aléas et les surcoûts en phase de chantier, lesquels surcoûts auraient pu être évités, ainsi que cela résulte de l'instruction, par la réalisation d'un sondage complémentaire dont la nécessité découlait des études préliminaires. Si la SCP Jacques et Iratchet fait également valoir que la société Eiffage Route Sud-Ouest n'a pas fait réaliser la berlinoise " conformément au CCTP ", ni aux préconisations émises dans le cadre de la mission G4, il résulte cependant de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que si l'avis technique G4 de la société Alios Pyrénées était " suspendu " c'est-à-dire réservé, le 28 juin 2016, il était en revanche favorable, le 11 juillet 2016, avant le battage des profilés terminé le 18 juillet 2016. Dans ces conditions, des manquements peuvent lui être imputés à hauteur de 10 %.
22. Si la société Eiffage Route Sud-Ouest demande, par ailleurs, que sa part de responsabilité soit limitée, il résulte toutefois de l'instruction que, par un marché conclu le 20 avril 2016, elle est titulaire du lot n° 1 " voirie - terrassements - soutènements " et qu'en vertu du document de détail quantitatif estimatif (DQE) produit, les travaux de soutènements incluent les prestations suivantes : la réalisation de l'étude G3 pour les soutènements et la réalisation d'une paroi berlinoise butonnée pour le bâtiment B2 avec variante (tirants à la place des clous). Ainsi, au titre de la réalisation de l'étude G3 qui lui incombait, et qui permet de confirmer le modèle géotechnique retenu pour la conception des ouvrages, elle ne saurait être déchargée de sa responsabilité alors qu'il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que plusieurs manquements dans la réalisation de l'étude G3 ont été relevés, en particulier l'absence de cahier des charges spécifiques pour la paroi berlinoise, l'absence de prix unitaires, l'étude d'une variante non demandée, la conclusion tardive du contrat de sous-traitance avec la société Sud Fondations, le 4 juillet 2016, et l'absence de sondage complémentaire dans le cadre de la mission G3. Il résulte en effet de l'instruction que, à ce stade, ni la société Eiffage Route Sud-Ouest, ni d'ailleurs son sous-traitant, n'ont réalisé de sondage complémentaire permettant ensuite de concevoir et de réaliser la paroi commandée, conformément aux règles de l'art. A cet égard, si la société Eiffage fait également valoir que la réalisation de tests complémentaires et l'emploi de solutions de renforcement de la paroi berlinoise incombait, en vertu du contrat qui la liait à son sous-traitant, à la société Sud Fondations, elle ne peut utilement se prévaloir des éventuels manquements de son sous-traitant et demeure entièrement responsable vis-à-vis du maître d'ouvrage. Dans ces conditions, la société Eiffage Route Sud-Ouest sera reconnue responsable à hauteur de 50 % et la société Sud Fondations, son sous-traitant chargé du battage des pieux de soutènement, à hauteur de 40 % des dommages imputables à cette phase.
23. Enfin, il résulte également de l'instruction que lors des travaux de construction de la paroi, l'absence de suivi, par la société Eiffage Route Sud-Ouest, des glissements de terrain visibles, malgré les mises en garde et préconisations de la société Alios Pyrénées, l'absence de test réalisé en cours d'avancement des travaux et la carence de la maîtrise d'œuvre consistant à ne pas avoir préconisé l'arrêt des travaux ont contribué pour 50 % à la réalisation du dommage.
24. La société Eiffage Route Sud-Ouest considère également que la responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre, dans cette phase, retenue par l'expert à un total de seulement 9 %, devrait être réévaluée au minimum à 15 %. Il résulte toutefois de l'instruction que l'Office 64 de l'Habitat, bien qu'étant un professionnel, a confié l'intégralité des missions relatives à la voirie et aux réseaux divers (VRD), à la direction de l'exécution des travaux (DET) et à l'ordonnancement, au pilotage et à la coordination (OPC) à un groupement de maîtrise d'œuvre auquel il incombait, comme il a été dit, d'être vigilant quant aux préconisations formulées par le géotechnicien dès la phase d'étude et qu'en conséquence, il ne résulte pas de l'instruction que la part de responsabilité de la maîtrise d'œuvre doit être majorée.
25. Par ailleurs, la société Betiko précise qu'elle n'est intervenue ni dans la phase d'études, ni dans celle de consultation des entreprises et, qu'au titre de la mission VRD, elle n'avait pas, contrairement à ce qu'a indiqué l'expert, la possibilité d'arrêter le chantier. Il résulte cependant de l'instruction que dans le cadre de sa participation au groupement de maîtrise d'œuvre, il lui revenait, selon la répartition des tâches produite et non contestée, 80 % des tâches relevant de la mission DET, notamment la réalisation de visites de chantier, y compris inopinées, ainsi que le " repérage des ouvrages posant problème ". Elle intervenait dans ce cadre avec la société Jacques et Iratchet à laquelle il revenait de " traiter les problèmes et de notifier aux entreprises les ouvrages à modifier ". Il résulte cependant de l'instruction que des glissements ponctuels étaient visibles avant la survenance du sinistre, les mettant chacune à même de réagir et d'intervenir pour prévenir la réalisation du sinistre. Dans ces conditions, ces différents manquements peuvent être considérés comme étant imputables à hauteur de 20 % à la maîtrise d'œuvre et particulièrement à la société Betiko pour 80 %, et à la SCP Jacques et Iratchet pour 20 %, qui assuraient ensemble la direction des travaux. Quant à la société Sud Fondations, qui exécutait pour le compte de la société Eiffage Route Sud-Ouest des travaux de battage de pieux, il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas réalisé de tests à l'avancement des travaux, et a ainsi manqué de vigilance dans l'exécution de ces prestations. Sa responsabilité dans la réalisation du désordre sera retenue à hauteur de 40 %. Il résulte enfin de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que les manquements relevés au cours de la réalisation de la paroi berlinoise du bâtiment B2 incombant à la société Eiffage Route Sud-Ouest, consistant en l'absence de création de butées de pied suffisamment tôt, l'absence de pose de bastaings et de drainage des sols, sont responsables de la réalisation du dommage à hauteur de 40 %.
26. Il s'ensuit qu'il résulte de l'instruction que, toutes phases de travaux confondues (phases d'études et phase de réalisation), le dommage doit être considéré comme imputable au maître d'ouvrage à hauteur de 1,5 %, à la société Imag'in à hauteur de 1 %, à la société Villenave Architectures à hauteur de 1 %, à la SCP Jacques et Iratchet à hauteur de 6,5 %, à la société Betiko à hauteur de 8 %, à la société Alios Pyrénées à hauteur de 10,5 %, à la société Sud Fondations à hauteur de 34 % et à la société Eiffage Route Sud-Ouest à hauteur de 37,5 %.
27. Il résulte de tout ce qui précède que les fautes commises par les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Betiko et Eiffage Route Sud-Ouest ayant concouru à la réalisation du dommage subi par l'Office 64 de l'Habitat, ce dernier est fondé à rechercher, après déduction de sa part de responsabilité énoncé au point précédent, la responsabilité contractuelle de ces sociétés du fait de leurs manquements lors de leur participation aux travaux, et celles-ci doivent être condamnées in solidum à réparer les préjudices qu'il a subis en raison des manquements sus-indiqués.
En ce qui concerne la responsabilité quasi-délictuelle de la société Sud Fondations :
28. Il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage. Il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs, notamment de sous-traitants. S'il peut, à ce titre, invoquer, notamment, la violation des règles de l'art ou la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires, il ne saurait, toutefois, se prévaloir de fautes résultant de la seule inexécution, par les personnes intéressées, de leurs propres obligations contractuelles.
29. Il résulte de ce qui précède que l'Office 64 de l'Habitat a pu utilement rechercher la responsabilité de ses cocontractants. Dans ces conditions, ses conclusions tendant à engager la responsabilité quasi-délictuelle de la société Sud Fondations, sous-traitant de la société Eiffage Route Sud-Ouest ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant du préjudice matériel de l'Office 64 de l'Habitat :
30. Le préjudice matériel subi par le maître de l'ouvrage correspond au coût des travaux de réfection des ouvrages affectés du désordre. Si l'évaluation de ce coût doit, en principe, être faite à la date à laquelle, la cause du désordre ayant pris fin et son étendue étant connue, il peut être procédé aux travaux destinés à le réparer, et il appartient toutefois au juge chargé d'évaluer ce préjudice de tenir compte, jusqu'au jour de sa décision, de tous éléments lui permettant de fixer, au plus juste, l'indemnisation à laquelle le maître de l'ouvrage peut prétendre de ce chef.
31. Il résulte de l'instruction que la survenance de l'effondrement de la paroi a entraîné, par ailleurs, des tassements de la voirie et ruptures de canalisations enterrées. Dès lors, il résulte de l'instruction que le coût des travaux de reprise du désordre est évalué à 239 386,05 euros HT, comprenant le coût des mesures conservatoires pour un montant de 9 563 euros, des investigations réalisées par le cabinet Fondasol pour un montant de 19 056 euros, des honoraires des prestataires intervenant dans le suivi des travaux de réparations (Fondasol et la société Betiko) pour un montant de 13 098 euros et le coût des travaux de réparation, nécessitant des terrassements et aménagements réalisés par la société Eiffage Route Sud-Ouest pour un montant de 22 623,30 euros ainsi que la réfection de la paroi berlinoise sur le fondement d'un marché conclu directement avec la société Sud Fondations, le 18 janvier 2017, pour un montant de 174 955,75 euros HT. En outre, il résulte de l'instruction que le coût de réparation des dommages causés à la voirie et aux canalisations a été évalué à 56 874,88 euros HT.
32. Si la société Eiffage Route Sud-Ouest soutient qu'il conviendrait de soustraire de cette somme le montant du marché initial, afin d'éviter une plus-value ou un enrichissement sans cause de l'Office 64 de l'Habitat, cette demande ne peut qu'être rejetée dès lors que les travaux en question ne consistent qu'en la reprise du désordre.
33. Il résulte, en outre, de l'instruction, qu'en tenant compte de la prise en charge, justifiée, par son assureur MS Amelin Insurance SE, d'une partie du coût des travaux de reprise, à hauteur de la somme de 198 013,05 euros, l'Office 64 de l'Habitat est fondé à demander que lui soit versée la somme de 41 373 euros au titre du montant des travaux de reprises restant à sa charge, à laquelle s'ajoute la somme 51 955 euros seulement, demandée au titre de la réparation des dommages de voiries et canalisation, soit un total de 93 328 euros, duquel doit, enfin, être retranché le montant résultant de la part de responsabilité qui lui revient dans la réalisation du dommage, fixée au point 26.
S'agissant du préjudice immatériel de l'Office 64 de l'Habitat :
34. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport réalisé par le sapiteur que s'est adjoint l'expert désigné, que le retard de livraison des six corps de bâtiment constituant la résidence, est notamment révélé par la date de signature des baux locatifs et leur prise d'effet, et la conclusion des contrats de " location-accession " au mois de juin 2018, peu de temps après la période prévisionnelle de réception des travaux. Il résulte également de l'instruction que le retard dans la succession des travaux réalisés par les différentes entreprises et le retard d'exécution des travaux imputables au sinistre, s'est élevé au total à 12,5 semaines. Les préjudices économiques causés par ce retard sont composés de la perte des loyers escomptés et du non-amortissement des lots du fait de l'absence de leur location ainsi que d'un décalage des encaissements des prix de cession pour les lots proposés à la " location-accession ". Ils ont été évalués, par le sapiteur, à un montant, non contesté, de 53 606 euros. Dès lors, l'Office 64 de l'Habitat est seulement fondé à demander que lui soit versée la somme de 53 606 euros, de laquelle doit être retranchée la somme résultant de la part de responsabilité qui lui revient dans la réalisation du dommage.
S'agissant des frais d'expertise du cabinet Saretec :
35. L'Office 64 de l'Habitat demande également la réparation du coût des frais d'expertise technique mis à sa charge pour un montant de 7 747 euros et il produit des notes d'honoraires du cabinet Saretec qui ont été adressées à son assureur de protection juridique, la SMACL. Seule une note d'un montant de 2 315,45 euros TTC a été adressée par le cabinet Saretec à l'Office 64 de l'Habitat et il ne résulte pas de l'instruction que celui-ci s'en serait acquitté. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas la réalité du préjudice allégué. L'indemnisation sollicitée à ce titre doit, dès lors, être rejetée.
36. Il résulte de tout ce qui précède que l'Office 64 de l'Habitat est fondé à demander la condamnation in solidum des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Betiko, et Eiffage Route Sud-Ouest à lui verser la somme globale de 144 730 euros (41 373 + 51 955 + 53 606 = 146 934 euros, à laquelle doit être soustraite la somme correspondant à la part de 1,5 % de responsabilité retenue à l'encontre du maîtrise d'ouvrage).
37. L'Office 64 de l'Habitat a droit aux intérêts au taux légal sur ces sommes à compter du 30 janvier 2020, date d'enregistrement de la requête. Le requérant ayant sollicité la capitalisation des intérêts à cette même date, il y a lieu d'y faire droit à compter du 30 janvier 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions présentées par la société Lapix Bâtiment dans la requête n° 2000962 :
En ce qui concerne la responsabilité quasi-délictuelles de certains participants :
38. Dans le cadre d'une action tendant à l'indemnisation des préjudices qu'il soutient avoir subis dans le cadre de l'exécution d'un marché relatif à des travaux publics, le titulaire du marché peut rechercher, outre la responsabilité contractuelle du maître d'ouvrage, la responsabilité quasi-délictuelle des autres participants à cette même opération avec lesquels il n'est lié par aucun contrat de droit privé, en se prévalant notamment des manquements commis par ces derniers à leurs obligations à l'égard du maître d'ouvrage, à condition d'établir que ces manquements sont directement à l'origine des préjudices dont il demande réparation.
39. La société Lapix Bâtiment, titulaire du lot n° 2 " Fondation gros-œuvre, étanchéité " du même marché, soutient avoir subi des préjudices directement liés à l'arrêt du chantier pendant 12 semaines, à la suite de l'effondrement de la paroi berlinoise du bâtiment B2, et elle se prévaut des manquements de différents intervenants aux travaux, qui ont concouru au sinistre, et renvoie aux conclusions de l'expert désigné par le tribunal.
40. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment développés, elle est fondée à rechercher la responsabilité quasi-délictuelle des sociétés Imag'in, Villenave architectures, Jacques et Iratchet, Betiko, Alios Pyrénées, dans la limite des responsabilités retenues à l'encontre de ces sociétés, au point 26.
En ce qui concerne les préjudices subis par la société Lapix Bâtiment :
41. La société Lapix Bâtiment soutient avoir subi un préjudice directement lié à l'arrêt du chantier pendant 12 semaines, à la suite de l'effondrement de la paroi berlinoise du bâtiment B2, au décalage des travaux et à l'allongement de la durée totale du chantier, entraînant des coûts d'immobilisation des moyens humains et matériels, du surcoût occasionné par l'amenée et le replis du matériel, le décalage de chiffre d'affaires et de trésorerie, ainsi que les incidences humaines et matérielles liées à l'allongement du délai d'exécution du chantier.
42. La société Lapix Bâtiment évalue l'ensemble des préjudices subis à la somme de 84 397,32 euros, comprenant les immobilisations de matériel et de personnel (respectivement évaluées à 28 928,25 et 28 893,75 euros), la prise en charge d'un surcoût lié à des amenées et replis de matériel pour réaliser les fondations profondes (8 480 euros HT), le décalage du chiffre d'affaire et les incidences sur sa trésorerie (2 413,26 euros), le maintien des moyens humains (9 486,63 euros), ainsi que le maintien du matériel commun (4 499,43 euros).
43. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert désigné par le tribunal, que les comptes rendus de chantier établis par la société Betiko confirment que les décalages successifs dans la mise à disposition des plates-formes du bâtiment B, à partir de janvier 2017, sont en lien direct avec les travaux de réparation de la paroi berlinoise qui s'est effondrée le 31 juillet 2016.
44. D'une part, les préjudices liés à l'amenée et au replis de l'atelier de pieux, évalués à la somme de 8 480 euros HT, sont cohérents, en particulier, avec les propositions chiffrées de l'expert. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir cette somme. D'autre part, il résulte de l'instruction, que si la présence permanente sur le chantier du personnel d'encadrement est confirmée par l'expert, son immobilisation consacrée aux travaux du seul bâtiment B2, pour une opération comprenant six corps de bâtiment, ne peut être supérieure à 50 % de ce temps de présence, correspondant à un coût de 18 691,50 euros HT. En outre, en l'absence de précision quant au prix de revient et de coût unitaire du matériel, dont l'absence d'utilisation et l'immobilisation, durant 12 semaines, est cependant établie par les décalages de planning, cette immobilisation peut être assortie d'une décote de 25 %, proposée par l'expert et non contestée, et dont il ne résulte nullement de l'instruction qu'elle serait excessive. Dans ces conditions, le coût de l'immobilisation pourra être fixé à 18 866,25 euros HT.
45. En revanche, la société Lapix Bâtiment n'établit pas la réalité du préjudice qui serait lié au décalage de son chiffre d'affaires et aux incidences sur la trésorerie, ni davantage qu'elle assurait la gestion du " compte prorata " et, à cette fin, mettait à dispositions des moyens humains et installations communes, pour un montant respectif de 2 413,26 euros, 9 486,63 euros et 4 499,43 euros. Dès lors, ces demandes ne peuvent qu'être rejetées.
46. Dans ces conditions, le montant total des préjudices subis par la société Lapix Bâtiment, retenus au point 44, s'élève à la somme de 46 037,75 euros HT. Dès lors, la société n'ayant dirigé ses concluions que contre les sociétés Imag 'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées et Betiko, dans la limite des responsabilités retenues à l'encontre de ces sociétés, au point 26, il y a lieu de fixer la responsabilité de la société Imag'in, dans la réalisation des dommages subis par la société Lapix Bâtiment, à 1 %, celle de la société Villenave Architectures également à 1 %, de la société Jacques et Iratchet à 6,5 % , de la société Alios Pyrénées à 10,5 % et enfin, de la société Betiko à 8 %.
47. La société Imag'in doit ainsi être condamnée à verser à la société Lapix Bâtiment, la somme de 460 euros HT, la société Villenave Architectures doit être condamnée à lui verser la même somme de 460 euros HT, la société Jacques et Iratchet la somme de 2 992 euros HT, la société Alios Pyrénées doit être condamnée à lui versée la somme de 4 833 euros HT et enfin, la société Betiko lui versera la somme de 3 683 euros HT.
48. La société Lapix Bâtiment a, en outre, droit aux intérêts au taux légal afférents aux sommes dues, à compter de l'introduction de la présente demande devant le tribunal administratif, soit le 13 mai 2020.
49. La capitalisation des intérêts ayant été demandée le 13 mai 2020, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 13 mai 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens :
50. Par une ordonnance du 24 avril 2019, le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A à la somme de 21 413,55 euros TTC. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de répartir cette somme entre l'Office 64 de l'Habitat, les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Betiko, Eiffage Route Sud-Ouest et de mettre à leur charge définitive une somme de 3 059,58 euros chacun.
Sur les appels en garantie :
51. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 13 à 26, que les désordres affectant la paroi berlinoise du bâtiment B2, sont directement imputables aux manquements de chacun des différents intervenants, lors des deux phases d'études et lors de la phase d'exécution des travaux, suivant le partage de responsabilité fixé au point 26.
52. En l'espèce, l'appel en garantie formé par les société Imag'in et Villenave Architectures à l'encontre des sociétés Betiko, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations, au titre de ces désordres subis par l'Office 64 de l'Habitat, doit être réglé dans ces proportions.
53. En outre, et en tenant compte de l'incompétence de la juridiction pour connaître de l'appel en garantie présentée par la société Eiffage Route Sud-Ouest contre la société Sud Fondations, la société Eiffage Route Sud-Ouest sera garantie par les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Betiko et Alios Pyrénées au titre de ces désordres, dans les proportions fixées au même point 26.
54. Enfin, l'appel en garantie formé par la société Alios Pyrénées à l'encontre seulement des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Betiko, Eiffage route Sud-Ouest et Sud Fondations au titre de ces désordres, doit être réglé dans ces mêmes conditions.
55. En revanche, il résulte de ce qui a été dit au point 40 que, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées et Betiko, les sommes mentionnées au point 47, mises à la charge de ces sociétés, au titre des conclusions indemnitaires présentées par la société Lapix Bâtiment, trouvent leur origine dans les fautes commises par ces sociétés elles-mêmes. Ces dernières ne peuvent donc s'exonérer des manquements qui leurs sont propres en se prévalant des fautes commises par les autres intervenants, de nature au demeurant distincte. Par suite, les conclusions d'appel en garantie présentées par les sociétés Imag'in, Villenave Architectures et Alios Pyrénées ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées par les sociétés Imag'in et Villenave Architectures dans la requête n° 2000224 :
56. Les sociétés Imag'in et Villenave Architectures demandent au tribunal de condamner l'Office 64 de l'Habitat et, à défaut, de condamner in solidum les sociétés Betiko, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations, à leur verser à chacune la somme de 12 480 euros, correspondant aux honoraires complémentaires liés au sinistre et au retard qui en a découlé dans l'exécution des travaux.
57. Il résulte de l'instruction, ainsi que précisé, que ce retard peut être fixé à 12,5 semaines et l'expert désigné par le tribunal a retenu et chiffré ce préjudice à hauteur de la somme de 10 400 euros HT. Il résulte de ce qui est énoncé au point 26 que l'Office 64 de l'Habitat n'a contribué qu'à hauteur de 1,5 % à la réalisation du dommage. L'office sera dès lors condamné à verser à la société Imag'in et à la société Villenave Architectures, chacune, la somme de 156 euros.
58. A titre subsidiaire, les sociétés Imag'in et Villenave Architectures demandent que les autres sociétés participant aux travaux, soient condamnées in solidum à leur verser la somme demandée. Toutefois, la responsabilité de ces sociétés ne peut être recherchée que dans la limite du partage de responsabilité retenu au point 26. Dans ces conditions, la société Jacques et Iratchet sera condamnée à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures, la somme de 676 euros, la société Bétiko sera condamnée à leur verser, à chacune, la somme de 832 euros, la société Alios Pyrénées sera condamnée à leur verser, à chacune, la somme de 1 092 euros, la société Sud Fondations sera condamnée à leur verser, à chacune également, la somme de 3 536 euros et enfin, la société Eiffage Route Sud-Ouest sera condamnée à leur verser, à chacune, la somme de 3 900 euros.
Sur la demande de compensation des créances présentée par les sociétés Imag'in et Villenave Architectures :
59. Le principe de non-compensation des créances publiques fait obstacle à ce que puisse être invoquée à l'encontre des personnes publiques une compensation entre les créances détenues par elles et les créances détenues sur elles par un tiers. Les sociétés Imag'in et Villenave Architectures ne sont, par suite, pas fondées à demander que, pour le calcul de la dette de l'Office 64 de l'Habitat à leur égard, il soit tenu compte d'une compensation qui se serait opérée entre leurs dettes respectives. La demande de compensation formée par les sociétés Imag'in et Villenave Architectures doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
60. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a lieu de rejeter les conclusions présentées par toutes les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la société Lapix Bâtiment dans l'instance n° 2000224 n'est pas admise.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Office 64 de l'Habitat et la société MS Amelin Insurance SE à l'encontre des sociétés MAF, MMA IARD, Zurich Insurance, SMABTP et SMA, respectivement assureur des sociétés Imag'in et Villenave Architectures, de la SCP Jacques et Iratchet, Alios, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations, ainsi que l'appel en garantie formé par la société Eiffage Route Sud-Ouest à l'encontre de la société Sud Fondations sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société MS Amelin Insurance SE à l'encontre des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Betiko, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations sont rejetées.
Article 4 : Les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Betiko et Eiffage Route Sud-Ouest sont condamnées in solidum à verser à l'Office 64 de l'Habitat la somme globale de 144 730 euros (cent quarante-quatre mille sept cent trente euros) assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 janvier 2020. Les intérêts échus à compter du 30 janvier 2021 puis à chaque échéance ultérieure à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 5 : Les sociétés Betiko, Jacques et Iratchet, Alios, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations sont condamnées à garantir les sociétés Imag'in et Villenave Architectures à hauteur respective de 8 %, 6,5 %, 10,5 %, 37,5 % et 34 % de la somme fixée à l'article 4.
Article 6 : Les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Betiko et Alios Pyrénées, sont condamnées à garantir société Eiffage route Sud-Ouest à hauteur respective de 1 %, 1 %, 6,5 %, 8 % et 10,5 % de la somme fixée à l'article 4.
Article 7 : Les sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Betiko, Eiffage Route Sud-Ouest et Sud Fondations sont condamnées à garantir la société Alios Pyrénées à hauteur respective de 1 %, 1 %, 8 %, 37,5 % et 34 % de la somme fixée à l'article 4.
Article 8 : La société Imag'in est condamnée à verser à la société Lapix Bâtiment la somme de 460 euros (quatre cent soixante euros) HT, assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 mai 2020. Les intérêts échus à compter du 13 mai 2021 puis à chaque échéance ultérieure à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 9 : La société Villenave Architectures est condamnée à verser à la société Lapix Bâtiment la somme de 460 euros (quatre cent soixante euros) HT, assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 mai 2020. Les intérêts échus à compter du 13 mai 2021 puis à chaque échéance ultérieure à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 10 : La société Jacques et Iratchet est condamnée à verser à la société Lapix Bâtiment la somme de 2 992 euros (deux mille neuf cent quatre-vingt-douze euros) HT, assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 mai 2020. Les intérêts échus à compter du 13 mai 2021 puis à chaque échéance ultérieure à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 11 : La société Alios est condamnée à verser à la société Lapix Bâtiment la somme de 4 833 euros (quatre mille huit cent trente-trois euros) HT assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 mai 2020. Les intérêts échus à compter du 13 mai 2021 puis à chaque échéance ultérieure à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 12 : La société Betiko est condamnée à verser à la société Lapix Bâtiment la somme de 3 683 euros (trois mille six cent quatre-vingt-trois euros) HT assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 mai 2020. Les intérêts échus à compter du 13 mai 2021 puis à chaque échéance ultérieure à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 13 : Les frais d'expertise d'un montant de 21 413,55 euros (vingt-et-un mille quatre cent treize euros et cinquante-cinq centimes) sont répartis et mis à la charge de l'Office 64 de l'Habitat, des sociétés Imag'in, Villenave Architectures, Jacques et Iratchet, Alios Pyrénées, Betiko, et Eiffage Route Sud-Ouest à hauteur de 3 059,58 euros (trois mille cinquante-neuf euros et cinquante-huit centimes) chacun.
Article 14 : L'Office 64 de l'Habitat est condamné à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures la somme de 156 euros (cent cinquante-six euros).
Article 15 : La société Jacques et Iratchet est condamnée à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures la somme de 676 euros (six cent soixante-six euros).
Article 16 : La société Betiko est condamnée à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures la somme de 832 euros (huit cent trente-deux euros).
Article 17 : La société Alios Pyrénées est condamnée à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures la somme de 1 092 euros (mille quatre-vingt-douze euros).
Article 18 : La société Sud Fondations est condamnée à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures la somme de 3 536 euros (trois mille cinq cent trente-six euros).
Article 19 : La société Eiffage Route Sud-Ouest est condamnée à verser à chacune des sociétés Imag'in et Villenave Architectures la somme de 3 900 euros (trois mille neuf cents euros).
Article 20 : Le surplus des conclusions des parties, en ce comprises les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, est rejeté.
Article 21 : Le présent jugement sera notifié à l'Office 64 de l'Habitat, à la société MS Amelin Insurance SE, à la SARL Imag'in, à la SARL Villenave Architectures, à la société MAF Assurances, à la SARL Betiko, à la SAS Sud Fondations, à la SA SMA, à la SCP Christophe Jacques et Antton Iratchet, à la SA MMA IARD, à la SAS Alios Pyrénées, à la SA Zurich Insurance public Limited Company, à la SNC Eiffage Route Sud-Ouest, à la société SMABTP et à la société Lapix Bâtiment.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé : M. B
La présidente,
Signé : S PERDU La greffière,
Signé : P. UGARTE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Nos 2000224
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026